UN PROGRAMME ELECTORAL
En 1661, avaient lieu les élections générales pour l'Assemblée Législative du Bas-Canada. Dans le comté de Lévis les deux candidats' en présence furent l'honorable M. François Lemieux, qui était député de Lévis depuis 1854 et le^ docteur Joseph-Goderic Blanchet. L'honorable M, Lemieux venait justement de se séparer du parti national et se présentait comme adversaire du gouvernement Cartier-Macdonald. Et, coïncidence curieuse, le docteur Blanchet qui, jusque-là avait appartenu au parti démocrate ou rouge, se ralliait franchement et sans restriction au ''grand parti bascanadien, représenté par le présent ministè-
re."
Nous retrouvons dans un journal du temps le manifeste que le docteur Blanchet adressait ''aux libres et indépendants électeurs du comté de Lévis."
On voit que la formule n'est pas d'hier !
"Ce n'est pas la première fois que je brigue vos suffrages, «et vous n'avez pas non plus oublié les circonstances dans lesquelles je vous
invitais à me confier votre mandat. J'étais pins
jeune alors que je le suis aujourd'hui. Depuis j'ai pu réfléchir sérieusement sur la situation et les obligations du eitoyen, et, en face de graves périls publics, j'ai eompris que toute division, toute rancune et toute bannière de section devaient faire place à l'union entre tous les hommes, à quelque parti qu'ils aient appartenu, qui ont du coeur et qui aiment sincèrement leur pays.
''Je veux, pour ne plus m'en séparer appartenir désormais au grand parti du Bas-Canada représenté par le ministère actuel. La franchise de cette solennelle déclaration — pénible jusqu'à un certain point à 1 'amour-,propre, puisqu'elle est une admission que j'ai pu me tromper autrefois sur la ehoseï publique — vous est une garantie pour l'avenir.
^'Le ehangement, du reste, qui vient de s'opérer dans l'administration devrait être un motif suffisant de me. déterminer à marcher dans le chemin que je viens d'indiquer, si le motif que je signalais il y a un instant ne devait pas peser d'un poids suffisant dans la conscience et dans le eoeur de celui qui aspire aux honneurs de la vie publique et à celui d'un mandat de député.
** J'invite donc mes anciens amis et tous ceux qui sentent eomme moi les dangers de la situation, à me donner leurs suffrages ipour faire réussir avec moi la cause du Bas-Oanada, car comme l'a dit un de nos hommes publics : "Dans l'union la force et dans la force la victoire."
J'ai l'honneur d'être,
Messieurs, Votre très humble serviteur,