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ANA SANEL
Cette moyenne est, du reste, en tous points conforme aux résultats qu'avait donnés M. Hayem.
Il avait, en effet, trouvé chez les personnes bien
portantes une moyenne constante de 5,500,000 et chez d’autres, d’une santé plus faible, 4,600,000 ; si nous prenions la moyenne entre ces deux nombres, nous obtiendrions également la moyenne 5,100,000.
Nous aurons l’occasion de revenir sur cette moyenne en passant en revue les différents âges de la vie.
IT. Nombre de globules blancs.
Cette question de la plus grande importance naquit en 1845 avec la découverte de la leucocythémie par Hugues Bennet. Il devint nécessaire de déterminer la proportion des globules blancs aux rouges pour pouvoir conclure à l’augmentation des leucocytes dans différents cas pathologiques.
Niemeyer (1)arecherché la proportion moyenne des globules blancs par rapport aux rouges et a donné le chiffre 1/350 environ.
M. Robin (2), après avoir donné un chiffre analogue 1/300, fit varier plus tard ce rapport dans des limites assez étendues : 1/500, 1/1000 et même 1/1200 suivant l’âge et le sexe. D'après lui, les leucocytes sont plus nombreux chez la femme et chez l’enfant. Chez la femme leur quantité varie de 4
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(4) Niemeyer, Trailé de pathologie, T. I.
(2) Robin, Traité des humeurs.
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vieillesse et chez les jeunes filles non menstruées, il semble diminuer un peu.
M. Malassez (1) à l’occasion de la communication que fit M. Grancher à la Société de biologie, fit connaître les résultats qu’il'avait trouvés ; ii y aurait un globule blanc pour mille globules rouges environ.
M. Grancher (2) et avec lui le D' Patrigeon (3) font osciiler le nombre de globules blancs entre 3,000 et 9,000 par millimètre cube. Voici les observations que nous tirons de la thèse du D' Patrigeon et qui lui permettent de prendre cette moyenne.
Observation 4. Chif. de gl. blancs compris entre 3,000 et 4,000
Obs. II. Le chiffre du gl. bl. varie entre 3,000 et 4,000 Obs. VII » » 2,000 et 4,000 Obs. VI » » 8,000 et 5,000 Obs. V » » 4,000 er 7,000 Obs, III » » 7,000 et 10,000 Obs. I » » 3,000 et 13,000
Ainsi, pour M. Grancher, le nombre des globules blanés serait aux globules rouges, dans les proportions de 4 à 1,200, à 1,800, et encore ne doit-on pas prendre les extrêmes, alors nous arriverions aux chiffres énormes de 1 pour 2,500 et 1/3000 où bien encore en prenant le chiffre le plus considérable 1/300 et 1/460.
(1) Malassez, Compte-rendu, Société de biol., 27 mai 1876.
(2) Grancher, Comptes-rendus, Soc. biol., 27 mai 1876.
(3) Patrigeon, Recherches sur le nombre des globules rouges et blancs du sang à L'état nhysiol. chez l'adulte, ete., etc. Thèse 1877 (J. B. Baillière et fils).
Pour M. Patrigeon (1), 1° le nombre des globules blancs paraît dépendre de l'individu beaucoup plus que des conditions qui l’entourent ; 20 Je nombre de globules rouges et blancs varie peu dans le cours de la journée pour le même individu, 3 le nombre de globules blancs d’un individu ne paraît dépendre de son âge, ni du nombre de ses globules rouges, 4° le rapport physiologique des globules blancs aux globules
rouges est de ou à 1,200 1,500.
Ici nous n’avons pas à discuter ces différentes idées que nous puisons dans la thèse de notre excellent ami Patrigeon; dans le cours de ce tras vail nous y reviendrons et verrons si nos résultats sont les mêmes.
Nous nous occuperons dans ce chapitre de déterminer exactement le nombre de globules blancs et leur proportion avec les rouges.
Nous déterminerons la moyenne générale des globules blancs chez l’homme, en suivant la même marche que pour les rouges.
11 serait trop long et je crois inutile de donner le tableau des différents nombres de globules blancs que nous avons trouvés aux différents âges de la vie: nous les reproduirons lorsque nous nous occuperons des modifications du sang.
Nous donnerons tout simplement les résultats que nous avons obtenus.
