‹ Glanures entomologiquesChapitre 10 sur 48 · ET DESCRIPTION DUNE ESPECE NOUVELLE DE COLENIS · texte numérisé non relu

ET DESCRIPTION DUNE ESPECE NOUVELLE DE COLENIS

Tout récemment M. Fairmaire (Annal, de la Soc. ent. de France, 1859, 29) a cru devoir créer un genre nouveau, XanthosphEera, pour une espèce nouvelle du groupe des Anisotomites. Ce genre, dit Fauteur : « est très voisin des Triarthron, dont il se distingue facilement par les tarses postérieurs de quatre articles; et il en présente tout le faciès; quant au genre Colenis son mésosternum est caréné et la massue de ses antennes est réellement de cinq articles et non de trois, comme le dit Erichson, le septième article étant plus gros que les précédents et que le suivant; il a en outre les pattes et les antennes plus grêles, et la sculpture des élytres est toute différente. »

Supposons le genre Xanthosphsera parfaitement distinct, M. Fairmaire a tort de le rapprocher des Triarthron car la structure des tarses prime, comme chacun le sait, les autres caractères chez les Anisotomites. Cet auteur de plus attache une trop grande importance à la sti'ucture de Tantenne de la Colenis dentipes. En effet, le septième article est trop petit, quoiqu'un peu plus grand que les contigus, pour permettre de considérer la massue comme de cinq articles. Beaucoup d'autres insectes sont dans le cas de la Colenis dendpes, et, tout proche, dans le genre Agathidium nous trouvons, suivant les espèces, le huitième article de Tantenne égal au septième ou un peu plus grand. Quant au mésosternum, caréné chez la Gole-

ni S dentipes et simple chez la Xanthosphaera, il ne constitue pas un caractère assez important pour autoriser la formation d'un genre, et, du reste, dans la même famille, nous le retrouvons aussi caréné ou simple dans le genre Chovela Latr. (Catops Payk.). M. Fairmaire a donc eu tort d'établir le genre Xanthosphaera, car cette coupe n'est point suffisamment distincte du genre Colenis.

L'espèce nouvelle que je vais décrire nous en fournit une preuve formelle par les caractères qu'elle présente. En effet, elle offre la massue des antennes de trois articles, dans le sens que M. Fairmaire l'entend, comme sa Xanthosphaera, mais elle a ces organes plus longs que ceux de la Colenis dentipes à Tinverse de celle-ci; elle présente le mésosternum caréné il est vrai, mais moins fortement, en avant surtout où la carène devient obsolète, que chez la Colenis dentipes ; enfin elle offre la sculpture des élytres analogue à celle de ce dernier insecte.

Le genre Colenis renfermera donc aujourd'hui trois espèces européennes qui peuvent se grouper ainsi qu'il suit : L Mésosternum simple. Septième article des antennes égal aux contigus. C. Barnevillii Fairm. — II. Mésosternum caréné. — A. Septième article des antennes égal aux contigus. C. Bonnaùii J. du V. — B. Septième article des antennes un peu plus grand que les contigus. C. dentipes Gyl.

Colenis Ifionnaii-ii JaCQ. du V. Ovata, COUVCXa, flavo

testacea, sat nitida; pronoto minus brevi, subtilissime punctulato; elytris subtiliter punctato-striatis, interstitiis corifertim subtiliter transversim strigosis. Mas. Femoribus poslicis compressis, sat longe acuteque unispinosis.

Long. 2 mill. — Corps ovale, convexe, assez luisant, en entier d'un jaune testacé. Antennes un peu plus courte que la tête et le pronotum , à deuxième article plus épais que le troisième qui est au moins moitié plus long que lui ; le septième égal aux contigus ; le dernier article de la massue un peu plus étroit que les deux précédents. Tête finement pointillée. Pronotum environ deux fois aussi large que long, visiblement moins court que chez la C. dentipes, à peine rétréci en avant, légèrement arrondi sur les côtés, visiblement sinué de chaque côté à son bord antérieur et légèrement aussi à sa base, avec SCS angles postérieurs obtus et un peu arrondis même au sommet ; convexe sur son disque, très subtilement pointillé. Élytres légèrement mais distinctement striées, à stries finement ponctuées, peu visibles au sommet, la suturale toutefois au contraire fortement enfoncée en sillon en arrière. — Mdle. Cuisses postérieures larges, fortement comprimées, avec leur bord postérieur formant simplement un angle à peu près droit et peu saillant en dehors au sommet, mais notablement dilaté -arrondi presque dans toute sa moitié basilaire et muni sur cette dilatation d'une forte épine aiguë assez longue et assez étroite. — Femelle inconnue.

