METRE
année dans le service de M. Brouardel, à l’hôpital de la Charité. Si les résultats n'étaient pas d’une exactitude rigoureuse, au moins concordaient-ils entre eux.
M. Hayem, en faisant connaître sa méthode, n’indiqua pas sa façon de procéder dans la numération des globules blancs. Nous procédions dès ce moment en recherchant les globules blancs dans dix ou quinze préparations successives, et nous en prenions la moyenne.
M. Bonne (1) se préoccupa de trouver un moyen de numération. Nous ne ferons que le mentionner sans entrer dans aucun détail.
M. Grancher, s’occupant à son tour de la question, imagina un procédé de numération qu’il communiqua avec les résultats qu'il avait obtenus, à Ja Société de Biologie, dans la séance du 27 mars
Indiqué dans la thèse du D° Fouassier (2), ce procédé est donné dans tous ses détails et préconisé par le D' Patrigeon (3). Voici le procédé de M. Grancher : « Il propose de compter les globules blancs contenus, non pas dans le quadrillage, mais dans le champ entier du microscope ; et ce n’est pas une fois que l’on fait cette opération, mais on la répète successivement pour dix champs différents. On a ainsi un nombre de globules blancs donné par rapport à un nombre connu très considérable de globules rouges. Il suffit d’é-
(4) Thèse Ge Paris, 1875.
(2) Thèse de Paris, 1876.
(3) Thèse de Paris, 1877.
tablir le rapport du quadrillage au champ, et, pour cela, de mesurer le diamètre du champ à l’aide d’un micromètre. » |
Voici maintenant le procédé de M. Hayem, c’est celui que nous avons toujours suivi. Il recherche les globules blancs dans toute ia superficie de la goutte, suivant deux lignes qui se couperaient à angle droit vers le centre ; pour exécuter cette partie de l’opération, on place la préparation de façon que un des bords de la goutte de sang soit sous-tendu par le grand carré, par le bord gauche, par exemple, du grand carré, puis, après avoir noté l’absence ou la présence de globules blancs, on déplace la préparation de façon que les globules rouges à cheval sur le bord droit du grand carré soient vus à cheval sur le bord opposé, c’està-dire sur le bord gauche. On fait ainsi parcourir à la préparation l'étendue du carré. On répète la même manœuvre pour un autre côté de la goutte et suivant une ligne perpendiculaire à la première. On obtient ainsi le nombre de globules blancs contenus dans un nombre considérable de carrés, soit de quarante à soixante.
Supposons que nous ayons successivement examiné 50 carrés et que nous ayons trouvé8 globules blancs. Pour avoir le nombre de globules blancs contenus dans un millimètre cube de sang, nous avons à multiplier ce chiffre 8 par 31,000 et diviser le produit de cette opération par le nombre de carrés examinés, c'est-à-dire dans le cas actuel par 90.
Nous sommes donc en présence de deux procédés préconisés par des observateurs dignes l’un et l'autre d’inspirer toute confiance, pouvons nous, nous leur humble élève, nous prononcer en faveur de l’un ou en faveur de l’autre, adopter l’un et exclure l’autre? Nous ne le pouvons pas, et nous ne le voudrions pas; ces deux procédés, nous les croyons excellents tous deux, et pouvant être employés indifféremment.
MM. Hayem et Grancher n’ont eu l’un et l’autre qu’un but : augmenter la surface d’études. Ce but est atteint par l’un et l’autre procédé.
Nous nous permettrons cependant de soumettre quelques objections à notre bienveillant maitre M. Grancher. Entre les mains d’un aussi habile expérimentateur que lui, nous ne doutons pas que sa méthode ne donne d'excellents résultats ; mais nous craindrions que d’autres, moins experts, n’éprouvent une certaine difficulté à reconnaître les globules blancs dans toute la superficie du champ microscopique. Il est toujours plus facile de poursuivre les études dans un petit espace; les causes d'erreurs sont moindres. De plus Ja périphérie de cette vaste surface d’études, représentée par le champ du microscope, est mal éclairée; non-seulement l'éclairage est insuffisant, mais encore il est oblique, les globules rouges frappés obliquementpar les rayons lumineux prennent un éclat qui rend bien souvent difficile leur distinction avec les globules blancs de la première variété.
