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Et en disant ces mots, il s'était trouvé, sans savoir eomment, transporté en lieu sûr. Cet homme fit une confession générale et mourut plein de confiance.
Selon saint Bernard, Marie se fait tout à tous ; elle ouvre à tous les hommes le sein de sa miséricorde, afin que tous reçoivent de sa plénitude : l’esclave, la liberté, le malade, la santé, l’affligé, des consolations, le pécheur, la remise de ses fautes ; il n’est pas jusqu’à Dieu qui n’en reçoive une grande augmentation de gloire ; en un mot il n’est personne qui ne ressente la chaleur de ce bienfaisant Soleil.
Et qui dans le monde pourrait ne pas aimer cette Reine tout ‘aimable? s’écrie saint Bonaventure : elle est plus belle que l’astre du jour, plus douce que le miel ; vrai trésor de bonté, elle est tendre et affable envers tout le monde. Je vous salue donc, continue ce saint si affectueux ; je vous salue, Ô ma Souveraine et ma Mère, je dirai même mon Cœur, mon Ame!
Pardonnez-moi, Ô Marie, si j’ose dire que je vous aime;
Car, si je ne suis pas digne de vous aimer, vous êtes assurément bien digne d’être aimée de moi.
Selon une révélation faite à sainte Gertrude, lors-
’on adresse avec dévotion à Marie ces paroles du Bale Regina: Eïa ergo, Advocata nostra | illos tuos misericordes oculos ad nos converte: “De grâce, Ô notre Avocate, tournez vers nous vos yeux miséricordieux ;’’— cette bonne Mère ne peut s'empêcher de se rendre au désir de qui la prie ainsi.
Oui, dit saint Bernard, l'immense miséricorde de Marie remplit tout l’univers. Et selon saint Bonaventure, cette Mère pleine de tendresse a un tel désir de faire du bien à tout le monde, qu’elle se tient offensée, non seulement par ceux qui l’outragent positivement ; — car il est des hommes, spécialement parmi les joueurs, qui, dans la colère, poussent la perversité jusqu’à blasphémer et insulter cette douce
Reine ; — mais Marie se croit offensée aussi par ceux qui ne lui demandent jamais aucune grâce. Ainsi, ô Marie ! ajoute saint Hildebert, vous nous enseignez à espérer des grâces au-dessus de nos mérites, puisque vous ne cessez de nous en distribuer qui dépassent de beaucoup ce que nous méritons.
Le prophète Isaïe avait prédit que la grande œuvre de notre rédemption, aurait pour effet de pré un trône où la divine miséricorde donnerait audience à notre misère. Quel est ce trône? “C’est Marie, répond saint Bonaventure, car en elle, jurtes et pécheurs, tous les hommes trouvent les consolations de la miséricorde.” Ensuite il ajoute : “De même que Res ET Notre-Dame est pleine de miséricorde ; et la Mère, non plus que le Fils, ne sait refuser sa commisération à ceux qui l'implorent.” Dans le mèxe sens, l'abbé Guéric fait parler ainsi Jésus à sa Mère : Ma Mère, je placerai en vous le siège de mon empire ; car c’est par vous que j’accorderai les grâces qui me seront demandées : vous m'avez donné ce que j'ai d’humain ; je vous donnerai ce que j'ai de divin, c’est-à-dire, la toute-puissance, en vertu de laquelle vous pourrez aider à se sauver ceux que vous voudrez.
Un jour que sainte Gertrude adressait avec ferveur à la Mère de Dieu les paroles citées plus haut : “Tournez vers NOUS VOS yeux miséricordieux,”” elle vit tout à coup la bienheureuse Vierge, qui lui dit en lui montrant les yeux de son Fils qu’elle tenait dans ses bras : “Voici les yeur. pleins de miséricorde qui se tournent à mon gré pour sauver ceux qui m’invoquent.” . Comme un pécheur fondait en larmes devant une pe de Marie, la priant de lui obtenir de Dieu son
on, il entendit cette auguste Mère dire au Sauveur
enfant, qu’elle portait entre ses nras : “Mon Nils,
ces larmes seront-elles versées en pure perte ?” Et il comprit que Jésus-Christ lui pardonnait.
Comment, en effet, pourrait-il périr, celui qui se recommande à cette clémente Reine, vu que le Sauveur lui-même, parlant avec la suprême autorité d’un Dieu, a promis à sa Mère d’user pour l’amour d’elle de toute la miséricorde qu’elle voudra envers ceux qui la prendront pour avocate? Ceci fut révélé à svinte Brigitte : elle entendit Jésus-Christ qui adressait ces paroles à Marie : “En vertu de ma toutepuissance, je vous ai accordé, à vous mon ñuguste Mère, le pouvoir de faire grâce à tous les pécheurs qui invoqueront pieusement le secours de votre maternelle bonté, et de le faire de telle manière qu’il vous plaira.”
Plein de confiance en considérant ce haut crédit de Marie auprès de Dieu, et son ineffable tendresse à notre égard, l’abbé Adam de Perseigne iui parlait ainsi : O Mère de miséricorde, votre bonté égale votre puissance, et vous n'êtes pas moins indulgente envers les pécheurs que votre intercession est efficace. Quand pourra-t-il se faire que vous refusiez votre compassion aux malheureux, vous qui êtes la Mère de miséricorde ; ou que vous soyez dans l’impuissance de les secourir, vous qui êtes la Mère de la toutepuissance ? Jamais, car il vous est aussi facile d’obtenir une grâce quelconque, que de connaître nos misères.
