DIAGNOSES PROVISOIRES DE QUELQUES GENRES NOUVEAUX
GENRE Aruyorus, J. pu V. — Labrum transversum. Palpi maxillares articulo ultimo sat fortiter securiformi, sed latitudine tamen manifeste longiore. Ligula medio profunde incisa. Antennæ graciles, submoniliformes. Tarsi articulo primo sequentibus duobus conjunctis longitudine subæquali. Unguiculi simplices, basi modo obtuse vix subdentati. — Cette coupe, appartenant au groupe des Dasytites, a pour type l’'Amauronia megace- Phala de M. Kiesenwetter.
GENRE GASTRALLUS, J. Du V. — Antennæ decem articulatæ, articulis tribus ultimis magnis atque compressis, Pronotum lateribus obtusis, linea laterali genuina subtus longe locata, perobtusa atque indistincta. Prosternum laminam brevissimam atque late emarginatam formans. Mesosternum profunde excavatum. Abdomen segmentis duobus ventralibus primis maximis, fortiter connatis. — Ce genre démembré des Anobium a pour type l’A. èmmarginatum Mull. (exile Gy1.).
GENRE METHOLGUS J pu V. — Corpus sat elongatum, subcylindricum. Palpi ‘articulo ultimo obtriangulari , apice late manifesteque emarginato. Antennæ leviter serratæ. Pronotum, dorso conspecto, fere transversim quadratum. Elytra subseriatim punetulata. Mesvsternum vix declive. Metasternum simplex. Coxæ posticæ lineares, — Type : Xyletinus cylindricus Germ.
Genre Pseupocmina J. pu V. — Corpus ovatum vel oblongo ovatum. Palpi articulo ultimo valde elongato, subeylindrico. Antennæ acute serratæ. Pronotum, dorso conspecto, antice manifeste coarctatum. Elytra subtilissime punctulata. Mesosternum fortius declive, vel perpendiculare. Metasternum parte antica leviter declivi atque linea subtili elevata postice transversim circumscripta. Coxæ posticæ extus sensim leviter dilatatæ. — Type : Xyletin. hæmorrhoidalis 11.
Genre MesocogLopus J. pu V. — Corpus ovatum. Palpi articulo ultimo obtriangulari. Antennæ serratæ. Pronotum, dorso conspecto, antice fortius coarctatum. Elytra quam subtilissime punctulata. Mesosternum fortiter perpenäiculare atque excavatum. Metasternum parte antica utrinque fovea transversa insignita, lineaque elevata postice transversim cireumscripta. Coxæ posticæ lobi rotundati forma intus ampliatæ, — Type: Xylefin. niger Müll. (Aederæ L. Duf.).
Observation. Ces trois dernières coupes sont démembrées du genre Xyletinus. M’étendant assez longuement sur elles dans mon Genera, je vais me borner à dire ici que les vrais X'yletinus (pectinatus, laticollis, etc.) offrent le dernier article des palpes subsécuriforme ou parfois légèrement fusiforme, les antennes fortement en scie, les élytres striées, le métasternum simple, les hanches postérieures linéaires, etc.
NOTE SUR LA CARDIOMERA BONVOULOIRI DE M. SCHAUM-
M. Schaum (Berl. Ent. Zeits. 1860, 66) a tout récemment décrit, sous le nom de C. Bonvouloirii, une espèce de Cardiomera qu’il prétend être distincte de la C. Geneï Bassi, mais qui doit être considérée simplement, à mon avis, comme une légère modification locale de ce dernier insecte. Je suis mème étonné que M. Schaum, qui, mieux que personne, sait combien, chez une foule de Carabides, les localités exercent souvent d’influence sur les modifications d'une même espèce, se soit laissé entraîner à décrire la C. Bonvouloirii. Le savant auteur allemand n’aurait-il pas élé poussé un peu par le plaisir de faire connaître une espèce découverte, mais soi-disant confondue, par les entomologistes français ?
Les Cardiomera venant des Pyrénées-Orientales offrent il est vrai manifestement les caractères signalés par M. Schaum, mais cela se conçoit. Toutes prises par moi, jusqu’ici, dans un espace grand comme la moitié de mon cabinet de travail, et provenant de la même éclosion, elles avaient subi les mêmes influences. Toutefois j'observe une légère variation de taille, et, chez deux exemplaires, des antennes plus courtes de tout le dernier article de celles des autres.
Chez une Cardiomera provenant d'Algérie, communiquée par M. Reiche, je retrouve tout à fait les mêmes caractères que chez la C. Bonvouloirii, mais avec le disque du pronotum moins visiblement ridé, avec quelques points distincts dans les impressions et des antennes encore plus longues. M. Schaum en fera-t-il une troisième
espèce? Une Cardiomera de Sicile, appartenant aussi à M. Reiche, offre très distinctement il est vrai la plupart des caractères attribués à la C. Genci, maïs elle est d’une taille aussi grande que les grands exemplaires des Pyrénées-Orientales, et les impressions de son pronotum, quoique moins profondes en avant, sont aussi prolongées que chez la G. Bonvouloirii. De deux exemplaires siciliens, communiqués par M. Fairmaire, l’un est petit et offre les caractères de la CG. Genei, l’autre est aussi grand que les petits individus de la C. Bonvouloirii, présente des antennes tout aussi longues que chez ceux-ci, le pronotum visiblement ridé, un peu moins long encore, mais plus long que chez la Cardiomera communiquée par M. Reiche, avec ses impressions sensiblement prolongées, enfin la tête point visiblement plus courte que dans les C. Bonvouloirii.
Des observations qui précèdent il résulte qu'aucun des caractères mentionnés par M. Schaum n’est constant, si ce n’est celui tiré de la saillie des yeux. Mais ce dernier subit des variations analogues plus ou moins sensibles chez diverses espèces du genre voisin Anchomenus. Je possède principalement un Anch. pallipes (albipes 11.) provenant d'Autriche, qui offre des yeux tout aussi peu saillants que chez la C. Genei, tandis que je trouve ces organes extrêmement saillants chez un exemplaire de la même espèce venant de Montpellier, presque autant chez un autre pris à Paris, et moins chez une dizaine capturés en Espagne. Ce dernier fait seul suffirait à prouver, a priori, que l'espèce établie par M. Schaum n’est qu'une
modification locale de la C. Genei.