CE NE
ce dernier chiffre exprimant les troubles de l’activité
épithéliale du tube rénal, l’abaissement de la diurèse k AV |
moléculaire totale ( D } représentant l’insuflisance dé
l’'émonction rénale totale. Ces cas sont un peu particu-
liers et, chez nos scléreux, il est moins étonnant de voir
que les trois autres formules cryoscopiques correspon-
dent aux types d'insuflisance relative où une compen-
sation polyurique, d’ailleurs plus ou moins imparfaite,
s 4 vient abaisser d’une part le rapport( 5 }et surtout remon-
ter‘le taux de la diurèse moléculaire totale.
Si l’on n’aperçoit pas tout d’abord lutilité de ces recherches dans notre sujet, nous voudrions, en quelques lignes, en souligner l'intérêt. On n’ignore pas la fréquence et l’importance des troubles dela dépuration urinaire chez les artérioscléreux, la même dégénérescence qui frappe les tuniques artérielles, atteint dans un très grand nombre de cas le tissu même du rein et constitue la néphrite chronique interstitielle : c’est tour à tour à l’état toxémique qu'elle provoque et aux troubles de vascularisation qu'on a pu imputer les diffé- rents petits signes sur lesquels nous insistions plus haut.
Les lésions du glomérule et du tube urinifère, aussi bien que celles du système circulatoire général, viennent vicier l'émonction urinaire, et ce trouble se reflète d'une manière très appréciable dans le résultat du travail rénal qui est l’urine émise.
Déjà les renseignements sont précieux qu'on peut
cn
tirer. de létude physico-chimique de Turine par la mesure, la densimétrie et l'analyse ; mais l'étude de la perméabilité rénale par lélimination provoquée et La cryoscopie se propose de pénétrer plus avant dans le phénomène de la sécrétion urinaire ; elle ne se contente pas du résultat global, elle veut fouiller les divers temps, analyser les phases et juger des troubles’ dés différents facteurs de la dépuration par la considération des rapports des différents matériaux de l'urine soit entre eux, soit en regard du volume de l'urine. émise et du poids du sujet. SA k Entre les mains de chercheurs pa ces ! méthodes ont fourni des résultats très intéressants : ils ont pu, par l’étude d’un grand nombre de cas normaux et pathologiques, trouver un ordre dans les résultats recueillis et grouper autour d'un petit nombre de formules typiques, répondant à à des types cliniques bien caractérisés, les différentes formules urologiques. On ne Saurait encore, de l’aveu même de propagateurs de
ces méthodes (lesquelles ne sont d’ailleurs pas à l'abri de toute critique), prévoir si elles donneront à la lie nique tous les résultats qu’on espérerait, mais, Si faible que soit l’appoint, qu’en leur état actuel, elles puissent
fournir à notre étude, il nous a semblé intéressant
de les utiliser. | 4
Dès le début de nosrecherches, nous avions été frappé dé’ ce fait que tous nos malades semblaient présentér des altérations rénales. Il s'agissait de Lÿpés cliniques d’artériosclérose assez particuliers, et l'attention
des chercheurs actuels étant fort tournée de ce côté,
nous n'avons pas été étonné. de lire en ces derniers temps une série d'études, tant ophtalmologiques que générales qui étaient bien pour nous confirmer l'utilité de cet ordre de recherches.
Nous .fûmes donc très vite amené à attacher une grande importance à la constante présence des lésions rénales chez nos malades. Nous n'avions en vue tout d'abord, en nous livrant à cette étude urologique, que de déceler des symptômes observés maintes fois chez les scléreux ou l'existence denéphrites interstitielles. Mais la gravité des troubles que nous rencontrions et leur eonstance s'imposa tres vite à notre attention. De plus, la question de limperméabilitérénaleet de ses relations avec les œdèmes, avec Phypertension artérielle est tout à fait à l'ordre du jour: en ophtalmologie même, et plus spécialement au sujet du glaucome, elle à occupé tout récemment et oecupe encore les chercheurs.
Que nous partions de fa notion d'hypertension artérielle ou de celle de lhypertonie oculaire, nous arri+ vions presque sûrement à étudier la perméabilité rénale . chez nos malades dans un but plus précis que ‘celui que nous avions tout d'abord envisagé.
