Glanures levisiennes
Il y a une quarantaine d'années, M. Louis Préchette, originaire de Lévis et qui, par conséquent aurait dû connaître mieux, écrivait que la ville de Lévis avait emprunté son nom d^un marchand juif du nom de Lévy.
Dès les premières années de la colonie française, toute la côte srud en face de Québec prit le nom de Lévi, Lévy ou Lévis.
C'est Champlain, croyons-nous, qui baptisa ainsi la rive sud du Saint-Laurent, en face de la capitale.
Racontant Tarrivée des frères Kertli devant Québec, Ohamplain écrit :
"Lorsque ces nouvelles vinrent, j'étais seul au fort, une partie de mes compagnons étaient allés à la pêche, les autres cherchaient des racines, mon serviteur y était aussi : sur les dix heures du matin une partie se rendit au fort et à Tihabitation.
"Mon serviteur, iirriYani avee quatre petits sacs de racines, me dit avoir vu les dits vaisseaux anglais à une lieue de notre habitation, derrière le "cap de Lévy."
Le cap de Lévy doit être cette longue pointe située non loin de l'église de Saint- Joseph de Lévis et sur laquelle feu M. le euré Fafard fit élever une statue il y a un certain nombre d'années.
En l'honneur de qui le fondateur de Québes baptisa-t-il ce eap du nom de Lévis ?
En 1629, Henry de Lévy, duc de Ventadour, était, depuis quatre ans, vice-roi de la Nouvelle-France.
Henry de Lévy avait nommé Champlain son lieutenant en toute la Nouvelle-France. C^est par reconnaissance pour son bienfaiteur que Champlain donna à la rive droite du Saint- Laurent le nom de cap de Lévy.
Avec les années le nom de cap de Lévy se changea en eelui de Pointe Lévy ou Pointe de Lévy.
En 1648, le Journal des Jésuites parle déjà de la Pointe de Lévy.
Henry de Lévy, due de Ventadour, était un gentilhomme d'une très grande piété. C'est pour aider la religion ^u'il acheta du duc de
MontiBOPeuej, «o» oncle, les mtéréts qu« celnici avait dans la Compagnie de la NouTelle- France.
C'e«t M. de Lévy qui donna aux Jésuites la seigneurie de Notre-Dame des Anges. Il envoya à ses frais six Pères Jésuites pour évangéliser les Sauvages de la Nouvelle-France.
Quelques années après sa nomination à la charge de vice-roi de la Nouvelle-France, M. de Lévy renonçait au monde pour se faire prêtre. Sa femme entra dans un couvent et mourut en odeur de sainteté.
Lorsque la ville de Lévis reçut son incorporation en 1861, on venait d'élever à Québec le Monument des Braves. Le nom du héros de Sainte-Foy était dans toutes les bouches. C'est ce qui engagea les fondateurs de la nouvelle ville à lui donner son nom.
En résumé, Saint-Joseph de Lévis ou de la Pointe-Lévy a emprunté son nom de Henry de Lévy, duc de Ventadour, vice-roi de la Nouvelle-France, et la ville de Lévis du chevalier de Lévis, le héros de Sainte-Foy.
Le choix de ce nom ne se fit pas sans heurt. Les Anglais avaient une certaine influence à Lévis et surtout à la législature et il leur répugnait de voir la nouvelle ville qui prenait
sa place au soleil commémorer le souvenir du général de Lévis qui avait infligé une si rude défaite au général Murray sur les plaines de Sainte-Foy. Us proposèrent tour4-tour les noms de Lauzon et de Québec-sud, mais les Canadiens tinrent bon et le nom de Lévis prévalut.