‹ Girofle, girofla drame en cinq actesChapitre 58 sur 72 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

une flamme ardente et pure qui est l’essence de l’amour absolu. Voilà ce que c’est qu'aimer. Vous croyant assez grande pour sentir et comprendre cela, jamais je ne vous eusse parlé de la sorte, mais puisque vous l’ignorez, je suis bien aise de vous l’apprendre.

VALENTINB, avcc reproche.

Oh! Noël!

NOËL

Pardon ! pardon ! Valenline... je suis fou... je ne sais ce que je dis... oubliez mes paroles... comme j’oublierai celles que vous venez de prononcer.

Non, vous avez bien fait de parler ainsi... cela devait venir tôt ou tard... j’ai mérité tous ces reproches le jour où j’ai quitté la maison de mon mari. La femme qui n’est pas libre et qui se donne est coupable envers tous, mais surtout envers celui à qui elle se donne. J’ai été coupable envers vous, je m’en repens... pardonnez-moi, Noël, mais si je l’ai été, je ne veux plus l’être... ma résolution est immuable.

NOËL

Votre résolution?. .. Ah ! vous croyez qu’on peut donner son cœur et le reprendre comme cela, d’un mot? Non, Valentine... Vous parlez d’honneur? eh bien! souvenez-vous de ce que vous m’avez cent fois juré devant Dieu.

valÈntine.

Eb bienl oui, Noël, c’est vrai, mais de grâce, à genoux, je vous en prie, ma liberté, rendez-la-moi ; maintenant notre vie serait un enfer... Pour vous, et pour ma petite Louise, ma liberté, rendez-la-moi, ma liberté !...

NOËL

Vous le voulez ?... soit, vous êtes libre !

VALENTINE, ovec u7i élan de joie.

Merci !

NOËL

Votre joie est cruelle, Valentine.

VALENTINE

C’est la joie d’une mère à qui vous venez de rendre son enfant.

Page 1