Sur soixante numérations de globules blancs faites aux différents âges de la vie, et dans diffé-
(A) Patrigeon, thèse de 4877.
rentes conditions, nous avons trouvé le nombre 6,890, comme représentant la moyenne générale des globules blancs chez l’homme, c'est-à-dire qu’il y aurait environ 1 globule blanc pour 740 rouges.
La proportion serait trop élevée, et est loin de ressembler à celle que nous trouvons chez l’adulte, mais le nombre considérable de globules blancs que l’on trouve chez l’enfant a nécessairement élevé la moyenne.
Là ne se borne pas l'étude des globules blancs. Mac Schoultze, en effet, en 1865, a fait connaître quatre variétés de globules blancs; il était intéressant de rechercher ces globules et de déterminer leurs proportions.
M. Hayem, à l’exemple de Mac Schoultze, a reconnu quatre variétés de globules blancs à forme et à aspect parfaitement distincts. Il les a désignés pour faciliter le travail sous le nom de globules de la variété 1, globules de la variété 2, globules de la variété 3, globules de la variété 4. Dans tous nos travaux, M. Hayem et moi nous avons toujours tenu compte de ces variétés et nous les avons notées soigneusement.
Le globule blanc de la variété 1 se présente sous l’aspect d’une petite cellule arrondie dans laquelle on distingue un gros noyau et une mince couche de protoplasma non contractile.
Le globule blanc de la variété 2 est un peu plus volumineux, à protoplasma contractile pâle. 11 atteint la dimension du plus gros globule rouge.
Le globule blanc de la variété 3 est sphérique,
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fortement réfringent, à protoplasma contractile. Ce globule est plus ou moins granuleux, c’est le corpuscule blanc proprement dit. C’est en même temps la variété la plus abondante dans le sang normal.
Le globule de la variété 4 est analogue au précédent; mais il a des granulations brillantes ounoirâtres plus ou moins abondantes. Le protoplasma est contractile, mais peut-être moins actif.
C’est une variété, constante, mais beaucoup plus rare que la précédente; elle varie sans doute suivant les conditions physiologiques du sujet.
De tous ces globules blancs, le plus fréquent est bien certainement celui de la variété 3. Nous l'avons observé surtout en quantité extrêmement considérable dans le sang d’une personne à jeun. Ainsi, sur 58 quadrillages examinés successivement par nous dans une numération de globules blancs, nous avons trouvé 13 globules blancs dont 8 de la variété 3; deux de ia variété 2 et trois de la variété 1.
Dans une autre numération,nous avions 11 globules blancs sur 60 quadrillages examinés. La proportion de ces globules était : un globule de la variété 4, sept de la variété 3, un de la variété 2 et deux de la variété 1.
On observe parfois un assez grand nombre de globules de la variété 1 et surtout dans le sang du nouveau-né. On les trouve également assez abondant dans un sang en voie de réparation, pendant la digestion.
Ainsi, sur 14 globules blancs trouvés dans le
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sang d’une personne adulte pendant la digestion, il y en avait sept de la variété 3; deux de la variété 2 et cinq de la variété 1.
Nous aurons, du reste, l'occasion d’en parler lorsque nous examinerons successivement le sang dans les différentes conditions de la vie.
Mais, règle générale, chez une personne à jeun, sur quinze globules blancs il ÿena environ deux de la variété 4, deux de la variété 2, dix dela variété 3 et un de la variété 4.
III. Pouvoir colorant du sang. — À l'état normal chez l’homme, ainsi que chez les animaux, la quantité d'hémoglobine est sensiblement proportionnelle au nombre des globules rouges, c’est-àdire que, chez les individus de même espèce, les globules rouges contiennent en moyenne, ou très à peu près, la même proportion de matière colorante. En un mot, l’anémie est constituée par un défaut de concordance entre le nombre des éléments colorés et le pouvoir colorant du sang ; donc, toutes les fois qu’on se trouvera en présence d'un sang dont le nombre des globules rouges concordera avec le pouvoir colorant, on aura un sang physiologique.
C’est là ce qui nous a permis de considérer parfois comme physiologiques des personnes qui avaient un nombre de globules rouges au-dessous de la moyenne.
Pour déterminer le pouvoir colorant du sang, on part de ce principe que le sang mélangé à l’eau peut donner une coloration qui permet d’apprécier son pouvoir colorant.