La C. Bonnairii offre un faciès intermédiaire entre cehii de la Colenis dentipes et des Agaricophagus, ou même plutôt plus voisin du faciès de ces derniers. Elle a été découverte dans la forêt de Fontainebleau par M. Bonnaire qui m'a généreusement cédé, par Fintermédiairede M. de Bonvouloir, le seul exemplaire qu'il eût pris.

DESCRIPTION DE ODELOUES ESPÈCES NOIJVEILES.

i Jidelopg SSonvoiiIoia bI JacCT. duV.

Subovatus^ fere depressus, rufo, vel interdum flavo, testaceus, subtiliter fulvo pubesceiis ; octavo antennariim articule nono tantum paulo angustiore ; thorace magno, lato^ crebre subtilissime punctulato ; elytris postice valde attenuatis,, subtilissime transversim strigosis, dorso stria juxta suturali obsoleta notatis. — Mas tarsis anticis quinque articulatis^ cum articulo primo valde dilatato, maximo, secundo tertioque miimtis sed etiam dilatatis, insignitus.

Long, 3 2/3-4 1/2 mill. Corps subovalaire^ large en avant^ notablement atténué en arrière, très peu convexe ou presque déprimé supérieurement, en entier d'un roux testacé, ou parfois d'un jaune testacé plus ou moins clair, assez densément revêtu d'une très-fine et courte pubescence déprimée jaunâtre. Antennes très allongées, très grêles, un peu plus longues que la moitié du corps, à peine épaissies vers l'extrémité ; leurs six premiers articles beaucoup plus longs que larges, cylindriques, subégaux, le 7*^ de même mais faiblement épaissi au sommet, le 8^ plus courtet un peu plus étroit, le 9^ subégal en longueur au 8^ mais un peu plus épais, le 1 0^ un peu plus court que le précédent, obconique, le dernier ovale oblong, acuminé. Tête verticale, trèsfinement pointillée, luisante. Pronotum grand, faiblement convexe, un peu luisant, en

général légèrement plus large, que les élytres à leur base principalement chez les mâles, moitié plus large que long, légèrement arrondi sur les côtés en arrière, rétréci notablement en avant dans sa moitié antérieure, échancré antérieurement, bisinué à la base, avec ses an^-les postérieurs aigus, un peu saillants en arrière et recouvrant les épaules ; densément et très finement pointillé. Élytres presque déprimées sur leur dos en avant, simplement arquées légèrement sur les côtés, fortement atténuées en arrière et arrondies chacune au bout; densément et finement striées transversalement, avec une strie juxtasuturale très légère vers sa base ou vers son milieu, nulle dans le reste de son étendue, parfois même en entier tout à fait obsolète. — Mâle. Tarses antérieurs de cinq articles distincts; avec le premier fortement dilaté, en carré long, aussi grand que les trois suivants réunis, le second bien plus petit mais dilaté aussi, brièvement cordiforme, le troisième plus petit encore mais toujours un peu dilaté, tous trois munia de brosses de poils inférieurement.

Celte magnifique espèce, la plus grande de toutes celles connues du même genre, rappelle un peu par son faciès la Gholeva depressa Murray. Je Tai découverte dans diverses grottes des Pyrénées-Orientales, et je l'ai dédiée à mon ami M. H. de Bonvouloir comme un témoignage de ma sincère affection.

% SSacSancrUcs Mariac Jacq. duV.

Oblongus, elongatuS; rufo testaceus, parce pubescens ; antennis, palpis, pedibusque testaceis; capite elongatoabsque oculis; tborace subovato, lateribus antice rolun>

dato-dilatato^ basin versus atteûuato^ laeyi; elytris sat fortiter punctatis.

Long. 1 2/3 mill. Allongé^ oblong, assez convexe; d'un roux testacé, assez luisant^ revêtu d'une très fine pubescence jaunâtre peu serrée. Tête deux fois au moins aussi longue que large, un peu dilatée et subangulée de chaque côté en arrière à la place des yeux^ formant une sorte de rostre en avant ; avec la partie antérieure du front élevée et divisée par une forte impression médiane en deux tubercules arrondis mais bien marqués et assez écartés ; notée sur la partie postérieure de celui-ci de deux petites fossettes ; offrant enfin sur le vertex une légère impression médiane et une fine carène longitudinale dans celleci. Palpes maxillaires très allongés, à dernier article grand;, long^, cultriforme. Antennes insérées sur les tubercules frontaux, atteignant environ à la base du pronotum, peu épaisses; à ]^^ article aussi long que les quatre suivants réunis, légèrement épaissi, subcylindrique, 2* globoso-ovalaire, 3 à 9 étroits, graduellement un peu plus courts et à peine plus épais, 10^ subglobuleux, dernier assez grand, ovale oblong. Pronotum assez convexe, au moins aussi long que large, notablement dilaté arrondi sur les côtés en avant, resserré tout à fait au sommet, graduellement rétréci en arrière, lisse, avec une ligne enfoncée transverse au-dessus de sa base. Élytres assez convexes, fortement bisillonnées chacune à leur base, le sillon interne se prolongeant le long de la suture, assez fortement mais peu densément ponctuées. Abdomen rebordé latéralement comme chez les Bythinus. Pattes assez longues et grèlss sr.rtout les postérieures; cuisses antérieures légère-

ment épaissies, les postérieures à peine; jambes de cette dernière paire légèrement courbées et sinuées en dedans au sommet; tarses termmés par un seul crochet.

