‹ Glaives à deux tranchantsChapitre 8 sur 23 · PEUPLE ÉLU · texte numérisé non relu

PEUPLE ÉLU

« Ne vous avisez pas de dire en vous-même « nous avons pour père Abraham »

car je vous dis que de ces pierres Dieu peut susciter des enfants a Abraham.... »

Mattmiei' III, 0-

Mes bien-aimés frères en Jésus,

C'est une parole de splendeur et, en même temps, une parole de douleur et d'épouvante que j'ai aujourd'hui dans le cœur pour vous, et dont je me suis inspiré au saint livre. Elle vous montrera la beauté, la hauteur, la majesté de ce qu'on peut appeler la mission, l'élection, la qualité de peuple élu.

.Mais elle devra vous dire aussi que dans la

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langue humaine, dans les accents des prophètes et du Christ, de tous ceux qui ont sangloté sur des chutes ou flétri des crimes, il n'existe pas d'expression plus douloureuse, de condamnation plus terrible que celle prononcée sur le peuple élu dans son égarement.

Des légendes pieuses et patriarcales nous montrent, dans la nuit des temps, émergeant d'un paganisme tout noir, une figure rayonnante de vieillard : Abraham, le père des croyants. Ce sont des légendes : l'histoire est trop lointaine encore avec. ses documents classés, contrôlés et paraphés. Vous savez, d'ailleurs, par vous-mêmes, que l'histoire est difficile à écrire, même contemporaine. Mais, il y a des légendes dans lesquelles se constate une si grande part de vérité quon peut dire qu'elles sont plus vraies que les faits ordinaires.

Et donc, Abraham, sous le grand ciel d'Orient, un soir, à la lumière des astres, entendit une voix qui lui disait : « Regarde les

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étoiles, peux-tu les compter? » Et quand il eut confessé son impuissance, cette même voix lui dit : « Ainsi sera ta postérité, innombrable comme le sable des mers et comme les étoiles des cieux, et toutes les nations en elle seront bénies. »

A la lumière de trente siècles d'ancienne Alliance et de vingt siècles d'Evangile, à la lumière de cette toi vivace. et dont ne triomphera jamais la méchanceté des hommes, même celle installée jusqu'en plein sanctuaire, nous pouvons affirmer : Oui c'était le peuple de Dieu. Les prophètes méconnus et lapidés sont entrés dans la gloire divine, et dans l'apothéose de l'histoire; les croyants de l'Ancien Testament, ont clos, en vaincus de la Justice, le cycle de leurs combats épiques. Mais l'ancien Israël s'est épanoui dans l'Israël du Nouveau Testament. La vieille prophétie s'est accomplie. Oui, c'était le peuple de Dieu. Et, pieusement prosternée dans une attitude de prière.

de recueillement, de reconnaissance et de foi, une humanité composée de millions et de millions d'êtres, mort^ et vivants, répète : « Oui, toutes les nations ont été bénies par celte nation. »

Jamais, aucune vérité, élargissant Ihorizon des âmes, comme le soleil levant en faisant reculer le domaine de la nuit élargit l'empire des clartés; jamais aucun fait évident, lumineux par lui-même, n'a éclaté avec une pareille ampleur 'devant la conscience des hommes. On peut donc dire : « Oui, il y a un peuple élu. » De savoir cela, d'avoir, comme en un écrin, inséré ce joyau dans leur àme : — Nous somtnes Ton peuple — cela lésa fortifiés, consolés, éduqués, libérés; cela a permis à cette vie divine qui était en eux, de grandir et de se développer dans une atmosphère favorable; cela les a soutenus dans les événements les plus tragiques de leur histoire nationale. Jamais peuple n'a été foulé aux pieds par des pas plus formidables; ils