: Dans leur toute récente communication, MM. AuBARD et Beaurarn ont montré quelles étroites relations unis+ sent la tension sanguine et la concentration en chlorure
des humeurs de l'organisme, if Leurs travaux les conduisent à conclure, en faveur de cette théorie, que « des substances vaso-construc- « tives ou excito-cardiaques, imprégnant les ‘tissus où
« charriées par le sang, sont la cause de l'hypertension
«artérielle, soit que les chlorures agissent comme tels, m4 soit que la rétention chlorurée ne soit que le témoin Es «de la rétention de poisons gs voa soupçonnée, « mais non encore démontrée A}»rx.: 15% Fe . Nous constatons chez nos malades, en même temps 2 A que Phypertension artérielle très prononcée, la pré- “KS | sence de grosses altérations de la perméabilité ses x ce qui ne laisse pas d'être déjà fort intéressant. On a souvent considéré que le glaucome était, en fin. Fe de compte, un syndrome produit par un état Rte teux du vitré, quelle qu'en soit d’ailleurs la cause. Peut-être cette vue est-elle un peu simpliste et, sans doute, il y a là plus qu’un phénomène relevant unique- RS ment de troubles mécaniques ou de l’osmose. Du moins Et ce rapprochement a-t-il le mérite, sans préjuger des set : théories pâthogéniques, de donner une idée un peu plus précise des causes prochaines du processus et des accidents glaucomateux, et d’ expliquer une bonne par- | tie des symptômes. .
; M. A. TERsON (2), dans un premier travail, dont nous avons parlé plus haut, et, plus récemment, dans une autre étude « Sur la nature du glaucome aigu, » va plus loin, et, cherchant à retrouver dans la pathologie géné ale, un syndrome comparable à celui du glaucome, il.
- est amené à ces phénomènes si spéciaux, si foudroyants, | qu'on à décrits sous le nom d’ œdemes aigus, et Ex on! a
(1) AmBArp et DREAM Ganses de l'hypertension artérielle. Arch. gen. de méd,, 1#* mars 190%. ' L
(2) A. TERSON. ‘Sur la nature du glaucome Bigu Ann. d'occul., LE t CXXVIT, p. 22 et loc. cit. ati £:
plus particulièrement vus et étudiés au niveau du poumon. M. Terson pousse très loin sa comparaison entre le glaucome et ces manifestations congestives pour lesquelles, « d'après Renaut et Teissier, paraît générale- « ment nécessare cette trilogie pathogénique, la « toxi-infection, les accidents nerveux et les troubles « mécaniques. »
S1 l’on ajoute à cela des prédispositions oculaires, la localisation s'explique, et tous les faits étiologiques établis par la clinique peuvent rentrer dans le nouveau
cadre que cette hypothèse pathogénique leur offre.
Ces prédispositions, nous les trouverons dans la présence d’une réfraction hypermétropique, si fréquemment constatée chez les glaucomateux ou dans lastigmatisme préexistant, où dans telles malférmations oculaires, qui
peuvent être héréditaires ou familiales et qui semblent,
dans ces cas, expliquer la présence de glaucome dans.
certaines familles, dans certaines races, la race sémitique, par exemple, comme e’est un.fait bien connu. On a observé parfois certaines dystrophies cornéennes, des cornées petites, un peu carrées, ou peut-être certains états prédisposants de l'angle irido-kératique, qui comptent très probablement parmi les causes du glaucome, soit par les dispositions anatomiques qu'elles constituent, soit par les troubles et la fatigue qu’elles déterminent au niveau des yeux. Il y a bien là de quoi expliquer la localisation d’un processus dont le point de départ serait dans lPétat général.
De ces comparaisons de l'æœdème. glaucomateux du
vitré avec les œdèmes brightiques età la suite des travaux bien connus de M. AcHarD,-de M. WipaL et de leurs collaborateurs (1), devait naître l'idée d'appliquer
au premier les recherches que ces auteurs firent sur la
pathogénie des ædèmes généraux : ces recherches ont as faites, et non sans résultats.
Dans un travail publié récemment, M. A. Cher rassemble une série d'observations de glaucomateux, chez lesquels il a institué un « essai de traitement par les: substances osmotiques. » PAT LL TT ENT TE NT TN EU NE
Considérant le vitré comme un diverticule de la fente : trnphatinte générale, cet auteur a pensé que la réten- - tion chlorurée jouait un rôle dans la pathogénie du glau-
| come; il a recherché chezsses malades l’état: de la per-
méabilité rénale.aux chlorures, et, suivant qu'elle était normale ou diminuée, il a provoqué chez les patients
‘une polyurie et une chasse chlorurique, ou les a soumis
à une cure de déchloruration. Il a pu voir ainsi, dans - tous les cas sauf un, de ceux qu'il publie, une amélioration survenir sous l'influence de ce traitement. Bien plus, certains: de ses, malades, par un léger écart du régime déchlorurant, ont provoqué dans leurs yeux de
nouvelles poussées glaucomateuses, jugeant ainsi l'in-
(L} AGHARD : Mécanisme régulateur dolu composition. du sang: Presse, médicale 11 sept. 1901. 21 : Aepanp, Lærenset Laver : Leau dans l'organisme à da suite deiJa liga-
è ture du pédicule. réual. Arch. de med, expérim Janvier 1903. j TES WipaL et LEMIERRE à Pathogénie) de certains œdèmes CR PEAU A on du chlorure de sodium ingéré. Soc: méd: des hip. 12 fun) 19081 eu lrANr
Wipar et À, JAvAL': La cure de déchloruration ; Soc. mép “#, es 26 juin
1908 et Presse Médicale, 27 Suin 1903. LCD ER ME t Pre MD
| flience indiscutable de la rétention chlorurée.. Nous n'avons pas à insister sur la valeur thérapeutique” dé ces recherches et de leurs résultats; nous n°’ en voulons.
