‹ GlorianaChapitre 4 sur 9 · SUR LES TOITS · texte numérisé non relu

SUR LES TOITS

C'est la joie, aux premiers étages inconnue , Qu'on prend à même au ciel et qu'on jette à la rue. Et ce bonheur du pauvre au Seigneur coûte peu, Un rayon de soleil à travers le ciel bleu !

Chantez, les beaux enfants ! chantez, les ouvrières !

Chantez, les vétérans ! chantez, les vieilles mères !

Car l'aurore est superbe , et Dieu même a pris soin

De vous faire ce jour qu'il regarde d'un coin !

Chantez, pauvres amis que le travail rend pâles l

Le chant refoule au cœur les paroles fatales,

Et donne un grand trésor à toute pauvreté :

Le trésor de la paix, l'argent de la gaîté !

Ne maudissez jamais le riche qui s'exalte,

Vous faites comme lui, pour quelques instants, halte.

Sa tente a de la pourpre et la vôtre un haillon ,

Qu'importe I Dieu nous prend tous sans illusion.

Laissez venir le temps des justices sereines ,

Où les filles du pauvre au ciel seront des reines ;

Pourvu que le travail, diligent et penché ,

Ait, abritant leur âme, écarté le péché !

Laissez venir le jour des pieux équilibres,

Où tous les enchaînés d'ici-bas seront libres ;

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