EME
des lésions hémorragiques de Pæil, eurent l’idée d’examiner Pétat de la tension artérielle chez les glaucomaleux, afin de savoir si ces malades « sont plus ou « moins souvent en état habituel d’hypertension arté- « rielle ». Les résultats auxquels ils arrivèrent sont les suivants : Sur quatre malades atteints de glaucome hémorragique, deux présentaient une forte hypertension (25 et 21). Un troisième, mis à un régime dépresseur’ pour une affection non oculaire atteignait malgré cela 19; la dernière, au moment où on l’observait, n'avait que 18.
Dans 14 cas de glaucome chronique simple, avec légère tendance à l’hypertonie, que virent ces auteurs, ils furent frappés de ne pas rencontrer une tension très exagérée (12 sujets avaient 15 à 17, 2 avaient 18, 1 seul 19 et 20).
Dans 15 glaucomes subaigus, au contraire, ils trouvèrent toujours une tension très haute ; 8 fois, en particulier, elle allait de 24 à 26. Les autres variaient de 17 à 25. Enfin, fait curieux et intéressant, Terson et Campos ont vu 5 cas de glaucome aigu, avee hypertonie forte : pas un seul ne présentait d’hypertension artérielle, et on trouva chez tous cès malades les chiffres normaux de 16 à 18.
De là, la conclusion de ces auteurs que l’hypertonie oculaire peut se rencontrer sans hypertension artérielle et que la forme aigüe du glaucome n'a peut-être pas de rapports immédiats avec l’artériosclérose et l'hypertension artérielle qui en est un accident fréquent.
À la suite de cela, ils pensent que le glaucome aigu
est peut-être un accident passager comparable aux
œædèmes aigus, et l’un d'eux a repris eette idée dans une autre étude dont nous parlerons plus loin.
Nous voulons maintenant résumer le travail d’un autre observateur sure même sujet, qui arrive par ses résultats, et par l'examen de quelques cas, à des conclusions légèrement divergentes, mais toujours en faveur du rôle important de Fhypertension artérielle.
M. P. Basarpt (1) rapporte d’abord les cas de Terson et Campos et s'accorde aver eux sur leurs deux conclusions que : )
1° Il peut y avoir forte hypertonie intra-oculaire avec tension artérielle normale ;
2° L’hypertension artérielle est fréquente dans le glaucome subaigu.
Mais, dans le glaucome chronique, ses résultats different; il a trouvé tantôt la tension normale ou hyponormale (en particulier dans des cas de glaucomes précoces); tantôt elle était assez notablement élevée.
Il insiste sur la variabilité bien connue du symptôme, d’abord chez les sujets saiñs, suivant toutes sortes de causes, suivant leur état physique, des influences physiologiques et des émotions morales. Bien plus, cette variabilité semble encore plus accusée chez les’ sujets présentant des lésions vasculaires, qui seraient plus irritables, et chez qui la moindre fatigue, les émotions, se manifesteraient par des oscillations de Paiguille du
manomètre. Très consciencieusement, Bajardi examina
(1) P. Bararpr. — La pressione endo-arteriosa generale in rapporto col glaucoma. Communic. alla R. Accad. di med. di Torino, 9 febb. 1900. Giorn. d. R. Accad. di Torino, LXIIT, IV} vol, 6, p. 65.
A JR
certains de ses sujets après une course, Pascension d’un escalier, pendant qu'ils étaient affectés de pensées tristes, ou après qu'il les avait un peu brusqués par des menaces, et, chaque fois, il constata des résultats qui montrent bien cette impressionnabilité et son retentissement particulier sur l'hypertension artérielle.
Il est ainsi amené à donner une certaine importanee (encore plus qu'à l'état habituel de l'hypertension) aux ‘variations brusques de la tension artérielle et il cite à l'appui une observation du plus haut intérêt.
Il s’agit d'une malade observée depuis 15 jours et présentant une hypertension forte de 200 à 215 millimètres. Cette tension s’accrut jusqu'à 230 et 235 pendant les règles de la malade. Ces règles s'accompagnèrent pendant trois jours de métrorragie profuse. A la nuit du 3° jour se déclara un grave accès de glaucome ; le lendemain au matin, la tension n'était plus que de 195 millimètres et descendit les jours suivants à 160. L'accès avait coïncidé avec la diminution de la pression.
Cette opinion nous a paru fort intéressante et il nous semble qu'on pourrait peut-être encore, pour l'appuyer, considérer ce fait bien connu {et dont nos observations relatent plusieurs cas), que le glaucome survient souvent au début de la nuit, pendant le sommeil, alors que le repos et le décubitus ont une forte action hypotensive qui se manifeste à ce moment.
Sur les 70 cas qu'il a examinés À ce point dé Vue, Bajardi donne les résultats suivants :
Nous éliminons quatorze observations de glaucome
AU
infantile, de glaucome secondaire, et de cas où la forme nest pas mentionnée et, sur les 56 restants, nous trou-