ACTE CINQUIÈME
MAftIE
...qui veille, l'air contrit, Les jeunes gens. Son mari soigne, elle guérit I
MADAME ANDRAL
Toutes enfin ! disaient que l'indulgence est lasse, Qu'il doit, pour vous garder l'estime et votre place, Partir... A moins qu'un mariage... Vous riez!
EMMA
avec une gravité souriante
Depuis plus de sept ans, nous sommes mariés.
MADAME ANDRAL ébahie
Comment?
EMMA après un silence
Par une lettre.
Souriant encore :
Oui.
Très amicalement :
Petite âme veuve Vous éles bonne, âans rancune de l'épreuve ^
Et j*aime votre deuil gardé fidèlement,
Doux comme une habitude, et fier comme un serment.
Vous saurez.
Elle sort, après un signe d'attendre; elle revient presqu» aussitôt; elle a une lettre à la main.
C'est un jour de tiédeur bleue, immense, Jour d'octobre où Ton croit qu'un printemps recommence. Qu'elle arriva. Les pleurs de la pluie étaient doux.
Elle tend la lettre à Mme Andral,
Lisez.
Mme Andral a presque peur de cette lettre, d'une lettre d'amour.
MADAME ANDRAL
J'y vois fort mal, je ne puis, lisez, vous.
lisant
« Emma, je ne crois pas que je sois très malade, mais je suis sûr que je suis très triste, et que je n'en peux plus. Je tends les bras vers vous! Je regrette d'avoir écrit celle phrase. Je ne voudrais plus rien écrire, surtout à vous, qu'on peut mettre dans un poème. Je voudrais, si c'était possible, vous écrire comme quelqu'un qui ne sait pas lire. J'ai le remords des mots. Mon père n'est plus; bien des choses ont dû changer dans la petite ville; sans m'être informé, je suis sûr que vous êtes là, pareille, toujours. Eh bien, je vais revenir. Mais non, je ne voudrais pas revenir. Je voudrais que ce fût comme si je n'étais jamais parti, comme si nous nous étions mariés, après l'augmentation de vos appointements et mon emploi à la mairie. Je voudrais que tout le creux du temps fût comblé par des souvenirs à noua, à nous seuls, que nous imagi-