‹ Glanures entomologiques; ou, Recueil de notes monographiques, descriptions, critiques, remarques et synonymies diversesChapitre 20 sur 23 · REMARQUES ET NOTES CRITIQUES SUR LES BEMBIDIUM · texte numérisé non relu

REMARQUES ET NOTES CRITIQUES SUR LES BEMBIDIUM

Depuis la publication (Annal. de la Soc. ent. de Fr. 1855, p. 647 et suiv.) de mes Notes supplémentaires sur les Bembidiumn d'Europe, en réponse aux critiques de M. Schaum, ce savant auteur a de nouveau publié diverses remarques critiques sur les insectes en question. De mon côté, tout en suivant l’argumentalion de M. Schaum, j'ai eu l’occasion de faire quelques études nouvelles sur le mème sujet, et je crois utile, aujourd’hui, de faire connaitre le résultat de mes récentes observations.

Je dois faire remarquer d’abord que la principale question qui nous divise, M. Schaum et moi, est celle des réunions d'espèce. Or mes études confirment non-seulement de plus en plus pour moi les réunions que j'ai effectuées, mais me conduisent encore à en opérer de nouvelles. Le savant critique allemand accepte déjà, de son côté, aujourd’hui (Catalog. Coléopt. Europ. 4859), la réunion du B. scapulare Kust. au B. quadriguttatum, celle du B. alpinum Dej. au B. nitidulum Marsh,, et aussi, mais encore avec doute, celles du B. velox Er., au B. lampros Herbst., et du B. vulneratum Dej. au B, biguttatum F. Je suis persuadé que M. Schaum, qui a effectué de si nombreuses réunions dans les genres Carabus, Nebria, Anchomenus, etc., arrivera plus tard, la logique le veut, à confirmer les réunions opérées par moi, parmi les Bembidium.

4. m. pallipes Duft, Var. mossii Schaum. —M. Schaum (Ent. Zeit. Stet. 1858, p. 300) se défend du reproche que

je lui ai fait d’avoir changé trois fois d'opinion au sujet de son B. nebulosum, aujourd’hui Rossi. Comme on pourrait croire, peut-être, que j'ai été de mauvaise foi dans mon assertion, je suis forcé de donner la preuve matérielle des trois avis successifs du savant auteur allemand. 4° M. Schaum (Ent. Zeit. Stet. 1845, p. 403) regarde l'insecte dont il s’agit comme l’Elaphrus nebulosus de Rossi, et le décrit sous le nom de B. nebulosum. 2 Noustrouvons (Annal. de laSoc ent. de Fr. 1853, p. 64) l'avis suivant de M. Schaum : « L’insecte décrit par moi sous le nom de B. nebulosum, n’est qu’un fort grand individu du B. pallipes, ete. ». & M. Schaum (Berl. Ent. Zeïts. 1857, p. 150) affirme que l'insecte dont il s’agit, constitue une espèce distincte, à laquelle il donne le nom de B. Rossii. — Examinons maintenant la valeur spécifique du B. Rossii. M.Schaum donne à son espèce les caractères différentiels suivants, par comparaison avec le B. pallipes : « Front beaucoup plus large entre les yeux que chez le B. pallipes, dont les yeux sont beaucoup plus convergents en avant; pronotum visiblement plus court et plus large; élytres plus larges et un peu plus planes, à épaules plus saillantes, à ponctuation beaucoup plus forte ; pattes plus métalliques. » Jai trouvé ces caractères parfaitement exacts pour un exemplaire du B. Rossii, envoyé par M. Schaum, et opposé à un exemplaire du B. pallipes provenant d'Allemagne, également envoyé par M. Schaum. Je les ai contrôlés sur deux autres exemplaires, et voici ce que j'ai observé. Le premier individu, provenant de Sicile, se rapportait très bien au B. Rossii, toutefois, ses élytres étaient un peu plus longues eu égard

à leur largeur, et un peu plus finement ponctuées quoique à peine. Le second exemplaire, pris dans le Midi de la France, ofirait le facies du B. pallipes par suite de la forme allongée et étroite de ses élytres, mais présentait bien visiblement la plupart des autres caractères énoncés pour le B. Rossii, savoir : les yeux moins convergents en avant que chez le B. pallipes, le pronotum un peu plus court que chez le B. pallipes, moins toutefois que chez le B. Rossii, les élytres étroites, mais à épaules pas plus effacées que chez ce dernier et à ponctuation à peu près aussi forte, enfin les pattes à peu près aussi métalliques également que chez le B. Rossii. Je crois donc devoir regarder l’espèce de M. Schaum comme une simple variété méridionale du B. pallipes Duft. Je termine cette note en ajoutant, pour répondre à un reproche de M. Schaum, que lors de la première communication qui me fut faite, par l’intermédiaire de M. Fairmaire, du B. Rossii, je comparai cet insecte à mon exemplaire de pallipes du Midi de la France dont j'ai parlé tout à l'heure, et dès lors, je ne pus constater de différences notables.

