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XVII** SIÈCLE

Vous craignez que ma foi vous l'ose reprocher (Corneille). Je crains qu'elle échappe (idem). Séparons-nous de peur qu'il entrât en cervelle (idem). De peur qu'il en reçût quelque importunité (idem). De peur que mon tourment aigrit ses déplaisirs (idem). De peur que mon abord interrompit mon frère (idem, voir le lexique de la langue de Corneille, édition des grands écrivains de la France) J'appréhende qu'il soit malade (Balzac). J'ai grand'peur que la ligne soit trop forte (idem). J'ai peur que vous me trompiez (Voiture). J'ai peur que vous vous lassiez de mes remerciements (idem). Je crains que cela soit trop long (Pascal). Hérode craignait qu'il usurpât son empire (idem). Les hommes ont peur que la religion soit vraie (idem). Tu trembles de peur qu'on t'ôte ton galant (Mo-

Hère). J'ai peur qu'on vous surprenne (idem). Je craignais que les Gre<;s nou^ communiqueraient bien plus leurs arts que leur sagesse (FénelonA Je crains bien que tous ces petits sophistes grecs achèveront de corrompre les mœurs romaines (idem). J*ai grand'peur que tu auras tout gâté (idem). La crainte qu'il leur imputerait leur mauvais succès (idem; remarquons Vindicatif et non le tubjonctif). (Voir Haase, Franzosische Syntaxe des XVII lahrhunderts ; Haase, Bemorkungen ûber die syntax Paiscals ; G. Korsting und E. Koschwitz syntakstische studien iiber Voiture, etc.

Tous ces exemples prouvent encore une fois, à Tévidence, que la négation ne est complètement inutile et n'est qu'une superfétation dans :

/ Je crains qu'il (ne) vienne = je crains qu'il vienne.

\ Qu'en conséquence, une seule négation ne pas suttit y pour exprimer le contraire :

» Je crains qu'il ne vienne pas (il ne viendra pas, et c'est ce que je crain«, car je désire qu'il vienne).

Il est donc inutile de recourir au ne ne pas de MM. Delbœuf-Roersch :

Je crains qu'il ne vienne pas n'a jamais signifié : je crains qu'il ne ne vienne pas. C'est là de l'imagination, ce n'est pas là de la grammaire, ce n'est pas là notre langue.

Accents orthographiques; tiret ou trait

d'union.

On sait que le trémas les accents et Vapostrophe ne sont employés, en français, que depuis le XVI« siècle; on peut même dire que les accents ne commencèrent à être sérieusement mis en usage qu'au XYIl*» siècle; car, au XVI«, il n'y eut guère que quelques éditeiu^s qui en fissent usage. Aux XYII** et XVIII* siècles, l'emploi des

accents était encore assez peu régulier et soumis à des règles fort incertaines*. Le XVI1I« siècle employait le tréma, comme nous l'avons déjà vu, dans une foule de mots où il a disparu comme complètement inutile.

L'apostrophe est due à Dolet, qui commença à s'en servir (1540) dans son ouvrage : La manière de bien traduire. une langue en aultre, de la ponctuation françoyse, des accens d'ycelle.

Quant au trait d'union, le Ministre de l'instruction publique, d'un aceord au moins tacite avec l'Académie, permet aujourd'hui d'écrire :

Arc en ciel, etc. (sans tirets) comme ver à soie ou ver-à-soie (avec tirets) comme arc-en-del^ etc. (double orthographe approuvée, avec conseil de réunir en un seul mot les composés qui s'y prêtent: portemanteau, porteplume, fourmilion, etc.

L'Académie ne paraît pas, en effet, avoir de règle fixe à l'égard du trait d'union. Elle écrit :

Ver à soie, ver luisant, veau marin, pot à l'eau, pot à beurre, plus value, trop plein, aide de camp, lettre de change et beaucoup d'autres mots sans tiret.

Tandis qu'elle écrit :

Non-valeur, non sens, etc. (avec tiret) — A côté de vert-pomme, rouge-cerite^ etc (adjectif et substantif), elle nous donne : châtain clair, bleu foncé, frais cueilli, gris brun^ ivre mort, vert foncé, gros vert, vert tendre, rouge brun, rouge pâle (àews. adjectifs, sans tirets), mais aigredoux, premier-né, sourd-muet (deux adjectifs, avec tirets").