Maintenant, une autre objection portant encore
RE
sur le champ microscopique, mois considéré au point de vue de la superficie. M. Grancher établit le rapport du champ microscopique au carré de l’'oculaire, et arrive à ce résultat, que le champ du microscope est 8,5 fois plus grand que le quadrillage. Nous voulons bien croire que le microscope dont il s’est servi a un champ 8,5 fois plus grand que le quadrillage, mais il ne s’ensuit pas que : tous soient dans les mêmes conditions. Le champ microscopique varie, en effet, pour chaque microscope, et suivant l’oculaire, et suivant la combinaison des lentilles. Il s’ensuit que le tableau de globules blancs donné par le D' Fouassier, dans sa thèse, est juste pour le microscope dont il s’est servi, mais faux pour les autres.
Nous donnons donc la préférence au procédé de M. Hayem, tout en reconnaissant que M. Grancher peut arriver à d’excellents résultats par sa méthode, qui a, peut-être, l'avantage d’une exécution plus rapide que la nôtre. Cependant nous devons dire que l’opération que nous proposons n’est pas longue et, pour un œil exercé, deux ou trois minutes suffisent. ,
Pour faciliter l’étude des globules blancs et pour éviter, à ceux des observateurs qui voudront user du procédé de M. Hayem, l'ennui de faire la division opératoire qu’il implique, nous joindrons à ce travail un tableau qui remplira, nous l’espérons, toutes les conditions désirables.
IIT. Dosage de l’hémoglobine. — Nous nous trouvons encore en présence de deux procédés.
Le procédé que M. Malassez fit connaître à la
DL us
Société de Biologie dans la séance du 28 octobre 1876 ;
Et celui dont M. Hayem donna la description le même jour et dont nous nous servions depuis bien longtemps déjà. Nous n’avons pas l'intention de donner une description de ces deux méthodes et d’en faire une étude comparative; ce travail a été fait par M. Hayem dans les Archives de physiologie (1).
Voici, du reste, la description du procédé des teintes coloriées faite dans les Archives par M. Hayem :
« Le petit appareil chronométrique dont je fais usage consiste simplement en une double cellule de verre et en une échelle de teintes coloriées.
La double cellule est formée par deux anneaux de verre de même diamètre, à surface extérieure dépolie, collés côte à côte sur une lame de verre. Ils ont été usés au niveau des points tangents, de façon à former deux petits réservoirs parfaitement semblables, séparés l’un de l’autre par une mince cloison. Chacun de ces petits réservoirs peut contenir un peu plus de 500 millimètres cubes d’eau.
Supposons que, après avoir placé la lame de verre portant ces deux cellules sur une feuille de papier blanc, on mette dans chaque cellule 500 millimètres cubes d’eau distillée, et qu’on ajoute, dans une seule des deux, 4 ou 5 millimètres cubes de sang, on obtiendra ainsi une solu-
(1) Archives de physiologie normale et pathologique, deuxième série, p. 946.
tion dont la couleur, vue par la lumière réfléchie, tranchera nettement sur l'état incolore de la couche liquide contiguë. L’intensité de la coloration de la solution sanguine variera, évidemment, à la fois suivant la proportion de sang utilisé et suivant la richesse de ce sang en matière colorante. “usine mnlesdeuxupetiisréservoirsnétant remplis, l’un par une solution, à titre connu, du sang à essayer, l’autre, d’eau pure, si, au-dessous de ce dernier, on fait passer successivement des rondelles de papier convenablement" coloriées et de plus en plus foncées, il arrivera un moment où, vue à travers la couche de liquide, une de ces rondelles produira une coloration analogue et équivalente à celle de la solution sanguine. Ces rondelles coloriées, bien exécutées, produisent un véritable trompe-l’œil; on croirait avoir, côte a côte, deux solutions colorées et les personnes qui examinent, pour la première fois, l'effet produit par cette double cellule sont étonnées de ne pas pouvoir reconnaître le côté où se trouve le sang.