2.8. Striatum Fabr. Var. Foraminosum Sturm. — M. Schaum persiste à considérer le B. foraminosum comme une espèce distincte du B. striatum de Fabricius (Orichalcicum Duft.). Ayant communiqué à ce savant critique trois exemplaires que je considérais comme plus ou moins intermédiaires, voici la réponse que j'ai reçue : « L’exemplaire 4 est un véritable foraminosum, les exem- 2 et 3 sont des individus anormaux qui se distinguent du striatum plus que le foraminosum, etc. Si vous aviez un

plus grand nombre de tels individus, je croirais qu'ils peuvent former une éroësième espèce. » Les exemplaires en question provenaient du midi de la France. Je crois devoir m’abstenir ici de tout commentaire. Je me demande seulement comment des insectes anormaux pourraient former une espèce.

3. B. bipunctatum Lin. — À propos du B. gracile Ramb. que j'ai cru devoir rapporter au B. bipunctatum Lin., M. Schaum (Ent. Zeit. Stet. 4858, 299) dit que lon ne peut, avec un auteur comme Rambur, adopter mon opinion sans voir le type et sans constatation plus ample de l'erreur. Or, le type plus que probablement n’existe plus. Toutefois M. Schaum ne devrait pas fausser mes raisons en les tronquant. En effet, selon cet auauteur, je n'appuie mon avis que par les termes: « Le gracile Ramb. est tout simplement pour moi le bipunctatum, la description n’en diffère nullement. » Cependant, j'ajoute, et cela est important: « Cet insecte se retrouve dans les montagnes d’Espagne. Je n’’explique l'erreur de M. Rambur, en supposant que, trompé par l’analogie de cette espèce avec les Leja de Dejean, il l'aura cherchée parmi ces dernières, et M. Rambur, en effet, la compare au celere, tandis qu'il aurait dù, si elle en était réellement différente, la comparer au bipunctatum.» Du reste, M. Schaum n’a point toutefois inscrit le B. gracile Ramb. dans son catalogue.

&. m, pyronacum Dej. — Je suis blâmé par M. Schaum (Ent. Zeit. Stet. 4858, 299) d’avoir réuni au B. pyrenaeum le B. rhæticum Héer, parce que le pyrenaeum a les élytres planes (planiusculis dans mon el tandis

qu’Héer dit pour le B. rhæticum: « elytris conveæiuse eulis.» L'énoncé d’une pareille critique suffit — Du reste, le savant auteur allemand a depuis confirmé mon opinion par l'examen du type d’'Héer.

5. &. pusillum Gyl. — M. Schaum auquel j'avais reproché avec raison d’avoir critiqué mon B. normannum sans le connaître, distingue aujourd'hui (Catalog. Coleopt. Eur. 1859, 15) cette espèce, d’après quelques exemplaires que je lui ai communiqués ; mais , il en sépare le B. rivulare (que je lui avais réuni en variété) pour le réunir au B. pusillum, M. Schaum a parfaitement raison quant à ce dernier point, Lors de mon travail monographique j'avais bien présumé que les B. rivulare (normannum Var.) et pusillum n'étaient point spécifiquement distincts; mois n’ayant eu sous les yeux qu'un très-petit nombre de B. pusillum, n’ayant point vu de passages, et croyant cette espèce plus boréale , je n’avais pas osé opérer la réunion, ce qui prouve que je n'ai jamais agi en vertu d'idées préconçues, mais d'observations positives. Depuis j'ai été à mème de me convaincre que les B. pusillum et rivulare n'étaient que des variétés d’une mème espèce. Je suis donc d’accord en ce point avec le savant auteur allemand. Mais je ne puis approuver M. Schaum lorsqu'il sépare, après cela, le B, normannum, dont il n’a vu que deux ou trois exemplaires , comme espèce propre. Depuis la publication de mon travail, dans lequel j'ai exposé que les B. rivulare et normannuum , qui se trouvent tous les deux dans le midi de la France, appartiennent à la même espèce , l'observation m’a de plus en plus convaincu de la validité de mon Opi=

nion. Il faut donc aujourd’hui, d’après moi, établir ainsi qu'il suit la synonymie des espèces dont je viens de parler. B. pusillum Gyl. J, du V.— Var. Rivulare Dej. — Var. Normannum Dej. J. du V,— Var. Latiplaga Chaud.

6. B, 4 Guttatum, F. var. speculare Kust. — Le B, speculare est réuni, dit M. Schaum (Ent. Zeit. Stet. 1858, 299), par J. du Val au B. 4 guttatum comme variété. Je ne connais pas cette espèce, continue le critique, mais d’après Kuster et J. du Val. elle offre desélytres entièrement lisses, tandis que le 4-guttatum présente des stries obscures mais fortement ponctuées à la base. J. du Val. ajoute, il est vrai : « Cette variété remarquable nous présente tous les passages, » mais où trouve-t-on en Entomologie un second exemple que chez la même espèce les élytres soient tantôt entièrement lisses et tantôt fortement ponctuées striées? « Aber wo ist ein zweites Beispiel in der Entomologie, dass dieselbe Art bald mit Flügeldecken, die ganz glatt sind, bald mit Flügeldecken, die stark punctirte Streifen haben, vorkommt? » — Certes l’homme le plus modéré trouvera une telle critique injurieuse. — Le point le plus curieux c’est qu'aujourd'hui M. Schaum, ayant recu des B. speculare d’Andalousie, fournit lui-même la réponse à sa note. L'exemple impossible, wo ist Beispiel, se trouve dans la propre collection et dans le Catalogue des Coléoptères d'Europe du savant auteur allemand, qui a dù confirmer mon opinon presque aussitôt après l’avoir si bienveillamment combattue.

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