rétenir ici que la signification pathogénique (4 D.
Enfin un autre rapprochement s ‘impose, mous semble:
4 $ | Mons etat du glaucome avec d’autres troubles à début fou-. PET ‘droyant, qu'on à fait dépendre de l hypertension artérielle. Nous voulons parler des amauroses subites des
saturnins, des urémiques et des éclamptiques: Dans sa
communication du mois de février, M. H. Vaquez {2ù a parlé de l'importance primordiale qu'il faut donner à Lnperiension artérielle dans la genèse de ces accidents; k et, à ce sujet, il a dit, parlant de cette hypertension : «Je la considère aujourd’hui, quelle que soit d’ailleurs
«la cause qui l'a provoquée, comme capable d expli- Îe, ‘quer à elle seule un certain nombre d'accidents, et ie «non des moindres, ane l'on’ a coutume de rattacher, 1 à . Cnonpas à P élévation excessive de la tension artérielle, U 28 ÿ mais à l'affection qu “elle accompagne ». Pour le glau- K eôme aussi, nous Ssemble-til, il pourrait en être de même et c'est là peut-être ce qu'il faut Roner aux
lésions anatomiques des vaisseaux, locales où ‘généra-
DA UNS a pu trouver chez les glaucomateux. PSE NEUR PEN C'est Fa -être ce qu on pourra répondre à ceux qui en nieraient le rôle de V'artériosclérose dans létiologie du glaucomé, sous prétexte qué cherchant cette maladie,
à AURA (1) A0 CANTONNET. — Hhéet de traitement du fiasene par les enr osiütiques. 4rch.d'opht. Janvier 1904. AE " (2) H. Vaquez. — Communication à la Soë. med, des ‘H6p. de RU
© 5 février 1904. x Sa
et spécialement les lésions MhéatÉnese ils nel ont que lhypertension artérielle ne relève pas que de
loin de là (1). C ‘est ce grave trouble fonetionnel de l'exagération de la tension qui domine iei tous les phé-
1x nomènes imputables à l’artériosclérose ; et, étant donné ses relations évidentes avec l'état rénal, avec la con- " centration des humeurs en chlorures, les lésions portant sur les tuniques vasculaires, bien que gardant une à importance indéniable, par exemple au point de vue des bhémorragies, passent au second plan. | Tersox et CamPos (2) insistent déjà sur la variabilité dé ñe hypertension et Basarpi (3) aurait remarqué que les
- périodes où elle se maintient {avec l'état habituel d'hy-
les variations brusques qu'elle éprouverait soit en s'abaissant, soiten s'élevant rapidement.
Quoi qu'ilen soit, ily a là un faisceau de faits éliniques et d'opinions intéressants au premier chef, touchant la pathogénie du glaucome. Malheureusement la solution du problème n° en. est; que reculée, car les causes de l'hypertension sont loin d'être connues complètement et les questions qui se posent ici sont très nombreuses.
(1) Amsanb et BEAUTARD. — loc. cit. ;
(2) Tenson et Gampos. — Tension artérielle générale chez les dei ae teux (Arch, d'opht. 1898, P: 209).
(3) P. BayanDr. — Loc, cit, (ef. ci-dessus p. 27).
pas trouvée, ou trop peu accusée : il faut bien savoir
. l’épaississement ou des indurations des paroïisartérielles,
accidents qu’elle peut déterminer au niveau de l'œil ne . coincideraient pas tant avec son paroxysme ou avec les.
