B. Hypoci'ita Dej. — Sclou M. Schaum (Berl. Ent
Zeits, 1860, 89), mon B. fastidiosum appartiendrait à la même espèce. Cette assertion demande à être confirmée par Texamen des types, lesquels provenaient dlllyrie. — Suivant le même auteur le B. distans Rosenh. décrit récemment (Tliiere Andal. 44) est également identique au B. liypocrita. Je suis aussi de cet avis. —Je crois en outre aujourd'hui , sachant que le B. hypocrita se trouve en Dalmatie, que le B. maritimum Kust., qui m'est resté inconnu, doit très probablement se rapporter encore à la même espèce. En efTet la description donnée par Kuster s'applique assez bien à certains exemplaires du B. hypocrita. De plus M. Schaum nous apprend que celui-ci était connu en Allemagne sous le nom de B. Thalassinum Er. in litt, preuve qu'il avait été trouvé dans des conditions analogues à celles que signale Kuster pour son espèce.
8. B. pracustum. Dej. — Daus ses notes sur la Faune de Grèce, M. Schaum (Berl. Ent. Zeits. 1857, 149), après avoir inscrit les B. praeustum et siculum, ajoute en parlant de celui-ci : « Se distinguant du précédent seulement par ses élytres entièrement bleues et sans doute une variété du même. » A la lecture de cette note je rejetai immédiatement Topinion énoncée et présumai, avec raison, que l'une des deux espèces citées était restée inconnue au savant auteur allemand. En effet, M. Schaum ayant bien voulu me communiquer un exemplaire du B. siculum et un autre du soi-disant B. praeustum, j'ai pu me convaincre qu'ils appartenaient bien tous les deux à la même espèce, c'est-à-dire au B. siculum, dont le second exemplaire n'est qu'une variété à élytres d'un rouge testacé avec un visible reflet métallique. Comme je l'avais
présumé, le Yéritable B. praeustum n'est pas connu de M. Schaum. Cetta espèce est bien distincte du B. siculum par sa forme plus étroite, ses élytres notablement plus parallèles, à stries bien plus finement ponctuées, par son pronotum moins rétréci en arrière, moins cordiforme, à impressions distinctement bistriées (taudis qu'elles le sont obscurément chez le B. siculum). Elle a plus d'analogie avec le B. décorum dont elle oflre la forme d'élytres et à peu près les stries, mais elle s'en distingue par son pronotum plus court, plus carré, plus large à sa base, avec ses angles antérieurs bien moins défléchis et, par suite, sa convexité moins grande, par les fossettes postérieures de celui-ci bien plus grandes et à strie externe forte et nettement limitée par une notable carène (tandis qu'on observe Tinverse chez le B. décorum). Ajoutons que les élytres sont d'un rouge testacé plus franc que chez les variétés des B. siculum et décorum, sans reflet métal ■ lique uniforme distinct. — J'ai communiqué à M. Schaum le résumé des observations précédentes, nonobstant cet auteur inscrit tout récemment dans son Catalogue des Coléoptères le B. praeustum en variété du B. siculum, mais toutefois avec un point de doute. Comment un auteur qui n'a point vu une espèce et qui doute, ne se ranget-il pas à l'avis d'un monographe qui a vu et qui affirme. Évidemment M. Schaum est profondément persuadé que l'on ne doit avoir de confiance qu'en lui.