Le genre Machaerites , fondé récemment sur un petit Psélapliide(M. spelajus) découvert dans une grotte de la Carniole, doit prendre place avant les Bythinus. Je le décrirai dans le supplément de mon Gênera. L'espèce nouvelle que je publie est des plus intéressantes pour la Faune de France. J'en ai découvert un seul exemplaire dans une grotte des Pyrénées-Orientales. J'ai dédié ce rare et curieux insecte à la compagne dévouée qui, partageant souvent mes fatigues, récolta avec moi ce remarquable Psélaphide nouveau, l'Adelops Bonvouloirii, la Cardiomera Genei, l'Ebaeus Alicianus et beaucoup d'autres richesses entomologiques.

3. LcMteva muscoraiu Jacq. du V. Aptera, nigra, longius pubescens, fortius minus crebre punctata; ore an tennis, pedibusque rufo-testaceis ; elytris thorace vix duplo longioribus, fortius punctatis.

Long. 3 1/3 — 41/3 mill. Forme voisine de celle de la L. punctata. Corps aptère , noir, assez luisant, finement revêtu d'une pubescence grisâtre visiblement plus marquée, plus longue et plus redressée que chez le L. punctata. Bouche et devant de l'épistôme d'un roux testacé. Antennes de même, parfois légèrement rembrunies dans leur milieu, visiblement plus longues que celles de la L. punctata , mais de même épaisseur . Tête comme ehez la L. bicolor, mais plus fortement ponctuée. Pronotum comme chez la L. punctata, mais un peu plus brusquement et fortement rétréci en arrière de la dilatation

des côtes , un peu plus fortement ponctué encore , mais toutefois moins dense ment d'une manière très sensible. Élytres à peine le double plus longues que le pronotum, un peu plus fortement mais à peine moins densément ponctuées que chez la L. punctata. Abdomen finement mais assez densément ponctué. Pattes d'un roux testacé. Cette espèce voisine de la L. punctata s'en distingue facilement par sa coloration, sa ponctualion encore plus forte mais moins dense, la pubescence plus marquée et plus longue, etc. Ces caractères de plus empêchent de la confondre avec aucune autre. Je l'ai trouvée dans les Pyrénées-Orientales, sous la mousse humide;, au bord des fontaines. — Parfois la tête et les élytres deviennent un peu ferrugineuses.

4. isbacas Aiicianas. Jacq". du V. Niger^ parum nitidus, antennis basi late quatuorque pedibus anticis testaceis ; thorace , maris albido , feminae rufo-testaceo , vitta lata longitudinali média nigra antice fortiter bifida notato; capite^ elytrorumque apice processu cyathiformi brunneo aucto, maris, albidis.

Long. 2 1/4 mill. Corps noir, peu luisant, finement revêtu d'une courte pubescence blanchâtre extrêmement subtile. Antennes testacées, plus ou moins rembrunies vers le sommet, un pen plus épaisses chez le mâle. Tête en entier d'un blanc flave, sauf les yeux, chez le mâle, avec le front largement mais légèrement excavé ; noire et à peine très faiblement impressionnée chez la femelle. Pronotum moitié plus large que long, un peu plus large chez les mâles, fortement arrondi sur les côtés et ù ses angles postérieurs, moins à ses angles antérieurs, légè-

rement convexe , lisse , d'un blanc flave chez le mâle , d'un testacé rougeâtre chez la femelle, offrant longitudinalement dans son milieu, chez les deux sexes, une large bande noire divisée en deux branches étroites dans sa moitié antérieure par une très profonde incision. Élytres densément mais imperceptiblement pointillées, unicolores et simples chez les femelles, avec une tache d'un blanc flave commune au milieu du sommet chez les mâles, dans lesquels chaque élytre présente à ce dernier un petit appendice irrégulièrement cupuli forme. Les quatre pattes antérieures testa cées, avec les cuisses brunâtres à la base chez les femelles; les pattes postérieures brunes avec une large ligne longitudinale sur la face des cuisses, la base et le sommet des jambes testacés notamment chez les mâles.

J'ai pris deux exemplaires de cette jolie petite espèce, voisine de TEbaeus albifrons, dans les Pyrénées-Orientales. Puisse le nom de cet Ebaeus, charmant comme elle^ rappeler longtemps à ma chère Alice les joies enfantines que lui ont souvent données les insectes.

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