| pertension, comme disent Terson et Campos) qu ’avec:
" * in
Fe — 125 —
Toute la pathogénie de l'hypertension est encore environnée d'incertitude, Quel est le phénomène physiologique quiregle la tension ? Comment est-il troublé, par quoi ? S'agit-il d’un phénomène simplement mécanique, osmotique, dû à l’hydrémie par rétention chlorurée, d’une intoxication par rétention de substances toxiques, ingérées, ou secrétées par l'organisme ; dans ce dernier cas ces poisons sont-ils les déchets du travail cellulaire, ou le produit secrété avec exagération où non éliminé d’une glande à fonction interne. On ne saurait affirmer rien de définitif à ce sujet, dit M. Vaquez, mais à la suite des travaux de divers auteurs, peut-être est-il permis de faire quelques hypothèses intéressantes soit du côté de la rétention chlorurée soit du côté des fonctions des capsules surrénales. Dans la physiologie ét la pathologie encore bien obscures de ces organes, on a fait en ces derniers temps quelques progrès qui semblent ouvrir aux chercheurs une voie fort intéressante; c’est de ce côté. pense M. Vaquez, qu'il faut diriger les recherches cliniques, anatomo-pathologiques et expérimentales, qui expliqueront peut-être la pathogénie de l'hypertension artérielle.
Sans élargir autant le sujet, et en restant dans les limites denos recherches, nous voudrions appeler l’attention sur quelques-uns des faits que nous y trouvons. Nos malades, en général, sont des artérioscléreux avec manifestations rénales, avec diminution de la per- AND du rein, affaiblissement de la diurèse et hypertension artérielle notable. [ls présentent presque tous
une lenteur du pouls qui, bien que peu marquée, nous a
EAU! PE . 1 . Ê RE = parudigne d’être soulignée. Cette bradycardie ne peutelle en effetètre rapportée à un état toxémique de nos sujets ? Tons aussi présentent des petits signes d’arté-
riosclérose qui, pour variés qu'ils sont suivant les cas;
n'en ont pas moins été, les uns ou les autres, très ' constamment observés par nous, Si, à côté de ces diffé- rents troubles, on considère les faits de pathologie ÿ générale et spéciale dont nous parlons dans les lignes qui précèdent, on est fortement impressionné par les considérations pathogéniques qui tendent à, rapprocher le glaucome et les troubles rénaux. Il ne serait peut-être alors pas trop aventureux de ranger le glaucome pri- mitif, parmi les manifestations plus ou moins directes de limpeérméabilité rénale etde l'hypertension artérielle et d'en faire un trouble comparable soit à un œdème ordimaire, soit àunædèmeaigu, sous l'influence d'une hyper+ sécrétion où d’une rétention locales, ou même sous la 4 dépendance d’un trouble nerveux qui resterait à déterminer. Û
\ S'agit-il là de phénomènes d’excitation des nerfs
trophiques ou vaso-moteurs de-Pœil, faut-il faire intervenir des troubles bulbaires, comme il en existe tant chez les artérioseléreux et qui formentune bonne partie de la pléiade si intéressante des petits signes ? Il serait
prématuré de le dire ; qu'il nous soit cependant permis :
d'appeler Pattention sur la présence de vomissements qu'on observe si souvent chez les glaucomateux et sur la bradycardie que nous avons trouvée chez nos malades,
qui sont, eux, des faits qui peuvent sans dificulté se
ranger sous la Seconde des causes nerveuses dont nous
po insister nn ee .
Peut-être des recherches expérimentales pourront.
ie fixer un pe mieux les causes déterminantes du (.
glaucome et nous espérons. pouvoir ‘chercher quelque
peu dans cette voie où d’ autres sont déjà engagés. Cette. Es
étude clinique n'aura servi qu ‘à établir et à fixer sur des faits aussi minutieusement observés que nous l'avons % pu, la notion de la concomitance du glaucome et de l'are.. | tériosclérose. Déjà il semble qu'on puisse aller beaucoup. plus loin dans le rapport : établir entre ces deux mala- dies et accorder à celle-ci une réelle action étiologique FA HIRSUT celui-là. Peut-être de nouveaux faits permettront- ils den de voir dans le glaucome une. ‘manifestation plus ou. moins directe de l'artériosclérose, déterminée en partie par les lésions anatomiques locales de la maladie, dépendante encore de l’état humoral hi elle provoque, loca- Hisée: par une irritation locale ou un trouble nerveux, bul- Ab baire ou autre, au niveau de l'organe de la vision. Ï} faut | 1,5 “espérer que dans. ce domaine, aussi bien au point de Fe vue de la pathogénie du Hlautome que de son traitement, TE ophtalmotogie bénéficiera largement des connaissances nouvelles qu ’a sä acquérir en ces derniers temps la
TL EE ar À
#4 f UPS
… pathologie générale.
Me
(LE Due A Ja suite de l'étude clinique pt des dix-
due cas de glaucome primitif que nous avons
examinés, nous avons trouvé chez tous nos malades 1, = + L Le:
des symptômes d'artériosclérose. M0 PRE de — a