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CHAPITRE I

Faits cliniques traduisant les lésions vasculaires générales et les lésions rénales concomitantes chez les glaucomateux

À côté de notre statistique personnelle, les faits cliniques traduisant les lésions artérielles générales ainsi que les lésions rénales associées, sont extrêmement nombreux. Les deux sortes d'examen sont tout à fait connexes et, dans toutes les observations complètes, les symptômes artériels et rénaux marchent de pair.

Dans les observations de Joseph, sur une statistique de 18 cas, nous trouvons déjà, au point de vue artériel, des lésions importantes. Trois fois seulement, le malade était indemne de lésions artérielles périphériques et centrales. Tous ces malades présentaient des signes décrits sous le nom de « signe du brigthisme », et on sait que beaucoup ne sont pas imputables à une artériosclérose, mais plutôt à un état d’urémie débutant, d’autres sont créés par une hypertension artérielle. Ils sont divers et fugaces. Les malades renseignent mal l’observateur sur leur

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apparition. C’est pour cela que les signes objectifs observés par Joseph ont une autre valeur. Dans 4 cas, il a noté de la tachycardie constante, 11 cas d’hypertension manifeste et des modifications nombreuses du tracé sphigmographique, chez d’assez nombreux malades. Au point de vue rénal, sans avoir les renseignements précis tirés de l’étude de l’azote sanguin et de la constante d’Ambard, l’examen des cas de Joseph est cependant instructif. La quantité des urines, dans 16 cas, a montré seulement dans 3 cas un volume normal dans les 24 heures. Dans un certain nombre de cas, en même temps, les urines étaient moins denses que normalement.

Il a recherché, au moyen du bleu, la perméabilité rénale. Elle s’est trouvée altérée dans la plupart des cas, et d’une manière considérable. Sur les 10 cas examinés par cet auteur, il n’y en a qu’un seul où il a noté seulement une légère prolongation dans la durée de l’élimination du colorant. Tous les autres ont présenté des perturbations graves, durée excessivement prolongée, marche polycyclique intermittente. La recherche de la cyoscopie urinaire a donné des résultats concordants. Ces troubles n’ont rien d'étonnant, car on sait la fréquence et l’importance des troubles de la dépuration urinaire chez les artérioscléreux.

La même dégénérescence qui frappe les tuniques artérielles atteint, dans un très grand nombre de cas, le tissu même du rein, et constitue la néphrite chronique interstitielle. C’est tour à tour à l’état toxémique qu’elle provoque, et aux troubles de circulation qu’on a pu imputer les différents petits

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signes qu’on rencontre si fréquemment chez les glaucomateux artérioscléreux.

Laquièze, à la suite de 19 nouvelles observations, arrive à des résultats un peu analogues. Sur 19 glaucomes examinés personnellement, il arrive à une proportion de 15 cas dans lesquels la tension a été ou forte ou très forte, et il conclut en disant que le glaucome aigu ou chronique, voire même le glaucome secondaire, s'accompagne presque toujours d’une hypertension artérielle manifeste, qui peut être parfois considérable.

La tension artérielle étant un des principaux symptômes de l’artério sclérose, on est amené à conclure que les glaucomes surviennent habituellement chez les artérioscléreux. De plus, dans les cas par lui examinés, les diverses variétés de glaucome présentent à peu près les mêmes proportions de tensions élevées que de tensions faibles. Si cet auteur avait essayé de mettre en évidence les lésions rénales associées, il est probable qu’avec de telles tensions artérielles il aurait décelé un certain nombre d’insuffisances rénales diagnosticables par les urées sanguines ou la constante.

Alexandre, dans sa thèse, après un certain nombre d'examens dans lesquels il a recherché surtout la tension artérielle et la viscosité sanguine, aboutit aux conclusions suivantes :

Sur 16 cas de glaucome inflammatoire, 8 présentent une tension maxima normale ou très voisine de la normale ; 6 sont hypertendus, dont 5 notablement, 1 faiblement ; 2 sont hypotendus légèrement.

Parmi les 8 cas de tension maxima normale, 6 ont aussi une tension minima normale, 2 seulement ont une tension minima élevée.

Sur les 6 hypertendus, 3 ont une tension minima voisine de la normale. Chez les trois autres, au contraire, les tensions minima sont élevées.

Enfin, les 2 hypotendus — âgés de 61 et 73 ans — ont une tension maxima de 15 ; chez le premier, la minima est relativement élevée.

En résumé, sur 16 cas de glaucome inflammatoire, 8 — Ia moitié par conséquent — ont une tension maxima normale, et, parmi les 6 hypertendus, 3 ont un rapport normal entre la maxima et la minima, ce qui indique un équilibre cardio-vasculaire suffisant. Ces observations peuvent être rapprochées de celles de Bajardi et de Balavoine.

En effet, Bajardi présente 18 cas sur 39, chez lesquels la tension est normale, en cas de glaucome aigu.

Balavoine (Thèse Paris de 1911), présente 5 cas sur 7 avec un résultat identique.

Au contraire, Terson et Panas, sur 20 glaucomes inflammatoires, trouvent 15 hypertendus. MM. Joseph et Frenkel, comme nous l’avons fait remarquer antérieurement, notent également une très forte proportion d’hypertendus.

Du reste, dans le glaucome hémorragique, les auteurs sont tous à peu près unanimes à constater l'hypertension. Terson et Campos citent 4 cas de glaucome hémorragique. Tous les quatre sont hyper-

tendus.

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