9. B. tricoiur Fabr. •— Selon M. Schaum (Eut. Zeit. Stet. 1858, p. 297), mon B. tricolor n'est pas le vrai tricolor de Fabricius, mais bien le B. scapulare Dej , et j'ai décrit au contraire le vrai tricolor, sous le nom d'Erich-
•154 GLAÎsURES
soni. Ici je m'incline devant la vérité. En effet, il paraît que mon B. Erichsonii seul se trouve en Autriche et en Allemagne, ce que j'ignorais. Dès lors Fabricius donnant à son C. tricolor rAutriche pour patrie, on est en droit d'en conclure, mais pour cette seule raison, car sa description va tout aussi bien à mon tricolor qu'à mon Erichsonii, qu'il a signalé ce dernier. On ne doit jamais, surtout quand on a travaillé en conscience, rougir d'avouer une erreur. Toutefois je peux atténuer la mienne, en disant que mon B. tricolor est celui qui se trouvait sous ce nom dans toutes les collections françaises sans exception, que Dejean m'a égaré par ses descriptions et surtout ses indications de patrie, que j'ai eu seulement sous les yeux, lors de mon travail, deux ou trois vrais tricolor, que j'ignorais si le vrai tricolor habitait seul l'Autriche, et dès lors, je ne pouvais saisir la valeur de l'indication de Fabricius. Quoique je veuille bien, 'avec M. Schaum. rapporter au vrai tricolor de Fabricius, le B. tricolor de Dejean, il me paraît cependant probable que Dejean a confondu cette espèce avec| les exemplaires communs du scapulare (tricolor J. du V.) offrant la base des élytres largement marquée de rouge. Gomment sans cela expliquer ces termes appliqués par Dejean au tricolor : « Il se trouve communément dans le Midi de la France, etc., » le vrai tricolor étant rare en France, et se trouvant seulement dans les montagnes, tandis que l'autre espèce est commune dans tout le Midi. En outre, Dejean dit, en parlant du scapulare, simplement : « Il se trouve dans le Midi de la France, » ce qui fait supposer cette espèce plus rare que le vrai tricolor, lorsque c'est tout le
contraire. Quoi qu'il en soit;, ces indications étaient bien propres à m'égarer. Définitivement^ la synonymie de l'espèce qui nous occupe, doit être établie de la manière suivante : B. tricolor Fabr. , Duft., Sturm. Dej. partim? =: Erichsonii J. du V.
10. B. ripîcotu L. Duf. — Cet insecte est le B. tricolor de ma monographie^ et j'ai trois observations à présenter à son sujet.
Le nom de B. tricolor devant s'appliquer à l'espèce dont j'ai parlé précédemment,, M. Schaum (Gat. Col. Eur. 1 859) donne à celle dont il s'agit ici^ le nom de Scapulare Dej. Mais M. L. Dufour, bien antérieurement àDejean (Annal, des se. phys. de Bruxel. vi, 330. 1820.), a décrit le même insecte sous le nom de B. ripicola, qui doit dès lors être adopté. Si la description donnée par M. L. Dufour laissait quelque doute à ce sujet, quoique, par exemple, les mots ; « Corselet légèrement convexe » s'appliquent bien au B. scapulare, et non au vrai tricolor (Erichsonii), l'indication : « Èbre, Adour, Garonne, » suffirait à le détruire en entier.
M. Schaum (Eut. Zeit. Stet. 1858,^98) répète que dans son opinion le B. obsoletum qui a les pattes testacées est spécifiquement distinct du B. scapulare (Ripicola L. Duf.) qui a une tout autre coloration et des pattes plus obscures avec les cuisses d'un noir brun. Je suis heureux de constater que M. Schaum ne peut appuyer son avis que sur la coloration. Or, dans ma monographie, j'ai à ce sujet longuement expliqué avoir vu tous les passages. L'auteur allemand cite en sa faveur l'avis de MiM. Fairmaire et Laboulbène. Je ne crois pas avoir à revenir sur la ré-
futation que j^ai donnée dans les Annales de la Société entomologique de France, 1855, p. 663, ce que M. ëcliaiim passe sous silence. Je dois seulement attirer fortement l'attention sur un paragraphe du critique allemand dans lequel il veut faire admettre que Ton doit prouver ses réunions par une série complète d'exemplaires de sa propre collection, disant que si les passages constatés par moi existent bien actuellement (par modération pour réellement), on ne peut toutefois les réunir. Bien certainement je ferai mon profit de l'avis de M. Schaum, et j'engage les autres entomologistes à en faire autant. Quand, une autre fois, je constaterai entre deux prétendues espèces des passages formels qui ne m'appartiendront pas, j'aurai bien soin de dire : « Pour si logique et si certaine que soit la réunion des deux espèces en question, je ne puis toutefois l'efiTectuer, parce quïl n'existe point de passages dans la nature, non je me trompe , dans ma collection ni surtout dans celle de M. Schaum.» — Malheureusement pour le critique allemand dans le cas actuel les passages existent parfaitement dans ma collection, et M. Schaum aurait pu les voir si, lors de ses derniers voyages à Paris, il s'était donné la peine de venir les examiner.