L'Académie ne paraît guère plus logique en beaucoup de mots, dans l'emploi de l'accent aigu et de l'accent grave. Elle écrit :

Avènement, événement; empiétement, piètrement; allégement, 2i\\éc\\Çiment ; /t^i/c, fé vérole; complètement Ms&^XiQ, complètement (substantif;; les accents de distinction sont tout à fait inutiles, le contexte suffît pour

nous faire distinguer leà mots les uns des autres; recueillir^ récolte; religion, religieux, mais irréligion, irréligieux; recevoir^ réceptacle, réception; rc6e//c, rébellion; remède, irrémédiable; remeure, rémission; refuge, se réfugier; reeéler, mais receleur; reproche, irréprochable; re^ tenir, rétention ; sèchement (adverbe), dessèchement (subst) ; règlement, dérèglement, réglementer, — taire, — tation.

Dans la dernière édition de la grammaire de Chassang (1890), nous trouvons que rAcadémic qui orthographie celer (sans accent sur le premier e) écrit reeéler , parce que l'oreille serait choquée par la succession de deux syllabes muettes.

C'est là une de ces règles — une recette, dirait Larousse — qu'on ne s'attendrait pas à trouver dans une grammaire aussi sérieuse que celle de M. Chassang. L'Académie, qui écrit reeéler, n'écrit-elle pas receleur (voir tous les mots qui précèdent)? Ecrit-elle : jeter, rejeter; mènera reméner; peser, repéser; lever, relever; tenir, retenir, etc., etc.? L'Académie, qui était tenace, n'écrit-elle pas ténacité (dsixis ces mots, il n'y a pas deux syllabes muettes qui se suivent)?

Ailleurs, l'Académie écrit : je trompeté, mais une trompette; coquetterie, mais caqueterie (sans accent sur la syllabe antépénultième); je colleté et je décollette; y étiquete, une étiquette, etc., etc.

Pour l'accent circonflexe, la règle manque aussi de logique dans beaucoup de mots. L'accent circonflexe (règle générale) ne devrait se mettre que sur la syllabe portant l'accent tonique.

Béte, bétail; être, j'étais; acre, acrimonie; âme, animer; blême, blêmir ; grâce, gracieux ; aumône, aumônier ; infâme, infamie ; trône, introniser; pôle, polaire; moût, moutarde; môle, molécule; suprême, suprématie; extrême, extrémité; cône, conique; drôle, drolatique.

L'accent circonflexe se trouve cependant souvent sur la syllable non accentuée, et l'on ne peut constater encore ici aucune logique. Nous écrivons :

Côte, coteau, mais : côte, côtoyer ; téte^ entêté ; féte^ fêter ; crête, crête; âge, âgé; gêne, gêner; geôle^ geôlier; île, îlot: soûl, soûler; abîme, abîmer, etc., etc.; pâtir, mais compatir; boite^ boiter, boiteux, mais emboîter, emboîtement, emboîture; hôte^ hôtel, hôpital, mais otage (anglais : hostage).

On met l'accent circonflexe sur il plaît (placet), mais on n'en met pas sur il tait tacet), il y a un accent sur âme anima), mais non sur lame (lamina).

Pour l'emploi de l'accent circonflexe, il faut non seulement savoir quelle lettre a disparu du mot primitif; on doit encore voir si le vieux français employait Y$ non prononcé pour rendre la voyelle longue :

Traître (traistre et môme trahistre; tradîtor pour traditor); pâle (pasle; pallid'js); ^rone (throsne, thronus; n. aimâmes (aimasmes, amavimus); c/io^ne (chaisne ; catena) ; rd/e (rosle; rotulus); am^ (aisné, antenatus), etc.

Dans certains cas, l'accent circonflexe ne sert qu'à faire distinguer les uns des autres certains mots que l'on pourrait confondre si on ne les distinguait au moyen de l'accent placé sur l'un des deux :

Dû (devoir), du (de le). Je croîs, je crûs (croître), je crois, je crus ^croire). On distinguait autrefois tù (taire) de tu (pronom). On s'est enfin aperçu, et c'est heureux, que les deux mots, écrits de la même manière, pouvaient facilement se distinguer l'un de l'autre, mais nous écrivons mû (mouvoir) pour le distinguer, sans doute, de mu (mutus) dont le féminin seul existe dans : rage mue.

Nous distinguons je crots, je crûs (croître) de : je crois, je crus (croire), mais nous n'avons plus besoin de distinguer que je crusse (croître) de que

je cinisse (croire), ni atte (croître) de crue (croire). Nous écrivons : cette plante a crû (croître), et : voilà du vin de mon cru (croître). Comment distinguer Tun de l'autre deux des mots suivants : je suis sûr que ce fruit sur (aigre) avait été mis sur la table ?

