‹ Glatigny; drame funambulesque en vers, mêlé de chansons et de dancesChapitre 87 sur 138 · ACTE TROISIÈME U · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME U

Méchant ? non, misérable, ulcéré, déchiré;

Et son pire tourment, c'est d'avoir espéré.

Le front plein de splendeur, les tempes obsédées,

Comme un phare, d'un vol d'images et d'idées,

On conçoit mal dans la fervente illusion

Le désastre du vide et de l'extinction,

L'affre de voir — plus rien, ni trouvaille, ni style, —

Le papier rester blanc sous la plume inutile.

Le plus parfait des saints serait-il excellent

Le jour de ce constat : je n'ai pas de talent?

Avec une gravite plus forte :

Puis la gloire n'est pas immanquablement juste. Tel rampe au loin, très bas, qui valut d'être auguste Et blasphème à bon droit d'un râle d'exilé L'archange inique au seuil du paradis volé !

Glatigny fait, vers le côté où était Morvieux, un niouvcmcaft de dégoût. Le jeune homme continue :

Pourlant, oui. C'est vilain. — Robe d'or des poèmes, Troussez-vous pour passer le ruisseau des bohèmes l

Très camarade, très gai :

Ecoute. C'est bientôt les mois d'avant l'été.

Si doux. Et nous avons de l'argent de côté.

Oh ! c'est rare ! Non pas des sommes surhumaines,

Mais de quoi vivre, à cinq...

La main à l'épaule de Glatigny :

à six!... quelques semaines.

Sans refuser à qui sera rose dessous Un chapeau rose, et des « bijoux de vingt-neuf eous ». Or, à Yalvin, devant la route dépavée.

Une auberge — c'est Malarmé qui l'a trouvée —

(.LATIGNY

Plus près (lu Bas-Samois (|ue de Fontainebleau,

Est toute seule, en brique rose, au bord de l'eau.

C'est là que l'on ira travailler rude et ferme;

L'œuvre neuve éclora dans la forêt qui germe.

Puis, les beaux soirs de lune, au long des peupliers,

La lente rêverie errante, quand Villié'rs

Parle et confronte aux cieux sa vision bagarde...

Tant qu'enfin Berlbe ou Jeanne, à l'amoureux qui tarde,

Blanche entre les volets, et le bras dévêtu

Qui fait signe, murmure en se penchant : Viens-tu ?

Avec une franche rudesse :

Glatigny! rejoins-nous, loin des bocks et des jeûnes !

Chers cœui-s bons !

(liii lui prend les mains

LE JEUNE HOMME

dans un éclat de rire

Convenu?

Ce n'est pas qu'on soit bons, — l'on estjeunj

serre la inain de Glatigny :

En s'en allant, il voit le violon de Cigilon. il dit vers Glatij^ny :

Ce serait très doux, dans le vallon Nocturne, le soupir frêle d'un violon...

H sort. Glalijny rêve, en regardant le violon. U n'y a j 1 dans la brasserie que Salangane, les garçons, la d.m. du comptoir. M. Courbet a descendu l'escalier, est sorti par le fond, avec le rapin.

,L)ui, peut-être.

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