‹ Girofle, girofla drame en cinq actesChapitre 63 sur 72 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mêmes, KERVEN. (Kerven pâle, les cheveux blancs, les yeux rouges, méconnaissable. Il est vêtu de noir et tient une main cachée dans son habit. Valentine tombe à ses pieds, Noël, sur le devant de la scène, attend impassible, les bras croisés et serrant les dents.)

valentine.

Monsieur, Henri! ma Louise !... Ah ! grace!apprenezmoi. .. mon enfant...

KERVEN, doucement et se dégageant.

Pauvre femme! (Il va droit à Noël.) Monsieur, je n’ai plus de fille!... (Valentine pousse un cri déchirant. Noël veut se pricipiter vers elle, Kerven l'arrête du geste.)

valentine.

Ma fille! ma fille! (Elle sort.)

KERVEN.

Vous avez tué l’enfant, vous tueriez la mère. C’est pourquoi je suis venu.

NOËL

Monsieur...

KERVEN.

L’adultère est un lien vivant qui étreint ses victimes dans des replis mortels , l’adultère est un nœud gordien que nulle main humaine ne peut dénouer, mais la mort peut le rompre. Vous n’avez jamais pensé à cela. Vous êtes si jeune ! Ab ! monsieur, vous m’inspirez moins do haine que de pitié. 11 faut que l’un de nous deux meure.

Page 1