M. Brachet, dans sa grammaire, nous dit que l'accent dans du (devoir) n'est pas un accent de distinctiorij mais un accent de contraction : deu (dû); comme autrefois receu reçu), leu (lu , peu (pw, etc.

Si l'accent de dû était encore l'eflfet d'une contraction, nous écririons au féminin due et non due, car il n'y a aucune raison de faire disparaître ici l'accent au féminin, et nous écririons aussi indu, indue; or, nous écrivons indu, indue (sans accent), du>s, dues.

L'adverbe de dû, due où Ve du féminin disparaît, devrait aussi être orné d'un double chapeau; indu, indue (sans accent donne régulièrement indûment.

Les accents de distinction sont, nous le répétons, complètement inutiles. Comment confondre les mots suivants si on écrivait partout sans accent ;

La femme e«t la (là — Vous ou moi, ou (où) allons-nous? — Voila (voilà) qu'il se voila la figure. — Ce garçon a un livre qui appartient a (à) mon frère. — Donnez raoi ça (cela), il court ça (çà) et la (là;. Avec quoi pouvons-nous confondre deçà, delà, holà, déjà ?

La question des accents est assez importante; on peut regretter que le Ministre de l'instruction publique n'en ait pas parlé dans sa circulaire.

Féminin du mot GREC.

Un mot assez curieux, c'est grec, dont le féminin c^t grecque (c conservé, nous disent les grammaires, p^'i^i^ conserver ouvert le premier e)

L'histoire de la langue nous apprend que l'ancien féminin de grec était greque (c changé en que^ comme dans pttWic, publique; caduc, caduque; turc, turque, et pas d'accent sur le premier e, les accents étant alors inconnus).

Le XVP siècle, qui voulut reprendre, partout où il le put, les lettres du latin, écrivait :

Grecque, publicque, caducque, turcque

Le XVII® siècle, voyant que le c était superflu dans tous ces mots à côté de cm, son équivalent, reprit l'ancienne orthographe en faisant de nouveau disparaître le c :

Caduque, greque, publique, turque.

C'est là l'orthographe que l'on trouve dans la première édition du dictionnaire de l'Académie (1694 .

Le XVII® siècle, après avoir écrit père, mère, célèbre^ près (préposition), etc., écrivit ensuite j^^re, mère, célèbre^ prés^ etc. (avec l'accant aigui; ce ne fut que plus tard que l'on arriva à père, mère, etc.

Il n'y a pas longtemps que nous écrivions encore collège, manège, privilège, je protège, etc. (jusqu'en 1878).

Le mot greque (féminin ne pouvait donc qu'arriver à greque pour s'écrire plus tard greque (l'accent grave rendant ouvert le premier e).

Ce ne peut être que grâce aux anciennes éditions du commencement du XVII® siècle que les lettrés finirent par reprendre le c dans ce mot, et non pour conserver Ve ouvert, puisque l'accent grave mène au même résultat.

Avons-nous donc une différence de prononciation entre bèqueter et becqueter ^double orthographe donnée par Littré) ?

La question 5» orthographe 5?.

L'orthographe de l'ancienne langue était indécise et flottante, n'était pas fixée comme la nôtre; mais elle se distinguait par une grande simplicité et elle différait moins de celle que nous suivons aujourd'hui que de l'orthographe que nous trouvons dans les écrivains du XVI« siècle.

(c II n'existe en théorie, dit M. Brachet, que deux systèmes d'orthographe : le premier, qui figure exactement la prononciation ou l'orthographe phonétique; le second, qui s'attache plutôt à rappeler l'origine du mot et prend le nom d'orthographe étymologique. »

VoTihogr^phe phonétique, exacte peinture de la voix, n'admet que des lettres vivantes ou prononcées. Elle écrira :

Filanlropie, orfelin, fiiosofie, comme nous écrivons : Faisan (phasianus), fantaisie (phantasia), fantôme (phantasma^ fanal (du grec phaino, je brille I, flegme, (grec phlegma), frénésie (phrenesis).

A côté de ces lettres actives, l'orthographe étymologique admet, au contraire, des lettres mortes, qui rappellent aux yeux l'étymologie, mais ne jouent aucun rôle dans la prononciation. Telle est, par exemple, la consonne p dans exempt (exemptus), prompt (promptus), baptiseï' baptizare); le e inutile à côté de q,,.u dans Jacques Jacobus), grecque (graeca), becqueter. Dans ce système on écrirait :

Pliaisan, phanlaisie, phantosme, phanal, etc., et sujet reviendrait *«&ject, comme au temps de Ronsard et de Marot.

