‹ Gloires de Marie [microforme]Chapitre 41 sur 45 · acte Pt a · texte numérisé non relu

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Le saint nom de Marie est donc pour ses serviteu: pendant leur vie, la source de bien des douceurs et € grâces bien précieuses ; il nous reste à voir combie plus doux encore il leur devient au dernier momen en rendant leur mort tranquille et sainte.

Le père Sertorius Caputo, de la Compagnie d Jésus, engageait tous ceux qui doivent assister un mot rant, à lui répéter fréquemment le nom de Marie prononcé à l’heure de la mort, disait-il, ce nom de vi et d’espérance suffit à lui seul pour mettre en fuit les démons et fortifier les mourants dans toutes leu: angoisses. Avec non moins de zèle, saint Camill de Lellis recommandait à ses religieux d’excite souvent les moribonds à invoquer les noms de Jésu et de Marie. Après avoir lui-même suggéré toujour cette sainte pratique au autres, il apprit par sa prc

re exvrience combien elle est douce et salutaire heure le la mort. En ce moment suprême, :acont l’auteur de sa vie, il prononçait avec tant de tendress les noms si chers à son cœur de Jésus et de Marie que les flammes dont il était consumé, se communi quaient aux assistants. Enfin, les yeux amoureuse ment fixés sur les images de Jésus et de Marie, le fron serein et les bras en croix, il expira dans une pai céleste, en invoquant encore ces doux noms, qu furent les dernières paroles de sa vie.

Jésus ! Marie !... est-il prière plus courte qu celle-là ? et pourtant, remarque Thomas A-Kempis autant elle est facile à retenir, autant elle est douc à méditer, et elle est une puissante sauvegarde, contr tous les ennemis de notre salut.

Heureux, s’écriait saint Bonaventure, heureu: celui qui aime votre doux nom, Ô Mère de Dieu Votre nom est si glorieux, si admirable en est la vertu que tous ceux qui ont soin de l’invoquer à l’article de la mort, n’ont rien à craindre des attaques de l’ennemi

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Ah ! quel bonheur de mourir comme le père Fulgence d’Ascoli, capucin, qui rendit le dernier soupir en chantant :

O beauté sans égale ! 6 Marie, à Marie !

Je veux quitter la terre en votre compagnie.

Quel bonheur de mourir comme le bieuheureux Henri, moine de Citeaux, qui d’après les annales de + rt sortit de ce monde en articulant le nom de

arie.

Prions donc, pieux lecteur, prions Dieu de nous faire cette grâce que la dernière parole d2 nos lèvres mourantes soit le nom de Marie. Tels étaient le désir et la prière de saint Germain : “Que ma langue, au moment de se glacer, répète encore une fois le nom de Marie.” Oh ! que la mort est douce et paisible, sous les auspices et la protection de ce nom de salut, de ce nom que Dieu accorde d’invoquer au moment de mourir, à ceux là seuls qu’il veut voir sauvés !

Ma douce Souveraine et ma Mère, je vous aime beaucoup ; et par amour pour vous, j'aime aussi votre saint nom ; je suis résolu et j'espère, avec votre secours, de l’invoquer pendant toute ma vie, et à ma mort. Je vous adresse donc, en terminant,

tte tendre prière de saint Bonaventure : Pour la gloire de VUUIE LUI, IUISQUE MON Ait sortira do 09

monde , venez au-devant d'elle, ô Vierge bénie, et daignez la 1erevoir entre vos bras. Ayez la bonté de venir la consoler alors par votre douce présence : soyez pour elle l’échehe et la voie du ciel ; obtenez-lui

grâce du pardon et l'éternel repos. O Marie, notre Avocate, c’est à vous de défendre vos serviteurs et de plaider leur cause au tribunal de Jésus-Christ.

XEMPLE.

Le fait qu’on va lire est rapporté par le père Rhc et par le père Lyrœus, comme arrivé vers l’an 146! dans la province de Gueldre.

Une jeune fille nommée Marie fut un jour envoyée par son oncle au marché de Nimègue, pour achete divers objets, avec ordre de se retirer le soir che: une tante qu’elle avait en cette ville. Elle obéit : mais, le soir, étant allée trouver sa tante, elle en fut durement repoussée, et elle dut se remettre en chemin pour regagner sa maison. Mais bientôt, se voyant surprise par la nuit, elle entre dans une si grande colère, qu’elle appelle le démon à haute voix. Celui-ci lui apparaît aussitôt sous la forme d’un homme, et lui promet de l'aider, à une condition. “Je suis prête à tout faire,” répond la malheureuse. “Tout ce que je veux, lui dit alors le malin esprit, c’est que dorénavant vous ne fassiez plus le signe de la croix, et que vous changiez de nom. — Quant au signe de la croix, réplique-t-elle, je ne le ferai plus ; mais pour mou NU de Marie, il m'est trop cher, je ne veux pas en changer. - Et moi, je ne vous aide pas, reprend le démon.” Enfin, après beaucoup de débats, ils convinrent qu’elle s’appellerait de la première lettre du nom de Marie, Emme ou Emma. Cela conclu,

ils se rendirent à Anvers, où la misérable passa siv auuéts en celle detestable compagnie, et se livr4 au

libertinage jusqu’à devenir le scandale de la ville entière.

