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UNE FEMME ENERGIQUE

Le 24 décembre 1853, dans l'après-midi,] comme un canot parti de Québec arrivait aux '^battures" de Lévis, un banc de glace qui descendait avec la marée l'entraîna avant que tous les passagers eussent pu sauter sur les "battures."

Malgré les efforts faits pour le tirer à terre par ceux qui avaient gagné le rivage, le canot fut entraîné rapidement par les glaces avec deux hommes et une femme.

La force du courant, augmentée par le vent qui soufflait avec rage de l'ouest, était telle, que les canotiers de Lévis pourtant bien braves et expérimentés, n'osèrent pas se risquer au secours des naufragés. Ceux-ci n'avaient donc d'autre alternative ou bien de périr de froid ou de se noyer.

Le canot fut ainsi entraîné jusque vis-à-vis St-Thomas de Montmagny, soit à une distance de trente-cinq milles de Lévis. La marée montante le ramena à Berthier. C'est là que

les naufragés fuirent aperçus le dimauclie midi par les habitants qui revenaient de la messe et tirés de leur dangereuse position.

Ils avaient été pendant plus de Vingt-quatre heures exposés à un froid intense.

Les deux canotiers avouèrent à leur retour à Lé vis, qu'ils ne- devaient leur salut qu'à leur compagne. Bien des fois, pendant ees vingt-quatre heures, ils s'étaient couchés dans le fond du canot, attendant la mort. Et chaque fois la courageuse femme, par ses exhortations, les avait encouragés à se relever et à travailler afin de ne pas se geler les membres.

Cette femme du nom de Bégin était veuve et mère d'une jeune famille.

Les citoyens de Lévis, touchés par l'énergie déployée par cette femme, organisèrent une souscription publique en sa faveur. Et,' le 10 février 1854, on lui présentait une bourse bien remplie qu'elle ret,*ut avec modestie et reconnaissance car elle en avait réellement besoin.

lu

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