Au point de vue de la pure logique, le système phonétique est la seule orthographe rationnelle; l'ortho-

graphe étymologique manque de base, car elle ne s'appuie que sur l'orthographe d'une langue antérieure et qu'elle suppose que ses étymologies sont indiscutables.

D'ailleurs l'orthographe d'une ""langue, comme la langue elle-même, n'est point faite pour quelques lettrés, mais pour l'ensemble de la nation. Le fde faisan n'empêchera pas plus l'helléniste de reconnaître dans cette forme le latin phasianus (grec phasianos- que le ph de philosophie n'aidera les illettrés à retrouver l'origine du mot (1).

De ces deux systèmes orthographiques, le moyen âge, à l'origine, adopta le premier; la langue de la Renaissance adopta le second, et notre orthographe actuelle est le résultat d'un compromis très arbitraire entre les deux.

Le moyen âge chercha d'abord à modeler son orthographe sur la prononciation. Au XII® siècle, on écrivait comme aujourd'hui neveu (de nepotem), recevoir (recipere pour recipère), ensevelir (insepelire); le XVI* siècle, pour rapprocher ces mots de leur origine latine, écrivit nepveu, recepvoir, ensepvelir, sans se douter que le p existait déjà dans tous ces mots sous la forme du v. De même les formes du XII® siècle : devoir (debere), fièvre (febrim), février (februarium sont devenues au XVP siècle : debvoir, fiebvre, febvrier; set (septem) devint sept; vint (viginti), vingt, sans que le g fût mis à la place qu'il occupe dans le mot latin.

Le moyen âge, changeant le c latin en i devant le t, écrivait :

(1) Racine écrit vanger, pancher^ avanture, promt, tout en sachant aussi bien que nous l'origine de ces mots.

Lait (lactem pour lac), fait (factum), trait (tractum), laitue (lacluca), nuit (noctem), etc.

Le XVP siècle refit ces mots en écrivant :

Laict, faict, traict, laictuc, nuict» etc.

Cette recherche d'orthographe érudite, qui avait commencé dès le XV® siècle avec les clercs et les premiers traducteurs de l'antiquité, s'accrut d'une manière démesurée, sous la Renaissance, par l'influence que prirent les imprimeurs érudits. Robert et Henri Etienne surchargent les éditions sorties de leurs presses d'une foule de lettres parasites empruntées à l'orthographe des langues anciennes (t).

Une réaction en sens inverse ne tarda point à se produire pour ramener l'orthographe au système phonétique, mais elle échoua, et l'orthographe étymologique persista, en s'allégeant quelque peu, jusqu'à la fin du XVIP siècle. Malgré les eflbrts de Corneille, de Bossuet, l'Académie conserva presque intact ce système orthographique dans la première édition de son dictionnaire (1694 . Elle proscrivit même l'usage des acccents et ne jugea point à propos d'adopter l'orthographe de Richelet, qui écrivait tête (teste), épée (espée), etc. Ce ne fut qu'en 1740, dans sa troisième édition, que l'Académie remplaça par un accent Vs étymologique, elle écrivit alors :

Tête, épée, étudier (estudier), détruire (destruire), apôtre, etc.

. (H Au XVI^ c'étaient les savants éditeurs qui mettaient l'orthographe en accord avec leurs principes; a la fin du XIX®, nos hommes les plus savants, en demandant quelques changements orthographiques, vont se buter contre la mauvaise volonté de tous nos éditeurs.

Elle supprima également le d muet qu'elle avait conservé jusque-là, dans avocat (advocat), aventure (adventure), etc.; mais elle n'osa point aller jusqu'au changement de oi en ai ou en è qu'on lui demandait, et jusqu'en 1835, elle écrivit :

Je connoissois, il éloil, il marchoit» il donnoit (voir Tribune scolaire, janvier 89^).

Enfin, dans sa sixième édition (183S), l'Académie accepta l'orthographe dite voltairienne :

Je connaissais, il était, il marchait, etc.

Malgré ces utiles réformes, notre orthographe contient plus d'un reste de la manie érudite du XVP siècle. Le moyen âge écrivait :

Âutro (alterum, alter), paume (palmam), pous (pulsuro, pulsus).