Un jour, elle dit au démon qu'elle désirait revoir son pays. L'esprit inferna] ft d’abord des difficultés, mais il dut finir par céder. Lorsqu'ils arrivèrent à Nimègue, on y représentait un drame tiré de la vie de la sainte Vierge. Ce spectacle toucha la pauvre Emma, qui avait conservé un reste de dévotion à la

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Mère de Dieu : elle se mit à pleurer. “Que faisonsnous ici? dit alors son compagnon ; allons-nous jouer, nous aussi, la comédie ?” I] a saisit en même temps pour l’entraîner ailleurs ; Mais, voyant qu'elle résiste, et que déjà elle lui “oape, de rage, il l’élève en l'air et la jette au milieu du t âtre. Ainsi délivrée, la pauvre fille raconta ce qui lui était arrivé, et se présenta ensuite au curé pour se confesser ; mais le curé la renvoya à l’archevêque de Cologne, et l'archevêque au pape. Ce dernier entendit ss confession, et lui imposa pour À rage de porter continuellement trois anneaux e fer, dont un au cou et un à chaque bras. Elle obéit, revint à Maestricht, ets’y renferma dans un couvent de repenties, où elle vécut quatorze ans dans l'exercice de rudes pénitences. Après ce laps de temps, un matin À son ever, elle trouva les trois anneaux brisés d'eux-mêmes, Deux ans plus tard, elle mourut en odeur de sainteté, et voulut qu’on l’enseveltt avec ces trois mêmes anneaux qui, d’esclave de l'enfer, l'avaient rendue l'heureuse captive de sa Libératrice.

PRIERE

O Marie, auguste Mère de Dieu et ma Mère, il est vrai que je ne suis pas digne de prononcer votre nom . mais, puisque vous m'aimez et que vous désirez mon salut, vous m’accorderez de Pouvoir toujours, quelque impure que soit ma langue, appeler à mon aide ce nom st saint et si Puissant, notre soutien pendant la vie, et notre salut à l'heure de la mort. Ah! Marie, vierge pleine de pureté et de douceur, faites que votre nom soit désormais la respiration de mon âme ; el ne tardez pas à me secourir, chaque fois que je vous invoquerai : dans toutes les tentations et dans tous les besoins que J'éprou-

verai dorénavant, je suis résolu de ne jamais manquer de recourir à vous, en répétant toujours: Marie | Marie ! — =

Voilà, je l'espère, ce que je ferai durant le reste de ma vie, et surtout dans les derniers moments, pour aller ensuite louer éternellement en paradis votre nom bienaimé, Ô clémente, 6 bonne, 6 douce Vierge Marie ! Ah! aimable Marie, quelle consolation, quelle douceur, quelle confiance, quelle tendresse ressent mon âme, quand je prononce votre nom, ou seulement quand je pense à vous ! Je remercie le Seigneur mon Dieu de vous avoir donné, pour mon bonheur, ce nom si doux, si aimable et si puissant. Mais, ma Souveraine, je ne me conlente pas de prononcer votre nom, je veux encore le prononcer par amour, je veux que mon affection m’avertisse de le répéter à toute heure, en sorte que je puisse m’écrier avec saint Anselme de Lucques : O Nom de la Mère de Dieu, tu es mon amour !

Ma chère Marie, mon bien-aimé Jésus, que vos doux noms vivent à jamais dans mon cœur et dans tous les cœurs |! que mon âme perde le souvenir de tous les autres noms, pour se rappeler uniquement et invoquer sans cesse vos noms vénérés ! Ah ! Jésus, mon Rédempteur, et Marie, ma Mère, quand je serai arrivé à l’article de la mort, à ce moment décisif où mon âme devra sortir de cette vie, je vous en conjure par vos mérites, accordezmoi celte grâce qu'avant de devenir à jamais muette, ma bouche répète une dernière fois ces mots: Je vous aime, Jésus et Marie | — Jésus et Marie ! je vous donne mon cœur et mon âme. :

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