LETTRE A M. HUGUES LE ROUX V
quelques-unes de celles que j'aurais transcrites dans la marge de vos pages si j'avais eu, comme notre commun maître Stendhal, l'habitude de noircir à coups de crayon les « blancs » de mes volumes préférés.
La première de ces idées a été d'ordre tout professionnel. Je vous l'avoue, j'ai ressenti une joie profonde à vérifier une fois de plus, à l'occasion de votre Gladys, une des convictions de mon Credo littéraire : à savoir l'excellence et la souplesse de cette forme d'art, très vieille chez nous, et pourtant toujours jeune, toujours capable de s'adapter aux nouveaux besoins des générations qui changent, je veux dire: le roman d'analyse. Vous venez de l'appliquer, vous, cette forme plusieurs fois séculaire, à l'un des sujets les plus actuels, les plus contemporains qui soient : les sautes d'émotion d'un parisien cosmopolite à la date non pas de ces dernières années, mais de cette année-ci, presque de cette heure. Derrière votre jeune diplomate français, enfant gâté d'une famille riche et d'une mère trop indulgente, précocement désabusé par les expériences flétris-