Rassasiez-vous donc, ô grande Reine, s’écrie l’abbé Gueric, rassasiez-vous de la gloire de votre divin Fils, et, sinon pour nos mérites, du moins par compassion, laissez tomber ici-bas, pour nous, vos pauvres serviteurs et enfants, les miettes de votre table.
Si nos péchés nous inspirent de la défiance, disons avec Guillaume de Paris : Ma douce Souveraine, n’alléguez pas mes péchés contre moi, car, contre
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mes péchés, j’allègue votre miséricorde. Ah ! qu'il ne soit pas dit que mes péchés ont pu tenir en échec votre miséricorde ; elle peut bien plus pour me faire absoudre, que toutes mes fautes pour me faire condamner !
EXEMPLE
On lit dans les Annales des Capucins, ,u’il y avait à Venise un célèbre avocat qui s'était enrichi par des moyens frauduleux et injustes ; de sorte qu’il vivait dans l’état de péché. Peut-être n’avait-il autre chose de bon que la coutume de réciter chaque jour certaine prière à la sainte Vierge ; et cependant, grâce à la miséricorde de Marie, cette pauvre dévotion lui valut d'échapper à la mort éternelle. Voici comment. Il avait eu le bonheur de se lier d’amitié avec le père Matthieu de Basso ; et il lui faisait si souvent des instances pour l'avoir à dîner, qu’enfin le bon religieux lui donna sa parole. En le voyant arriver, l'avocat lui dit : “Maintenant, mon père, je vais vous faire voir une chose que vous n’avez jamais vue. J’ai un singe admirable, ani me sert comme un valet : il lave les verres, met la table, ouvre la porte...
Prenez-garde, répondit le père, que ce ne soit pas un singe, mais quelque chose de plus ; veuillez le faire venir ici.” On appelle le singe, on l’appelle encore, on le cherche partout, et le singe ne parait point. On le trouva enfin, caché sous un lit au rez-de-chaussée, mais l’on ne put le faire sortir de là. “Eh bien ! dit alors le religieux, allons nous-mêmes le trouver.” Arrivé avec l’avocat à la retraite du singe : “Bête infernale, lui dit-il, sors à l'instant, et je t’ordonne au nom de Dieu, de déclarer qui tu es.” Le prétendu
singe répondit aussitôt qu’il était le démon. “J’attendais, ajouta-t-il, que ce pécheur laissât passer un
jour sans réciter sa prière accoutumée en l’honneur de la divi Mère ; car Dieu m’avait donné permission de l’é .angler la première fois qu’il ncgligerait cette pratique, et de l'emporter en enfer.” Làdessus, le pauvre avocat se jette à genoux et réclame l’assistance du serviteur de Dieu. Celui-ci le rassure, et commande à l’esprit malin de quitter cette maison, sans causer aucun dommage. ‘‘Je te permets seulement, ajouta-t-il, de percer le mur en signe de ton départ.” Il avait à peine dit, qu’on entendit un grand bruit, et l’on vit une ouverture faite au mur. À plusieurs reprises, mais toujours en vaip, on essaya de la combler avec de la chaux et des pierres ; Dieu voulut qu’elle subsistât longtemps ; et l’on ne parvint à la fermer qu’en y plaçant, d’après le conseil du serviteur de Dieu, üne plaque de marbre où était sculptée une figure d’ange. Quant à notre avocat, il se convertit, ct nous avons lieu de croire qu'il persévéra jusqu’à la mort dans ce changement de conduite.
PRIERE
0 la plus grande et la plus sublime de toutes les créatures, Vierge très sainte, du fond de mon exil je vous salue, moi misérable qui tart de fois, me suis révolté contre Dieu, moi qui mérite des châtiments et non des grâces, des rigueurs et non des miséricordes. Ma Souveraine, ce n’est pas la défiance, qui m’inspire ce langage, votre bonté m'est connue : je sais que, plus vous êtes grande, plus vous vous glorifiez d’être douce et bien- Jaisante ; je sais que vos immenses richesses ont du prix à vos yeux précisément parce qu’elles vous permettent de venir en aide à notre indigence ; je sais que la pauvrelé même de ceux qui vous invoquent, est un titre chez vous pour redoubler de zèle à les protéger, à les sauver.
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C'est vous, 6 ma Mère, qui pleurâtes un Fils mort Dour l'amour de moi : vos larmes, offrez-les à Dieu, je vous en supplie, afin de m’obtenir une vraie douleur de mes péchés. Oh | quelle douleur vous causèrent en ce jour les pécheurs ; dans quelle amertume, moi aussi, je vous plongeai par mes crimes | O Marie, obtenezmot la grâce de ne plus vous affliger du moins à l'avenir, vous et Votre Fils, en renouvelant mes ingratitudes à voire égard. De quelle utilité me seraient vos larmes, si je continuais de me montrer ingrat envers vous? De quoi me servirait votre miséricorde, si, retombant dans mes infidélités, je venais à me perdre? Ah ! ma Reine, ne le souffrez pas. Vous avez suppléé à toute mon indignité ; vous obtenez de Dieu tout ce que vous voulez ; vous exaucez lous ceux qui vous prient ; eh bien ! voici deux grâces que je vous demande ; Je les attends de vous avec assurance, je les veux : obtenez-moi d’être fidèle à Dieu, de ne l’offenser jamais plus, et de l'aimer le reste de ma vie autant que je l'ai offensé.