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n'en sont pas venus à bout. Dans les temps les plus obscurs, quand le sol même de la patrie se dérobait sous leurs pas, quand ils étaient jetés comme une poignée dépoussière sur les rivages étrangers; lorsque leurs vieillards mouraient le long des chemins, que leurs pauvres petits expiraient d'inanition, et qu'enfin tout ce peuple pouvait se dire : Je suis comme une eau 7'épatidue sur la terre, au fond de leur âme chantait un cantique divin, et Dieu leur répétait, en un accent paternel, inoubliable et qui rend forts les faibles : «Ne crains pas. vermisseau d'Israël....» Non, il n'y a jamais rien eu de pareil, et il n'y aura jamais plus, rien de pareil. Il s'est ouvert, comme dans le rocher sur lequel frappait la verge d'Aaron, un torrent de vie, de bonne vie humaine, auquel sont venues boire toutes les nations, car — et c'est cela qu'il faut se rappeler — ce n'est pas un particularisme étriqué qui s'est installé, niché dans l'esprit des prophètes, le jour où ils ont compris qu'ils

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étaient le peuple de Dieu; au contraire, c'est un beau rêve d'humanité supérieure de tout un peuple dans sa meilleure àme. C'est l'idéal même de l'humanité, religieux, moral, politique et social, qu'ils ont conçu, qu'ils ont porté, auquel ils ont donné un commencement d'exécution. Ils se sont couchés dans la tombe, enveloppés d'espérance comme d'un drapeau : ils savaient bien que leur œuvre continuerait. Sur la cendre des prophètes, dans le Nouveau Testament, celui dont la figure rayonnait de leur divin génie disait : « Je ne suis pas venu pour abolir les prophètes, mais pour les accomplir. »

Or cette notion du peuple élu, qui a soutenu, sanctifié, châtié, émondé comme un arbre auquel on enlève ses mauvaises pousses, la plante d'Israël; cette notion, bénédiction pour

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tous les hommes, est, cependant, devenue malédiction, d'abord, pour une partie de ce peuple. Il y a, dans l'Ancien Testament, une parole qui fait reculer et frémir; le prophète y met dans la bouche de Dieu cette déclaration :« Avec ceux qui sont droits, je suis droit; avec ceux qui sont retors, je suis retors. » Donc, la même influence qui, pour les uns, est la clarté, la justice, la bonté, la miséricorde, le pardon; pour les autres, est un poison qui circule dans leurs veines exerçant des ravages d'autant plus grands qu'il s'y mêle quelque chose de divin : Corruplio opiimi pessima, c'est-à-dire la corruption du meilleur est précisément le pire.

. A regarder vivre les éléments inférieurs du y

peuple d'Israël, on voit que vraiment ils ont exploité leur Dieu, leurs sanctuaires, et leurs ancêtres. Ils ont trafiqué d'Abraham, comme un fils à papa, du nom de son père. Heureusement, quand ils ont fait de leur Dieu un chef de brigands, une idole, en somme, qu'ils l'ont

ravalé au niveau des espèces de démons nationaux pleins de vices et de tares, toujours il a subsisté parmi eux une protestation des consciences droites. Cela, il faut le dire, n'a jamais manqué, aux jours même où le mauvais d' Israël était assis sur le trône.

La vraie religion d'Israël, la religion pure et sans tache, qui consiste à consoler les veuves et les orphelins, à exercer la miséricorde, à être juste et pieux pour tous les hommes, à ne pas faire de différence entre les grands et les petits, entre les étrangers et ceux de sa nation, a dû parfois vivre en étrangère sur son propre sol. Ce reste d'Israël (les sept mille n'ayant pas fléchi le genou devant Baal) avait pour ennemis le gouvernement, et les représentants officiels du culte, aussi bien que la tourbe obscure qui ne demande qu'à jouir et se montre rebelle à toute discipline.

C'est pourtant cette poignée d'élite qui a sauvé Israël. Le rachat et le salut émanent

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de cette minorité sainte qui ne s'est jamais inclinée, ni prosternée devant les puissances de chair, devant la caricature de la religion et de Dieu, qui, gardant, haut et ferme, le bel idéal national et religieux, non seulement le proclamait mais était décidée à mourir pour lui et l'a fait. La Croix du Calvaire est un des derniers témoignages de cet Israël supérieur qui meurt par les mains de l'Israël inférieur. Et lorsque Jésus disait : « Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés.... » il se rappelait son histoire nationale. Il savait que les meilleurs étaient morts victimes des pires.

