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CHAPITRE IV

MODIFICATIONS PHYSIOLOGIQUES DUES AUX RÉGI- MES. — EFFETS DES REPAS ORDINAIRES, — EK- FETS DU JEUNE PLUS OU MOINS PROLONGÉ (avec expériences sur les animaux).

Tous les observateurs qui se sont occupés de l'étude du sang ont signalé l'influence des repas

sur le nombre des globules rouges et des globules blancs. Mais, s’ils ont noté une modification dans l’état anatomique du sang, ils diffèrent souvent au point de vue des résultats.

La première question qui devait nous intéresser dans cette recherche, était de déterminer l’influence des repas ordinaires. Ce n’est, en effet, qu’à partir de ce moment que nous pouvions nous occuper des modifications apportées par le régime.

Effets des repas ordinaires. — De toutes les observations que nous avons prises, il résulte que le repas amène : 1° une diminution des globules rouges; 2° une légère augmentation des globules blancs. Ces résultats sont constants et nous les avons observés soit chez l’homme, soit chez les animaxn.

Voici quelques-unes des observations que nous avons prises soit sur nous, soit plusieurs de nos

amis.

21 avril 1876. — À. D. 8heures du matin, à jeun.

Globules rouges 5,766000 Globules blancs 5100 c’est-à-dire 1/1116 rouges

12 heures, à jeun.

Globules rouges 9,828000 Giobules blancs 5000 c’est-à-dire 1/1141 rouges

4 heure et demie, aussitôt après déjeuner.

Globules blancs 7200 c’est-à-dire 41/7583 rouges.

ms 0 es

2 heures et demie.

Globules rouges 5,642000 Globules blancs 8100 c’est-à-dire 1/690 rouges.

3 heures et demie.

Globules rouges 5,735000 Globules blancs 9200 c’est-à-dire 1/622 rouges.

Cette observation prise sur moi, et au moment où je ne songeais pas à prendre ce sujet comme travail de fin d’études, est absolument remarquable : 1° par la marche régulière des globules blancs qui vont en augmentant aussitôt après le repas; 2° par la chute des globules rouges après le repas et leur marche ascendante dès que l’équilibre se fait entre la fonction digestive et la circulation.

Voici une seconde observation prise dans les mêmes conditions, mais par un oubli regrettable nous ne primes pas le nombre de globules blancs.

22 avril 1876. Midi, à jeun.

Globules rouges 5,890000 4 heure en sortant de table.

Globules rouges 5,450600 3 heures.

Ainsi nous observons toujours le même phénomène : diminution des globules rouges immédiatement après les repas.

11 septembre 1877. 11 heures du matin, à jeun.

= 77 Globules rouges 5,239000 Globules blancs 8300

Déjeuner à midi. 2 heures de l’après-midi.

Globules rouges 5,239000

Globules blancs 9500 9 heures.

Globules rouges 5,301000

Giobules blancs 10100

14 septembre 1877. 11 heures du matin, à jeun.

Globules rouges 5,425000 Globules blancs 8400

Déjeuner à midi. 3 heures de l’après-midi.

Globules rouges 5,332000 Globules blancs 9500

Dans ces deux observations on doit peu se préoccuper du nombre considérable de globules blancs qui est loin d’être physiologique. On ne tiendra compte que de leur marche ascendante à mesure qu’on s'éloigne du moment du repas.

6 février 1878. M. Patterson, 22 ans, Anglais, se nourrissant presque exclusivement de viande saignante, est à Paris depuis six mois environ.

11 heures du matin, avant le repas.

Globules rouges 6,169000 Globules blancs 6200

Midi, aussitôt après le repas.

Globules rouges 5,983000 Globules blancs 7900

7 février. M. Hénoque Désert, 21 ans, né à Haïti ; nègre, habite la France depuis deux ans. Bonne santé.

Midi, avant le repas (à jeun).

Globules rouges 5, 580000 Globules blancs 5600

1 heure de l’après-midi, après le repas.

Globules rouges 9,394000

Ainsi toutes ces observations nous donnent les mêmes résultats; toujours nous observons une augmentation de globules blancs après les repas; toujours nous voyons le nombre de globules rouges tomber brusquement de deux à trois cent mille et se relever insensiblement.

Nous nous trouvons donc entièrement en opposition avec le D' Patrigeon pour qui « le nombre des globules rouges et blancs varie peu dans le cours de la journée pour le même individu. »

Ce n'est pas du reste sur ce point-là seulement que nous différons. Le D' Patrigeon nie entièrement l'influence des repas sur les variations des globules blancs. Il préfère rattacher ces variations à des causes insaisissables plutôt que d'essayer de les expliquer par l'influence du régime. De même le nombre des globules rouges serait peu modifié par la digestion, et indifféremment, il a observé une augmentation ou une diminution.

Nous déclarons bien hautement que jamais nous n'avons observé une augmentation de glo-

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