ACTE IV
grins de jeune fille, ses premières joies, les premiers mouvements de son cœur... £iie iraura pas de mère à qui confier tout ce qui ne se confie qu’à une mère... Hélas! hélas 1 il est trop tard.
GEOBGETTB.
11 n'est jamais trop tard pour les âmes courageuses.
VALENTINE
Ah! tu sais bien...
CEORGETTE.
Valentine, ce n’est pas Philippe qui a entendu sangloter monsieur de Kerven, c’est ta sœur. Hier, pour la première fois, ce pauvre homme s’est ouvert à moi. 11 se meurt, Valentine, il se meurt de désespoir de n’avoir pas su se faire aimer. Déjà dix fois, sans sa fille, il serait venu tuer monsieur d’Ernée. Georgette, m’a-t-il dit, la nature humaine n’en peut supporter davantage. Je vois ma fille dépérir et je n’ose embrasser cette enfant, que j’ai privée des baisers de sa mère, je me croyais plus fort... Je me suis vengé sur moi-même I C’est moi-mêrne que j’ai chassé de la maison... Et il pleurait... Eh bien, ma sœur, en face de cet homme qui ne menace plus, mais qui pardonne, devant celte douleur affreuse et imméritée, quel est ton devoir 7...
VALENTINE
Mais ce que tu demandes là, c’est impossible, ce serait comme un second crime. (On entend des voix.) Écoute ; la voix de Noël, celle d’Anatole ; viens, viens, je ne puis le voir en ce moment. (Elles sortent.)