Or, le poison d'orgueil qui a tué le peuple d'Israël, tout le long de Thistoire en a empoisonné d'autres. Il y a eu d'autres peuples qui se sont considérés comme peuples élus. H y a eu des milieux qui se sont considérés comme milieux élus.

A partir du moment, où un groupe d'hommes

ou une nation se regardent comme élus, — mais de cette manière inférieure, qui caractérise les privilégiés — envisageant leur situation, comme une exemption de la loi commune et non plus comme une grâce et une obligation, une injonction de mieux faire, un don qu'il faut justifier par une meilleure conduite et par une magnanimité plus grande, à partir de ce moment leur ruine est assurée. Chaque fois que ce phénomène s'est produit dans l'histoire, le groupement qui agissait ainsi est tombé en pourriture morale. Il s'est tellement intoxiqué qu'il a tout contaminé autour de lui !

L'Eglise même de Jésus-Christ a subi cet empoisonnement.... Résultat : Une multitude immense et aveuglée, se composant non seulement de ceux d'en bas, mais de ceux d'en haut, de dirigeants, nourris et surnourris dune fausse conception de sa situation de peuple de Dieu. Et tous, ayant complètement oublié que c'était là un honneur qu'il fallait toujours

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méritera nouveau. Sous l'empire de cette aberration on en arrive à diviser le genre humain en deux parties : « Nous et les autres. » Nous, c'est-à-dire les purs, les vrais, les justes, les croyants, les bienfaisants; les autres, ce sont les hérétiques, les mécréants. Tout ce que ces derniers possèdent est comme s'ils l'avaient volé. Ils ne sont pas les fils de la maison, héritiers légitimes. Les fils, c'est « nous. » Ce qui appartient aux autres est le fruit d'une usurpation : nous le prendrons un jour. Nous pouvons nous livrer contre eux à tous les actes possibles de violence ou de spoliation; contre eux, un crime n'est pas un crime; un mensonge n'est pas un mensonge: les tuer est justice et non un homicide.

La conscience humaine a été radicalement pervertie, partout où cette fausse notion du royaume de Dieu s'est introduite.

Elle a produit aux individus le même effet qu'aux institutions et aux peuples. Rien de

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plus beau qu'un homme qui, dès le commencement de la vie, se sent une vocation, et qui, tout en se consacrant à elle, ne s'en attribue pas le bénéfice et ne se croit pas le droit de mépriser les autres; qui surtout ne simagine pas que cette élection le met au-dessus des lois, et de la discipline. Rien de plus beau qu'un homme appréciant à tel point le don de Dieu en lui, qu'il en devient humble, plus que tous les humbles, d'une belle, et sainte, et divine humilité. Mais, quelle chute lorsque cette notion se déforme, lorsqu'un beau talent, un génie, même, artistique ou religieux, descend la pente de l'orgueil et se corrompt! Ses dons s'altèrent, cette figure qui fut belle, rayonnante, comme resplendissante d'une royauté particulière de l'esprit, on la retrouve avilie, marquée d'un signe d'esclavage et d'une affreuse laideur. 11 y a de quoi pleurer toutes les larmes de son cœur sur un être humain magnifique, ainsi dégénéré. Vous savez bien que d'après une conception

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' religieuse, traditionnelle et pleine de sens, l'esprit du mal est un ange tombé. 11 était, au commencement, aussi brillant, aussi beau, aussi saint que les autres : c'est l'orgueil qui a perdu Satan.

D'un phénomène semblable nous sommes aujourd'hui les témoins, je ne dirai pas seulement attristés, mais les témoins crucifiés.