Chacune des teintes coloriées utilisées représentant une solution de sang titrée, dès qu’on a trouvé la rondelle qui correspond le mieux au mélange sanguin, le dosage de l’hémoglobine est opéré.
Comme il est difficile de se procurer de l’hémoglobine pure, les rondelles coloriées de l’échelle des teintes ne correspondent pas à des solutions titrées d’hémoglobine.
Après m'être assuré que chez l’homme adulte et sain la quantité de matière colorante contenue
dans le sangest proportionnelle au nombre des globules, j'ai pris comme étalon le globule rouge du sang humain. |
Chaque teinte placée au-dessous de la couche d’eau pure fait prendre à cette couche liquide une teinte équivalente à celle que donnerait à l’eau un nombre déterminé de globules. Pour exécuter léchelle de ces teintes coloriées, j'ai fait des solutions, en proportions variables, d’un sang dont je connaissais aussi exactement que possible le contenu en globules, et j'ai fait choix des teintes représentant c’une manière précise chacune de ces dilutions.
Dans l'échelle, dressée pour l'emploi de la cuvette double, les teintes ont les valeurs sui-
vantes :
Teinte n° 1 8.649.000 globules sains.
nom s2 9.730.125 SISIPne 8 10.811.250 UC 11.892.375 28 SAINS 12.973.500 s onr20 14.054.625 Lee n°497 15.135.750 — n°8 16.215.875 20! Yp9:59 17.298.000 —v n°110 18.379.125
Ces chiffres signifient que toute solution sanguine, correspondant à la teinte n° À, contiendra une quantité d’hémoglobine égale à celle qui serait fournie par 8.649.000 globules sains, et ainsi de suite pour chaque teinte. »
Le choix d’un éclairage convenable est, pour
ainsi dire, l'unique condition à remplir. On choisira une chambre prenant jour à l’est ou au nord par une seule ouverture et on se placera bien en face de la fenêtre. On introduira dans chaque réservoir de la cellule double, à l’aide de la grosse pipette, 500 millimètres cubes d’eau distillée et : aérée, ou même d’eau filtrée ordinaire. Dans l’une de ces cellules on ajoutera quelques millimètres cubes de sang, et on remuera très-doucement et immédiatement le mélange avec une fine baguette de verre.
Pour l'examen du sang sain on ne prendra que 2 à 4 millimètres cubes de sang.
Dans les cas d’anémie on devra augmenter la dose successivement et proportionnellement au degré d’anémie. Nous renvoyons du reste pour les doses, à la petite notice que donne M. Nachet en livrant l’hématimètre de M. Hayem.
Dès que le mélange est effectué, on placera la cellule contenant l’eau pure au-dessus de l’une des teintes de l’échelle. Quand on a trouvé la teinte qui paraît exacte, pour s'assurer qu’il n’y a pas d’erreur, on examinera avec soin si.la teinte qui précède et celle qui suit donnent un aussi bon résultat; si l’une est trop faible et l’autre trop forte, celle qu'on a choisie est la plus juste. Il est facile, avec un peu d'habitude, d'apprécier les nuances intermédiaires.
Il n’y a plus à faire qu’un calcul analogue au suivant : Le sang examiné contient, par exemple, 4.774.000 globules; le mélange fait avec 6 millimètres cubes de ce sang donne la teinte n° 4,
Cela veut dire que 2.774.000 %=< 6, soit 28.644.000 globules contiennent la même quantité d’hémoglobine que 11.892.375 globules sains (voy. le tableau).
Un globule du sang examiné a donc une valeur moyenne représentée par ne — 0.414 et la richesse globulaire d’un millimètre cubeiau sang examiné, exprimée en globules sains, est de