IV LETTRE A M. HUGUES LE ROUX
bien demander à ma sympathie d'aîné. Votre roman ne serait pas digne du nom dont vous l'avez baptisé s'il n'était raffiné jusqu'à la complication et subtil jusqu'à l'équivoque. Est-il très immoral ou très moral? Repose-t-il sur un paradoxe ou sur une vérité? Le cas particulier qu'il expose a-t-il une large valeur d'humanité ou n'est-il que le jeu d'un caprice amusé d'artiste? Au fur et à mesure que je suivais le détail des aventures sentimentales de votre Hubert, j'ai tour à tour dit non et oui à chacun de ces points d'interrogation. Votre roman ressemble à ces portraits de certains maîtres italiens devant lesquels on songe indéfiniment sans que leur expression, toute en nuances, se précise assez pour que le jugement, à leur endroit, soit lui-même net et total. Ce qu'il y a de certain, c'est que la vie est là et sous sa forme la plus intense, puisque c'est de la vie qui fait penser. Ce n'est pas une, c'est vingt, c'est trente idées que ce singulier journal d'un roué d'aujourd'hui soulève dans l'esprit de votre lecteur. Laissez-moi vous dire simplement