Il s'est trouvé une nation à qui Dieu a multiplié ses dons, une nation qui a fourni des génies dans tous les domaines de la pensée et de l'activité des hommes, y compris le premier de tous, celui de la Foi et de la Charité; une nation qui a donné au monde des chefs-d'œuvre immortels en poésie, en musique, en philosophie; une nation à qui sans doute il manquait certaines qualités gracieuses — on ne peut pas tout avoir — mais par laquelle les autres auraient pu être bénies, comme elles peuvent l'être par toute nation qui a de beaux dons et les emploie bien. Or^ cette nation, nul ne sait comment.

s'est littéralement empoisonnée avec la notion dénaturée du peuple de Dieu. Lentement, la conception altérée s'est substituée à la vraie, de sorte qu'un orgueil effrayant s'est emparé de ce peuple, et l'a conduit aux plus funestes égarements. A le voir vivre, on se rappelle ce propos qu'un Prophète met dans la bouche de Dieu : Mon peuple est fou.

Pour comble de malheur, on ne voit pas se lever de son sein des fils courageux pour l'avertir. Il lui manque ce qu'avait Israël, le cri d'alarme des Prophètes.

Rappelez-vous cette histoire : Le roi David, élu de Dieu, consacré par le prophète Samuel, avait commis des fautes graves, des crimes! Sa conscience ne parlait pas, ses courtisans non plus. Alors, un homme, un prophète, entendit en lui-même une voix qui lui disait : « Va et parle au roi. » Et Nathan parla au roi. Il lui raconta cette histoire, que vous connaissez tous, de l'homme riche qui avait beaucoup de trou-

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peaux et. cependant, prit Tunique brebis du pauvre. Quand David entendit cela, il entra dans une belle indignation, et dit au prophète : « L'homme qui a fait cela est un homme mort. » Et Nathan, levant sa main en témoignage contre le Roi, lui déclara : Cet homme, cest toi!

Le peuple dont je vous parle aurait immédiatement fait arrêter ce prophète. S'il s'en fût trouvé un semblable parmi ses docteurs et ses prédicateurs, il l'aurait condamné pour crime de lèse-majesté. Il n'est pas permis à un particulier, quel qu'il soit, de tenir un langage pareil à l'élu du Seigneur. Tant pis pour cet élu! Le roi David, lui, a courbé le front : c'est ce qui l'a sauvé.

Quand on compare à cette fonction intrépide des prophètes en Israël — cette fonction sacrifiée où l'on allait porter sa tête au devant de tous les dangers, où l'on savait qu'en ouvrant sa bouche on vous la fermerait peut-être pour toujours: fonction véridique, salutaire, qui tan-

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tôt s'adressait aux foules, devant lesquelles les prophètes paraissaient comme des brebis au milieu des loups, ou aux grands de la terre qui avaient le pouvoir et la tentation de les pulvériser — quand on compare cette rectitude de conscience, cette hauteur desprit, ce courage, à la servilité dont nous avons été les témoins, on est saisi de tristesse.

Nous avons vu non seulement quatre-vingttreize intellectuels qui se sont mis à ipentir, eh disant : Ce nest pas vrai, à des gens qui rapportaient des faits aussi sûrs et aussi fermes que des rochers sur leur base; mais encore il a fallu voir les prédicateurs frappés de mutisme.- Certes, ils n'ont pas prêché tout ce que nous ont raconté des journaux mal renseignés, — c'eût été un peu trop excentrique. — mais lesquels d'entre eux ont élevé la voix lorsque le droit a été foulé aux pieds, lorsque la nation élue s'est permis de passer sur le corps d'un petit peuple à qui elle-même, avec d'autres, avait assuré

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l'intégrité? On n'a rien entendu, ou alors, les voix ont été étouffées. Comment un peuple peut-il vivre, si la fonction par laquelle éclate la vérité est supprimée, — supprimée non pas au nom de quelque principe de monarchie absolue — mais supprimée au nom de Dieu luimême, au nom de la religion, au nom de la qualité de peuple élu? Quand on touche à ce peuple élu, on touche à Dieu!

