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lantée dans l'église paroissiale, Mgr Tur- !on, archevêque de Québec, bénissait le nouil établissemeut.
Les paroissiens de Notre-Dame de Lévis aient construit deux ans auparavant leur agnifique église. Le curé Déziel avait égaleent fait appel à leur générosité pour la consuction du Collège.
On comprend que, dans ces circonstances, le iré Déziel était un peu obligé de s'adresser à étranger pour obtenir des ressources pour i aider à maintenir la fondation qui lui telit tant au coeur.
Quelques semaines après la bénédiction du allège, il fit signer la requête suivante par ses iroissiens et l'adressa lui-même au lieutemt-général Rowan, administrateur du goujrnement du Canada : '
''A iSon Excellence le lieutenant-général ''illiam Rowan, etc., administrateur du gouîrnement du Canada, commandant des Forîs, etc., etc.
"La requête des soussignés habitants de la iroisse de Notre-Dame de la Victoire, dans le )mté de Dorch ester
** Expose humblement à Votre Excellence '*Que, depuis longtemps, ils ont senti la né-
eessité de donner à la jeunesse canadienne une éducation appropriée aux besoins du pays, et intermédiaire entre l'instruction primaire et l'instruction classique, éducation qui a entièrement manqué jusqu'ici particulièrement dans cette partie du Canada :
''Que, pour parvenir à ce but, ils ont construit, à grands frais, un édifice réunissant toutes les conditions requises pour un établisse-; ment de ce genre. Cet édifice a 113 pieds de longueur sur Ife de largeur ; il a 3 étages pleins, un rez-de-chaussée et des mansardes. Plus de 350 élèves tant pensionnaires qu'externes peuvent y recevoir l'éducation. Cet édifice a déjà coûté au-delà de 3000 louis et il n'est pas encore entièrement fini.
*'iQuc pour terminer cette maison, ses dépendances, et améliorer un terrain de six arpents en superficie, sur lequel est bâtie la dite maison, et qui est très propre à être approprié pour l'horticulture, il faudrait encore une somme de plus de 300 louis.
"Que cette maison, quoique non achevée, 'a été ouverte aux élèves le 15 septembre dernier (1858) et confiée aux Frères des Ecoles ^ Chrétiennes, qui depuis ce temps le dirigent avec succès, et font suivre leurs cours à plus de
30 élèves^ dont plus de 80 sont pensicmiBaires b viennent la plupart de la ville de Québec et es campagnes des environs, et vos pétitionnaiîs sont heureux de pouvoir dire que cet éta- Lissement promet un avenir satisfaisant.
"Que le temps consacré au cours entier des :udes est cinq ans et qu'il pourrait n'être que e 3 à 4 ans pour ceux qui ont déjà quelques jnnaissances élémentaires.
"Que, outre les matières d'enseignement qui )rment le cours élémentaire, dans les deux ingues anglaise et française, il y a un cours ipérieur où sont enseignés les mathémati- Lies, la tenue des livres, l'agriculture raisonne, la chimie agricole, la botanique, les noons générales dans les divers genres d'indus- *ie, l'exercicC) de la composition dans les deux mgues française et anglaise, le dessin linéaiî, rhistoire générale, les parties les plus suelles de l'histoire naturelle, des notions ra tiques sur l'astronomie de même que sur la avigation et l'arpentage.
"Qu'un directeur distingué et de beaucoup 'expérience dans ce genre d'instruction est à L tête de cet établissement, aidé de 7 coopéraîurs propres, chacun dans sa sphère, à remlir les vues que l'on s'est proposées.
*'Que ïa îan^e anglaise étant devenue plus que jamais une nécessité dans notre état social, surtout dans la vie pratique, a, dans le collège de Notre-Dame de la: Victoire, une part égale à la langue maternelle. Des professeurs, particulièrement propres à cette fin, y sont employés constamment et attentivement.
"Que le grand nombre d'élèves qui fréquentent déjà cette institution naissante prouve que le public comprend l'avantage du genre d'éducation qui y est donnée.
"Que malgré leurs sacrifices et leurs efforts, vos pétitionnaires ne peuvent que très imparfaitement réaliser leurs projets sans une aide libérale, qui les mette en état de pourvoir aux besoins de cette maison, qui, privée du mobilier nécessaire au personnel et dépourvue des choses les plus indispensables à l'enseignement, aura longtemps à souffrir et à lutter contre les divers besoins qui pèsent sur elle, surtout dans une année où tout est à un prix si élevé.
