CHAPITRE IV
Description ophtalmocospique des lésions d'ébranlement et des lésions de contact.
Eutreprenons d'abord la descriplion détaillée des lésions d'ébranlement, telles qu'elles apparaissent à l'examen ophtalmoscopique.
Un premier caractère frappe l'observateur, c'est le polymorphisme des troubles que présente la chorioréline du pôle postérieur, siège des lésions d'ébranlement. Tantôt nous avons affaire à une simple congestion de la région maculaire, lantôt à
une vérilable hémorragie, en d'autres cas les plus fréquents à de la chortorétinile pigmentaire et atrophique, parfois à une
déchirure de la choroïde ou bien à une rupture de la choriorétine, d’autres fois enfin à de la choriorétinite proliférante.
Le siège de pareilles lésions peut n'être pas invariablement au niveau de la macula proprement dite. Si l’on tient compte que celle-ci est située exactement à 3 millimètres en dehors et 4 millimètre au dessus de la papille, on s'aperçoit que certaines lésions d'ébranlement sont, soit sus-maculaire, soit sous-maculaire ou bien interpapillo-maculaire, dans quelques observations il y a atteinte de la papille sous forme d’atrophie plus ou moins complète, ou d'hémorragie des gaines.
1° Hémorragie maculaire. — L'hémorragie maculaire apparaîit sous la forme de petites taches brun rougeâtre ou d’un amas arrondi, réuiforme, peu étendu, désordres auxquels fait suite une choriorélinite pigmentaire et atrophique.…
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2° Choriorélinile pigmentaire el atrophique. — C'est la forme que l'on rencontre le plus souvent, soit qu'elle succède à une hémorragie rétinienne ou à une déchirure de la choriorétine. Elle: se présente sous l'aspect habituel de pelits foyers de décoloration, piquetés de pigments.
Dans l'observation XIV, elle se manifesle par une aire de décoloralion arrondie ayant à son centre une petite déchirure choriorétinienne entourée de prolifération de l'épithèle pigmentée. |
3° Déchirure choroïdienne pure. —-Comme Mangini dans sa thèse l'a signalé, l'existence d'une lésion choroïdienne pure est rare, mais elle existe néanmoins et, dans ce cas, on voit très nettement les vaisseaux rétiniens indemnes passer au-dessus de la rupture choroïdienne, le plus souvent allongée, areiforme où en forme de massue. -
Quelquefois ces lésions très limitées ne sont bien visibles qu'aux forts grossissements des appareils Thorner et Gullstrand.
4 Déchirure de la choriorétine. — La lacune ainsi créée se montre sous l'aspect d'une fissure ou d’une plaque plus ou moins: étoilée, blanchâtre, avec interruption des vaisseaux rétliniens. Une infiltration pigmentaire la borde souvent. .
5° Choriorélinite proliférante traumalique. — Gelte forme sur laquelle le professeur Lagrange à appelé particulièrement l’attention, dans son ouvrage des fractures de l'orbite par projectiles de guerre, est un « processus cicatriciel choriorétinien secondaire à la ruplure où à la déchirure de ces membranes ».
Elle prend l'aspect d'un petit gâteau, un peu proéminent, d'une épaisseur assez régulière, assez caractéristique ‘par son siège au pôle postérieur el l'accompagnement de foyers de pigmentation.
Sur ce plaleau blanc grisälre on voit passer les vaisseaux réliniens en faisant un crochet ou bien émerger de leur milieu après l'avoir perforé (Obs. IV).
Celle néoformation conjonctivale se présente sous des formes diverses, assez localisées, étoilées, rectangulaires, arciformes. Habituellement, elle ressort sur un fond pigmenté, réaction du
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pigment du tractus uvéal qui prend part tout autour lui aussi à cette prolifération fibreuse, sorte de « chéloïde de la chorioréne ».
Quelquefois la papille est atteinte concurremment avec les lésions maculaires ou périmaculaires. Ellé apparait sous un aspect légèrement atrophique. Dans quélques cas il existe un anneau brun rougeâtre complet où incomplet figuratif d'une périnévrite hémorragique. Ultérieurement, cet anneau s’atlénue et disparait presque entièrement.
Les lésions qui se sont produites en regard du traumatisme demandent toujours à êtrerecherchées avec soin, après dilatation alropinique, car elles siègent habituellement dans les parties périphériques de la choriorétine, dans le voisinage de l'ora serrala.
Le plus souvent de dimensions étendues, elles nous apparaissent comme une véritable plaie contuse de choriorétine vivement ébranlée par le choc traumatique direct. Ici les dégâts plus prononcés entrainent habituellement une assez vaste perte de substance. La sclérotique est nettement mise à nu parcette déchirure de la choroïde ou de la chorioréline, selon que la rétine a conservé ou non son intégrité anatomique.
La déchirure est unique, elle a alors une forme arrondie, étoilée ou ovale, ou bien multiple : ce Sont deux ou trois trainées parallèles blanchâtres. Selon la date de la blessure, l'aspect des bords en est varié. Quand la lésion est de date récente, que le traumatisé est examiné peu de temps après-son évacuation sur un centre ophlalmologique, on note une coloration rouge vif des bords de la plaie. Cette apparence des lèvres du. hiatus choriorétinien témoigne encore de la congestion de la choroïde.
Dans d'autres cas, il y a eu hémorragie. abondante, qui obscureit le vitré el oblige à surseoir le diagnostic des lésions pendant des mois. L'éclaireissement du vitré, qui est parfois très long à se produire, permetalors, huit ou dix mois après, d'observer la déchirure des membranes profondes (Obs. XII).
L'état congestif de la choroïde, qui donne assez à la lésion l'aspect d'un linge blanc maculé de sang, disparait par la suite,
mais il persiste toujours, autour de la déchirure, une notable pigmentation noirâtre. Le pigment réagit et foisonne autour de la rupture choroïdienne et choriorétinienne, à tel point qu'il la masque parfois en partie de ses masses opaques (Obs. XV).
En manière de conclusion, nous nous croyons autorisé, par l'étude des faits cliniques, à dresser ci dessous un tableau comparalif des deux ordres de lésions dont nous venons de tracer la description, afin d'en faire saillie les caractères particuliers et de les opposer l’un à l’autre.
Tableau comparatif des lésions d’ébranlement et des lésions de contact.