‹ Gloires de Marie [microforme]Chapitre 31 sur 45 · MARIE, NOTRE GARDIENNE · texte numérisé non relu

MARIE, NOTRE GARDIENNE

Marie est tout yeux Pour compatir à nos misères et les soulager.

Saint Epiphane appelle la Mère de Dieu M ultocula, c’est-à-dire, Celle est tout yeux pour soulager nos misères ici-bas, Un jour, en exorcisant un possédé, on demanda au démon ce que faisait Marie : “Elle descend, et elle monte,” telle fut la réponse de l'esprit

in. Par là il voulait dire que cette bonne Reine ne fait autre chose que descendre sur la terre pour apporter des grâces aux hommes, et monter au ciel Een présenter nos suppliques au Seigneur et les lui aire L- Saint André d’Avellin avait donc raison d'appeler la bienheureuse Vierge la Femme d’affaires du paradis, celle que sa miséricorde tient toujours en action, et qui ménage des grâces à tous, justes et pécheurs. Le Seigneur, dit David, a les yeux ouverts sur les justes ; mais les yeux de Notre Dame, observe Richard de Saint-Laurent, sont également fixés sur les justes et sur les pécheurs. C'est, ajoute-t-il, que les yeux de Marie sont des yeux de Mère, et qu’une mère regarde sans cesse son enfant, non seulement ur l'empêcher de tomber, mais encore pour le reever, s’il tombe.

Jésus-Christ lui-même a daigné manifester cette vérité à sainte Brigitte : elle l’entendit un jour parler ainsi à sa glorieuse Mère : “Ma Mère, demandez-moi

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tout ce que vous désirez.” —Tel est le que Jésus tient sans cesse à Marie dans le ciel ; car il aime à contenter cette Mère chérie en tout ce qu’elle lui demande.—Mais que lui demande Marie? Sainte Brigitte l’entendit qui répondait à son divin Fils : Je demande miséricorde pour les misérables ; comme si elle eût dit : Mon Fils ,vous avez voulu que je sois la Mère de miséricorde, le refuge des pécheurs et l’avocate des malheureux ; et vous me dites de vous demander ce que je veux ; mais, À = puis-je vouloir, sinon que vous usiez de miséricorde envers les rables ? c’est là ce que je vous demande : Misericordiam pelo miseris.

“Ainsi, Ô Marie, s’écrie avec attendrissement saint Bonaventure ; vous êtes si pleine de miséricorde, si attentive à secourir les malheureux, que vous sembiez n'avoir aucun autre désir, aucune autre sollicitude, que de les assister.’ Et comme, entre tous les malheureux, les pécheurs sont les plus à plaindre, le vénérable Bède assure que Marie est continuellement occupée à prier son divin Fils pour les pécheure.

. Dès ie temps même que Marie vivait sur la terre, dit saint Jérôme, elle avait le cœur si compatissant et si tendre envers les hommes, que personne n’a jamais souffert de ses propres peines autant que cette bonne Mère souffrait de celles des autres. Elle donna une belle preuve de cette commisération dont elle était pénétrée pour les peines d’autrui, dans le trait déjà cité des noces de Cana : le vin y étant venu à manquer,

* Marie n’attendit pas qu’on recourût à elle, remarque

saint Bernardin, mais ce fut spontanément qu’elle se chargea du charitable office de consoler les affigés ; et par pure compassion pour la peine des jeunes époux, elle intercéda auprès de son Fils, et en obtint le miracle du changement de l’eau en vin.

Mais, à bienheureuse Vierge, s’écrie ici saint Pierre Damien, copie que vous êtes élevée à la dignité de e

que celle qui règne dans le cœur de Marie, ne saurait oublier une misère comme la nôtre. A Marie ne s’applique pas le roverbe si connu, que Les honneurs changent les À cri Cela est vrai quant aux mondains, qui ne peuvent parvenir à quelque dignité sans s’énorgueillir et oublier leurs anciens amis restés Pauvres : il n’en est pas ainsi de Marie, si elle ge réjouit de son élévation, c’est qu’elle y trouve un moyen de secourir plus efficacement les malheureux.

C'est précisément pour ce motif que saint Bonaven-

entend par là, commeil l'explique ensuite, que la com-

passion envers les malheureux, déjà si grande en Marie, ors qu’elle était encore ici-bas, est bien plus grande

maintenant qu’elle est dans la gloire, surpasse celle qu’elle nous portait ici-bas.”” Le saint conclut en ces termes : “Est-il au monde un homme qui ne jouisse de la lumière du soleil? de même, il n’est Personne sur qui ne tombent les rayons de la miséricorde de Marie.” Voilà pourquoi elle est comparée au soleil ; et le docteur séraphique lui applique ce qui est dit de cet astre : Il n’est personne qui échappe sa chaleur.

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Cet enseignement est confirmé par une révélation de sainte Agnès à sainte Brigitte ; on y lit : Maintenant que notre Reine est étroitement unie avec son Fils dans le ciel elle ne s’est pas dépouillée de la bonté qui lui est naturelle ; aussi fait-elle sentir les effets de sa tendresse à tous les hommes, sans en excepter les pécheurs les plus impies. Et comme le soleil éclaire tous les corps, les terrestres aussi bien que les célestes ; ainsi, e à la douceur de Marie et par son entremise, il n’est personne au monde + n’ait part aux divines miséricordes, pourvu qu’il les implore.

Au royaume de Valence, un grand criminel avait résolu de passer chez les turcs et d y prendre le turban; il désespérait d’échapper autremen aux coups de la justice. Déjà même il se rendait au port pour s’embarquer, lorsque, passant devant une église, il y entra et assista au sermon qu'y prêchait en ce moment le père Jérôme Lopez de la Compagnie de Jésus.

ce sermon, qui roulait sur la miséricorde divine, le pécheur se convertit et se confessa au prédicateur lui-même. Celui-ci lui demanda s’il avait conservé queique pratique pieuse en retour de 1 uelle Dieu lui aurait fait cette grâce insigne. “La seule dévotion que j'aie pratiquée, répondit-il, a été de prier chaque jour la sainte Vierge de ne pas m’abandonner.’

Le même religieux rencontra un jour à l’hôpital un

autre pécheur qui ne s'était plus confessé depuis cinquante ans ; toute sa religion pendant cet intervalle s'était réduite à ceci : quand il voyait une image de Marie, il la saluait et priait la divine Mère de ne pas le laisser mourir dans le péché mortel. Or, il raconta que dans une rixe avec un de ses ennemis, son épée s'était rompue : et alors se tournant vers la bienheureuse Vierge, il s'était écrié ; “Hélas ! me voilà mort et damné. Mère des pécheurs ! secourez-moi.”?

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