Le B.*oblongum Dej., qui par ses quatre grandes taches d'un rouxtes'acé semble constituer une espèce bien distincte, et dont je n'avais vu qu'un exemplaire lors de mou travail monographique, n'est aujourd'hui pour moi qu'une variété du B. ripicola L. Duf (Tricolor J. du V. olini) intermédiaire entre mes variétés B et C et complétant de plus en plus le passage entre le B. ripicola et
rObsoletumDej. Le B. oblongum se distingue du Ripicola par ses élytres marquées de quatre grandes taches à'\m roux testacé et d'après deux exemplaires de Nice que j'ai sous les yeux par ses tries plus profondes et par son pronotum très légèrement plus étroit à la base. Or, je possède un exemplaire pris avec les deux précédents qui aux deux derniers caractères joint la coloration du Ripicola type; j'ai un individu provenant des Alpes qui offre tous les caractères de forme et de stries du ripicola avec la coloration et l'aspect de TOblongum ; un exemplaire venant du Midi tout à fait semblable au Ripicola type, sauf une tache rouge supplémentaire sur la partie postérieure bleue de chaque élytre ; enfin un Bembidium provenant aussi du Midi qui présente, la couleur bleue et rouge du Ripicola, les pattes en entier d'un rouge testacé de l'Obsoletum, et la grande tache postérieure de roblongum, de sorte qu'il a de l'aspect de chacun des trois sans se rapporter à aucun.
D'après les notes et observations précédentes, je crois devoir établir ainsi qu'il suit la synonymie de l'espèce très variable dont je viens de m'occuper longuement. B. ripicola L. Duf. ( Scapulare Dej. Tricolor J. du V. ) — Var. Oblongum Dej. — Var. Testaceum Duft. (Obsoletum Dej. Neglectum Daws.)
1 1 . B. Andreœ Fabr. — Je suis convaincu anjourd hui que les B. Andreae F. (Cruciatum Dej.) et Femoratum Sturm, malgré les caractères différentiels et la dissemblance de leurs types, appartiennent à une seule et même espèce. Celte opinion avait déjà été émise par Héer (Faun. Helvet. 129), antérieurement cà ma monographie,
mais n'ayant pas lors de mon travail les matériaux convenables, je dus maintenir les deux espèces. J'ai pris assez récemment dans les Pyrénées-Orientales, et cela pêle-mêle, un certain nombre d'exemplaires dont quelques-uns se rapportent parfaitement au B. Andreae type, quoique avec des taches élytrales un peu mieux limitées, dont deux plus obscurs encore et par suite à quatre taches sur les élytres présentent, avec tous les caractères de forme et de ponctuation du B. Andrese, les palpes fauves et la base des cuisses brune ; mais dont la plupart avec la forme des précédents offraient quatre taches élytrales bien limitées, la base des cuisses brune largement, et le pénultième article des palpes maxillaires brun obscur ou noirâtre en entier. Ces derniers exemplaires ne se distinguent plus que par leur taille de ma variété A du B. femoratum que j'ai expliqué ne pouvoir être distinguée spécifiquement. Une série d'individus provenant des Alpes m'a offert les mêmes modifications avec des types du Femoratum au lieu de types de l'Andreae. Enfin, je possède encore des Alpes deux exemplaires semblables, mais petits comme le Femoratum et un peu plus étroits que l'Andreae; et un individu pris dans les Pyrénées- Orientales, avec les premiers dont j'ai parlé, qui, avec les pattes, les palpes et les antennes colorées comme chez l'Andreae, offre la taille, la couleur et les élytres étroites du Femoratum. — D'après ces observations, je me crois en droit d'établir la synonymie de la manière suivante : B. Andrese Fabr. (Gruciatum Dej.). — Var. Femoratum Sturm. J. du V.