Une fois entré dans cet engrenage, on y passe tout entier. C'est cet esprit qui a fait prononcer à Jésus la parole terrible: «Malheur à toi, Chorazin! Malheur à toi, Bethsaïda! Si les choses qui se sont passées au milieu de vous s'étaient passées à Sodome et à Gomorrhe, ces villes perdues eussent fait pénitence dans le sac et la cendre, mais vous, vous avez des oreilles et vous n'entendez pas, vous avez des yeux et vous ne voyez pas! » En effet, la conscience peut arriver à un tel degré de perversion que nous avons dans le Nouveau Testament lui-

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même une véritable énormité sous ce rapport-là. L'auteur anonyme de l'épître aux Hébreux énumérant, au chapitre onzième, tous ceux qui ont vécu par la foi, met dans ce cortège magnifique une femme de mauvaise vie, une certaine Rahab. Pourquoi? Parce qu'elle avait sauvé la vie à deux espions Israélites, en devenant ellemême traîtresse à son peuple. Donc, cette créature deux fois perdue, d'abord par son vice, ensuite par sa trahison, on lui donne un brevet de sainteté, on la fait figurer dans le cortège des héros de la foi. Faut-il que, lentement, le poison s'infiltre dans le cœur des meilleurs pour qu'on n'ait même pas plus souvent remarqué, stigmatisé un procédé pareil ! On dirait lire un fait divers, relatant quelque incident de cette dernière guerre, où sont exaltés des actes de félonie accomplis au profit du peuple qui s'intitule aujourd'hui le peuple élu, en renchérissant sur les plus choquantes pratiques de la conquête de Canaan. Toutes les

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vilenies, toutes les malpropretés se transforment, comme par enchantement, pour ces esprits exclusifs et sectaires, qui ne jugent plus d'après la norme ordinaire. Il n'y a plus ni bon sens, ni conscience, ni droiture, ni scrupule, ni rien. Il n'y a plus que des gens enferrés, entraînés dans un engrenage qui les broie. C"est une folie; mais attention! c'est une folie à laquelle tout homme, tout individu, tout peuple et toute religion peuvent être exposés.

Ce que je vous en dis aujourd'hui, ce n'est pas pour nourrir en vous la justice propre, pour donner la becquée aux Pharisiens, c'est au contraire pour vous avertir à salut, et vous émouvoir. Quiconque a entendu la voix de Dieu, quiconque a une mission, quiconque se sent un devoir sacré, qu'il se garde bien de se considérer comme un privilégié! Toute caste, même toute famille, tout milieu humain dans lequel pénètre ce poison est perdu.

Heureusement, lorsque l'effondrement paraît

certain, un reste parfois demeure, un reste à peine perceptible dans le cataclysme, et par lui, ce qu'il y avait de bon est sauvé, — preuve évidente qu'il faut maintenir la beauté, la splendeur et la puissance d'une idée comme celle-là : l'idée du peuple de Dieu, de la vocation, de la mission. Toute créature n'est qu'un agneau perdu, si elle n'a entendu, ne fût-ce qu'une fois en sa vie. la voix du Berger éternel l'appeler par son nom. Si cette voix est bien comprise par un seul individu, par l'élite rare d'un seul peuple, toutes les nations de la terre peuvent en éprouver la bénédiction. Amen.

haïr PERE ET MERE?

LKCTURE

Je suis venu mettre la division entre le fils et son pcr.. enlre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa bellemère; l'homme aura pour ennemis ceux de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, nest pas digne de moi: celui qui aime son fils ou sa fiUe plus que moi, n'est pas digne de moi. ,

Matth. X, 35-38.

11 commença a leur apprendre qu'il fallait que le Fils de l'Homme souffrit beaucoup, qu'il fut rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et qu'il fut mis à mort, et qu'il ressuscitât trois jours après : il s'exprimait ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à le reprendre. Mais Jésus s'était retourné, et ayant regardé ses disciples, réprimanda Pierre et lui dit : Arrière de moi, Satan, tes sentiments ne sont pas de Dieu, mais des hommes.

Marc VIII, 31-34.

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