‹ Gloires de Marie [microforme]Chapitre 42 sur 45 · NOTRE-DAME DU PERPETUEL-SECOURS · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DU PERPETUEL-SECOURS

Histoire de l'Image miraculeuse.

Vers la fin du XVe siècle, alors que les Turcs, à l’apogée de leur puissance, envahissaient le midi de l’Europe, des habitants de l’Ile de Candie ou de Crète fuyaient devant ces barbares et faisaient voile vers les côtes de l'Italie. A peine sortis du port, ils virent le ciel se couvrir d’épais nuages, et une affreuse tempête se déchaîner sur les eaux . L’ennemi des âmes prévoyait-il déjà le bien qui devait résulter de ce voyage, ou bien Dieu permettait-il ce fâcheux accident pour manifester ses ”:: seins ? Toujours est-il que bientôt, la violence de l'orage croissant à chaque instant, matelots et passagers se crurent perdus.

Un seul ne partageait pas la commune frayeur ; Par son calme, il semblait dire, comme autrefois saint ’aul, à ses Compagnons d’infortune : “Ne craignez rien, Dieu veut que j'arrive à Rome, le vaisseau qui me porte ne saurait périr.”’C’était un pieux marchand, probablement italien de naissance, plus avide des

“Voici, dit-il, Celle -qui doit nous sauver : jetons-

nous à ses genoux, et invoquons tous ensemble la MERE DU PERPETUEL SECOURS.”

Dans les grands périls, les moins dévots, les pl indifférents même se souviennent qu’il est un Die au ciel et qu’il a une mère. Aussi, à la voix du bo marchand, tous ceux qui montaient le vaisseau s’en pressèrent de se -prosterner devant l’image de Cell que l’Eglise invoque sous le nom, si doux aux nautor niers, d’Etoile delamer. Cenefut pas en vain: pres que aussitôt le calme succéda à la tourmente, et u vent favorable poussa le navire dans un port d’Itali Quant au pieux propriétaire de l’image secourable, se rendit à Rome. :

Son intention n’était nullement de s’y fixer, mai de se rendre de là dans sa patrie ; et en quittant 1 ville sainte, il n’y eût certainement pas laissé son tré sor, son précieux tableau, qui lui était devenu, on 1 conçoit, plus cher que jamais, mais une fois arrivé dans la capitale du monde chrétien, Notre-Dame d Perpétuel-Secours n’en voulait plus sortir... Qu’ad vint-il donc? Que son fidèle serviteur tomba malad chez un de ses amis, et sentit bientôt sa fin approcher Il appela son hôte, lui remit la sainte image, et lu fit promettre de procurer par tous les moyens en 80: pouvoir, qu’elle fut exposée et publiquement honoré dans une des églises de Rome. Après quoi,.on es en droit de le penser, il alla recevoir au ciel la récom pense assurée à tous les vrais serviteurs de la Rein des Anges.

Il est dit que toutes les œuvres de Dieu souffriron contradiction. L’ennemi de tout bien est avant tou l’ennemi de Celle qui lui a écrasé la tête ; et, selon 1: prophétie antique, il ne cesse de dresser des pièges : son pied triomphant. Sachant combien d’âmes Ma rie lui arrache chaque jour, il n’a rien tant à cœur qu

les plus in Dieu du bon u s’emle Celle nautonn: pres- >, et un d’Italie.

rable, il

la contrister.

Par la mort de l’injuste détenteur de 1 Vous pensez sans doute, pieux lecteu

rien ; cette femme n’en

d’entraver son culte en tous lieux. Afin donc d’empêcher Notre-Dame du Perpétuel-Secours de faire Taÿonner sa salutaire influence sur toute la ville de

ome et par suite sur l'univers, il imagina de la tenir captive dans la maison privée où elle avait reçu l’hospitalité. Pour cela, il inspira à la femme du l taire un attachement tout naturel mais si vif

une église. Et D Mère, et afin de faire con desseins sur la sainte image.

ami expirant, et le menaça 1 ne tenait parole. Troublé par ces avertissements, il en fit part à sa femme, mais elle

se moqua de sa crédulité, et il n°

La volonté divine s'étant si clairement manifestée

a sainte image, r, que Sa veuve ns aucun délai? Il n’en fut parut que plus intraitable.

t-il la frapper comme il a venait point, d’abord par-

… !t Dieu, que fera-t-il? va- + fait son mari ? Cela ne con

ce qu'elle restait seule témoin de l’histoire de l’imag miraculeuse, et puis parce qu’elle avait une petit fille candide et innocente, qu'il ne fallait pas rendit orpheline. Cette enfant parut à Marie un instrt ment propre à l’accomplissement de ses desseins.

Un jour donc, l’obstinée géôlière de la Madon vit accourir à elle sa fille qui se jeta entre ses bras e criant : “Maman ! maman ! je viens de voir un très belle dame toute resplendissante, qui m'a dit Va à l'instant trouver ta mère, et répète-lui que NorRs DAME Du PERPETUEL-SECOURS veut être exposée à 1 vénération des fidèles dans une église de Rome. Profondément émue, la veuve allait obéir, quanc se voyant vaincu, Satan tenta de renouer sa tram perfide : Une amie à qui la veuve s’ouvrit de sa ré solution, l’engagea à mépriser ce qu’elle appelait le rêves d’une enfant, et elle accompagna ce consei d’un horrible blasphème. Son crime ne resta pa impuni : saisie d’épouvantables convulsions, elle s vit forcée de reconnaître sa faute et d’en implorer 1 pardon. Et Marie, voulant montrer qu’elle étai bien la Mère du Perpétuel-Secours, accorda sa pre mière grâce de guérison à celle qui l’avait si indigne ment outragée. A peine la coupable eut-elle touch avec respect et confiance la sainte Image ,que son ma disparut.

Frappée des deux prodiges dont elle venait d’êtr: témoin, c’est-à-dire du châtiment subit de sa coupa ble amie,et de sa guérison non moins subite, la dépo: sitaire de la sainte Madone rendit enfin les armes e promit d’obéir. Mais un point restait encore à dé cider. Des trois cents églises de Rome, laquelle fal lait-il enrichir de ce précieux trésor ? — Direz-vou: peut-être, pieux lecteur, que la chose importait peu La très sainte Vierge fut d’un autre avis : répondant

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