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LA FONDERIE SAINT-LAURENT

Ceux qui aujourd'hui passent sur la voie de rintercolonial, un peu en arrière de la résidence de M. Bonaventure Vézina, forgeron, rue Saint-Laurent, se doutent-ils qu'il a existé en cet endroit pendant iplus de trente ans, une fonderie très prospère, qui donna le pain de chaque jour à plusieurs douzaines d'ouvriers ?

Nous comptons encore plusieurs ouvriers parmi nous qui ont travaillé à l'ancienne fonderie Saint-Laurent.

Nous avons justement sous la njain une brochure publiée en 1873 qui nous donne des renseignements intéressants sur cette fonderie disparue.

**M. Saint-Laurent, y lisons-nous, a fondé en 1858 'l'établissement qu'il a toujours exploité depuis. Cette fonderie est située sur la rue Saint-Laurent, dans le quartier du même nom, au No 2. Elle Fe compose d'une >bAHs'se eu bois de 100 pieds de. longueur sur 24 de profondeur, dont la moitié à deux étages, renfermant les forges et la fonderie, et d'une autre longueur sur 24 de profondeur, à trois étages, où

Ton prépare les patrons et les pièces en bois. Ces ateliers fournissent de l'ouvrage à une vingtaine d'hommes gagnant $9,360 par an. C'es:t là que se sont formés presique tous les ouvriers qui sont à la tête, 'des établiisseuients du même genre à Lévis.

''On confectionne^ dans eet établissement, tous les ouvrages en fer et en fonte, pièces de ijiécaniques pour les moulins, engins, instruments aratoires, poêles, ustensiles de cuisine, etc., etc., avec une perfection admise par tous les connaisseurs. M. Saint-Laurent fabrique aussi tous les articles en cuivre et en alliage avec un succès qui lui a valu une réputation bien méritée. Il est propriétaire du brevet d'invention de la fameuse turbine Rose-Wood, du brevet pour les scies à faisceau de Mulay.

"Ces scies, qui ne sont pas enchâssées, et requièrent en conséquence une force motrice bien moins considérable, sont employée^ dans toutes les grandes scieries des Etats-Unis et du Canada. Elles fonctionnent admirablement et donnent la plus grande satisfaction à ceux qui les -emploient.

''On parle aussi très avantageusement d'un •'smoth miir fabriqué par M Saint-Laurent, ainsi que de ses charrueS; qui ont obtenu des

prix à plusieurs expositions et sont fort recherchées par nos cultivateurs. Elles sont légères, solides et font un excellent guéret.

Enfin, l'écrivain anonyme terminait sa note sur rindustrie de M. Saint-Laurent par les compliments suivants :

''Tout ce qui sort des ateliers de M. Saint- Laurent porte le cachet de la perfection. L'ouvrage est fait avec une élégance et une solidité qui 'ne sauraient être surpassées par les fabricants anglais et américains. Nous avons vu des outils^M. Saint-La]irent confectionne lui-même tous ses outils qui sont de véritables chefs-d'oeuvre de travail et d ^invention. Quand on l'a visité, on s'explique facilement la réputation si bien méritée dont jouit ce bel établissement» dont le proj)riétaire est un des fondateurs et des bienfaiteurs de l'industrie à.Lévls.''

Hélas ! la fonderie de M. Saint-Laurent comme celle de MM. Carrier, Laine & Clé, qui donnait tant d'espoir pour l'avenir de Lévis, n'existe plus que dans le souvenir reconnaissant des ouvriers qui y firent leur apprentissage et y travaillèrent. Le feu 'et la crise commerciale qui passèrent sur tout le district de Québec il y a déjà une quarantaine d'années

ruinèrent l 'industrie que M. Saint-Laurent avait établi au prix de tant de sacrifices.

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