Qu'aussi le nouvel établissement abandonné à ses propres ressources ne fera que végéter et ne pourra pas atteindre pleinement le but que l'on s'est proposé.
**Que, quel qu'importante et utile que soit
l'instruction classique, néanmoins l'on peut lire que l'instruction industrielle', agricole et îommerciale est au moins d'une aussi grande nécessité pour la prospérité de notre pays et qu'elle mérite un égal encouragement.
"Que vos pétitionnaires, reconnaissant la Qécessité d'une Ecole Normale dans ce district, aont prêts à en établir une dans leur collège, si Votre Excellence le trouve convenable et veut leur venir en aide. On ne pourrait pas trouver dans ce district de place plus centrale et de lieu mieux approprié. Les instituteurs tout en s 'instruisant pourraient aussi se former à la pratique en assistant les Frères (des Ecoles Chrétiennes) dans leurs classes et aussi plusieurs des jeunes gens, ayant terminé leurs îours d'études, pourraient passer à l'Ecole Normale et en peu de temps se former et devenir d'excellents instituteurs.
''Que l'enseignement de l'agriculture, étant une des branches d'instruction dans leur collège, ils seraient prêts à tenir une ferme modèle aussitôt qu'ils auront une terre convenabla et une assistance libérale. Il ne peut 5^ avoir de place plus convenable pour une telle ferme. 11 serait facile à tous les cultivateurs qui fréquentent la ville {Vy venir, et elle serait d'un
très grand avantage pour les élèves qui n'apprendraient pas l'agriculture en théorie seulement mais encore en pratique — ce qui vaudrait beaucoup mieux.
'* C'est pourquoi vos pétitionnaires prient Votre Excellence de vouloir bien prendre leur exposé en bienveillante considération et ordonner ce que dans sa sagesse elle trouvera convenable.
''Et par inclination comme par devoir ils ne cesseront de prier."
Nous ignorons quelle réponse fut faite par le lieutenant-général Ro'wan k la requête de M. le curé Déziel et des paroissiens de Tiévis.
Cette requête nous donne l'origine des démarches faites pour établir une Ecole Normale à Lévis.
Quelques années plus tard, il en fut de nouveau question.
Dans son opuscule, *'Mgr Déziel, sa vie, ses oeuvres", M. J.-Edmond Roy cite deux lettres, l'une du Frère Heraiénégilde, premier directeur du Collège, et l'autre de Sir Narcisse Belleau, où il est question de transférer TEcole Normale à Lévis.
Le 23 mai 1859, le Frère Herménégilde écri-
rait à rhonorabk M. P. J. 0. Chauveau, alors rurintendant de réducation :
'M'apprends que vous ehereliez un local )our transférer TEcoIe Normale Laval. J'ai )ensé vous faire plaisir en vous indiquant le lollège de la Pointe-Lévy comme pouvant 'ous convenir et vous être cédé immédiateûent, attendu que les établissements de ce jenrc n'entrent guère dans nos vues et que lous serions heureux de profiter d'une paeille occasion pour en sortir. L'emplacement ►ffre les moyens d'y exercer les élèves à l'horicultur-e, à la gymnastique, etc., et possède )ien d'auti^es avantages que je n'énumère )as. Je ferai-tous mes efforts auprès de M. Déliel et des autres' syndics pour les amener à '^ous le céder, si jamais il mérite votre choix."
Curieuse coïncidence, le lendemain même, 24 nai, Sir Narcisse Belleau écrivait au Frère ïerménégilde :
''Plus je réfléchis, plus je trouve que l'Ecoe Normale devrait être au lieu dont nous parions ensemble, l'autre jour, mais comme vos lies n\avaient pas l'autorité des s\iadii's de a bâtisse en question, me feriez-vous la faveur l'en parler à ces messieurs et de connaître l'eux s'ils sont disposés à recevoir l'Ecole
Normale et ce qu'ils espèrent recevoir annuellement pour prix de location. J'aimerais aussi' connaître la grandeur de la bâtisse et ses dépendances, sa distance de l'église et combien d'élèves elle pourrait loger convenablement. Enfin, si l'Ecole Normale peut espérer un nombre suffisant d'enfants qui fréquenteraient l'école que vous laisseriez à ses Soins. " Ce projet n'eut pas de suites.