ACTE DEUXIÈME
En effet, M. de Girardin vient d'entrer, précédé de ses deux secrétaires. Le premier a dans les mains les épreuves du journal La Liberté, le second, des feuilles manuscrites. M. de Girardin, en froc couleur de la Redingote Grise, la mèche au front, pareil à Napoléon I"', la main droite dans le vêtement, l'autre en arrière, s'arrête au haut de l'escalier, sous le portrait de l'Empereur.
MONSIEUR DE GIRARDIN
aux secrétaires
Que le journal paraisse Jans deux heures. Avant le Conseil. Le temps presse. Jn exemplaire, sur velin, pour l'Empereur. Quatre à l'agence Havas. Je n'admets pas d'erreur, dise en vente : Cent mille. Et que le reste parte ^ar les express du soir. J'ai tout dit.
Le premier secrétaire sort très rapidement.
MADAME D ELFE
entre les dents, en regardant le portrait de Napoléon
Bonaparte Priait la mèche à gauche, un peu plus de côté.
Mais M. de Girardin s'est avancé vers elle avec une vive courtoisie; et, infiniment respectueux, il lui parle, non sans une vraie chaleur de gratitude.
MONSIEUR DE GIRARDIN
DUS avez devant vous un homme transporté, rinçasse! des faveurs de cette main charmante.
74 GLATlGiNY
II lui baise la main, il se relève avec une grâce fière.
Non qu'une ambition fougueuse me tourmente. J'attends, calme. Hier soir, j'ai — j'annotais Leibnitz, - Dormi sur l'encrier.
MADAME d'elfe
L'encrier d'Austerlitz,
M >JSIEUR DE GIRARDIN
après un sourire qui accepte
Puis, sans nul intérêt personnel qui mendie, Je sais quel lustre ajoute à ma palinodie, €hez le Maître, à la Chambre et dans la Nation, Un passé d'esprit libre et d'opposition. J'offre à l'Empire^ comme un décisif symptôme, L'intégrité, l'honneur...
MADAME d'elfe
Et le Vaisseau Fantôme»
— Votre article?
MONSIEUR DE GIRARDIN
11 plaira. Tous les termes pesés Avec art, — selon ma conscience.
Le Ijrouillon.
Au deuxième secrétaire
Lisez
Hein?