Le XVP siècle : aullre^ paulme, pouls. Nous avons repris autre, paume en gardant poute.

Le moyen âge écrivait :

Oser (ausare, de audere), oreille (auricula). povre (pauper), toreau Ctaurellitm; taurus), acheter (accaptare), batiser (baptizare), déroute (derupta) escrit (scriptum), promt (promptum), etc.

Le XVI* écrivit :

Auser, aureille, pauvre, taureau, achapter, baptiser, déroupte, escript, etc , etc.

L'orthographe moderne a repris oser, mais non povre; oreille, mais non toreau; acheter, mais non batiser. Dans les mots scientifiques nous avons gardé Vau latin :

Audace, auriculaire, aurifère, auditeur (ouïr).

Les lettres doubles qui infestent encore noire vocabulaire, sont rhéritage du XVI® siècle. Nous écrivons arbi-

trairement, sans aucune raison d'étymologie ou de pronociation :

Aba-t-is.aba-tt-oir; cha-rreliep, char-iot; cm-r-eur, courr-ier ; timon-ier, cano-nn-ier; félo-n-ie, baro-nn ie; patro-n-al, patro-nn-en, patronn-esse; a g-randir, a-gg-raver; a-planip, a-pp-auvpir;j'achète, je jette; il gèle; il appelle; appe-l-er, Interpe-Il-er ; sou-ff-ler, boupsou-fler; si-ff-lep, pePsi-Mep; imbéci-1-e, imbéci-11-ité ; penser, panser; astpeindre^ etc , conlraindpe; venger, revanche; appl-AU-dip, expl-o-sion; diffé-rent, odori-fépant, s-angle, c-inglep quelqu'un (de coups), etc., etc.

Le moyen âge écrivait nacion, porcion, etc. Au lieu de garder cette orthographe qui permettait de garder au t un son unique, on rétablit dans tous ces mots le t latin. De là les inconséquences de notre prononciation.

Les éditions, nous éditions ; les portions, nous poptions; les inspections ^ nous inspections ; etc.

L'orthographe étymologique est aussi parfois arbitraire. Ainsi pesum (pour pensum; pendere, peser) avait donné pois devenu poids, parce que Ton s'imaginait que le mot venait de pondtis.

De même on écrivait sçavoir que l'on faisait venir de scire, tandis qu'il vient de sapere, pour sapère; nous sommes revenus ici à la vraie étymologie, mais on trouve encore insçM à côté de insu.

Dans la vieille langue, x étant, à la fin des mots, un caractère qui représentait lis, on écrivait indistinctement : cheva-tts ou cheva-a;. En reprenant Vu tout en conservant Vx, notre mot équivaut à : chevauus de l'ancienne langue, et lorsque le XVI« siècle, renchérissant encore là-dessus, écrivait des chevaulx, le mot équivalait à : cA^auMtt* (trois u qui se suivent).

L'ancienne langue écrivait : heureu-s, etc., d'où le féminin régulier : heureu5-e; deus (deux), ceus (ceux), je peu-s, je veu-s, comme je meu-5, pourquoi ne reprendrions-nous pas ici l'orthographe de nos pères bien plus logique que la nôtre? Rien ne se fera si nos écrivains ne sont pas secondés par des éditeurs plus éclairés que ceux que nous avons aujourd'hui.

Commentaires de la circulaire ministérielle.

Qu'est-ce que le mot même? quand est-il adjectif, quand

est-il ADVERBE?

Le mot même, comme adjectif, vient d'un pronom personnel latin metipse, pour ij)semety exprimant Videntitë de la personne ou de la chose dont on parle. C'est donc, au fond, une sorte d'adjectif indicatif que l'on joint à un substantif ou à un pronom pour en exprimer Videntité avec plus de force. Le mot vient même, en réalité, d'une forme superlative latine que les auteurs comiques employaient, comme le faisaient aussi les Grecs, avec le sens de : tout à fait moi^ tout à fait lui, tout à fait nous, etc.

Qui a fait cela? C'est moi. — Qui a fait cela? Moi-même (qui répond, pour ainsi dire, à : moi, tout à fait moi^ c'est bien moi, tel que vous me voyez, qui ai fait cela).

Comme adverbe, le mot même a pris la signification de aussi, et il n'y a pas de difficultés, comme le dit la dernière circulaire ministérielle en France, que l'on n'ait élevées autour de ce mot pour savoir quand il est adjectif on adverbe.

Quelques-uns de nos grammairiens contemporains

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