ACTE QUATRIÈME
DECOR
La scène, — entre les coulisses — de l'Alhambra. — Devant la scène vue de face, très légèrement surélevée, il y a dans un enfoncement, un piano, avec, à droite, à gauche, des chaises pour les musiciens : le petit orchestre est enveloppé d'une barrière qui s'arrondit pour rejoindre, obliquement, les deux colonnes ajourées d'arabesques qui encadrent la scène du Café-Concert. — Au lever du rideau, la loile est baissée : elle est peinte d'un café turc, fumeurs d'opium et aimées; elle est surmontée d'un fronton de style baroquement hispano-arabe, où, dans un très large médaillon, on voit en couleurs criardes brûler un bœuf entier, à la grande admiration d'une foule qui lève les bras au ciel.
A gauche de la petite scène (c'est-à-dire au lever du rideau, à gauche de la toile), une loge sommairement installée là, faute de place ailleurs, faite de portants et de toiles, — où s'habillent, en toilettes do soirée, les personnes qui figureront sur la scène du Café-Concort, puis, en faunes et en nymphes pour le ballet de Métra, les danseuses du corps de ballet. — Tout à fait en avant, en ligne droite, comme touchant le mur supprimé, des toilettes de fer peinturluré de fleurs, avec lavabos, tiroirs, tablettes et glaces rondes, petites, très basses. A la première toilette de gauche, dans le coin, — à la même toilette — se maquillent, Rosa Lherbier et Nini Perlés; Zoé Loviou, puis Sauterelle, face au public, bien en vue, devant les deux autres toilettes. — Un peu en arrière, à gauche, une tenti>re que l'on soulève pour entrer et sortir, et la « table à danser » assez haute devant une grande glace. — Au fond, — très proche — un rideau vert tiré, qui cache les intimités des habillages.
A droite de la toile, la coulisse même est visible. Tout à l'heure une habilleu'se, aidée d'un machiniste, y installera deux paravents, avec des porte-manteaux, une table à froufrous de mousseline doublée de rose, — pour les « changements » de Lizane.
(Jl.ATIGNY
PIlRSONNAGES
0LAT1G>Y. — CANICHE. - OLIVIER METRA. — TASSIN. - NEUAL 1 — GREDELU. — LIZANE. — CIGALON. — FILLE DE L'AIR. — FRI- SETTE. — SAUTERELLE. — ZOÉ LOVIOU. — ROSA LUERBIER. — NINl PERLÉS. - IlORTENSE CLAMPON. — Deux habilleuses. — lu tout petit clown.
Des musiciens. — Deux petits nègres en livrée d'heiduque. — I' machinistes. — Danseuses. — Faunes et nymphes. — Les dam très décolletées, en soies éclatantes, qui seront assises en demi-cerc sur la scène du Concert. — L'ours blanc et le dompteur.
Dès les trois coups frappés, on entend, avant même que le rideau se lève, 1'* chestre de l'Alhambra. On répète, — un raccord, peu avant le spectacle, un morceau du ballet d'Olivier Métra : Lts Faunes. — L'acte commencé, de toi eu temps, tandis que parlent les danseuses en s'habillant, Olivier Métra, qui dirige l'orchestre au piano, lape d'une baguette, corrige au crayon une faute sur le papier à musique que lui tend un des musiciens; puis l'orchestre reprend sous le jacassement des dames que les musiciens ne voient pas.
SAUTERELLE
sortant de derrière le rideau vert, furetanl çà et là, — à Zoé Loviou
C'est toi qui m'as chipé mon rouge ? c'est malin.
Elle s'assied à côté de Zoé Loviou.