SUR LES TOITS
C'est la joie, aux premiers étages inconnue , Qu'on prend à même au ciel et qu'on jette à la rue. Et ce bonheur du pauvre au Seigneur coûte peu, Un rayon de soleil à travers le ciel bleu !
Chantez, les beaux enfants ! chantez, les ouvrières !
Chantez, les vétérans ! chantez, les vieilles mères !
Car l'aurore est superbe , et Dieu même a pris soin
De vous faire ce jour qu'il regarde d'un coin !
Chantez, pauvres amis que le travail rend pâles l
Le chant refoule au cœur les paroles fatales,
Et donne un grand trésor à toute pauvreté :
Le trésor de la paix, l'argent de la gaîté !
Ne maudissez jamais le riche qui s'exalte,
Vous faites comme lui, pour quelques instants, halte.
Sa tente a de la pourpre et la vôtre un haillon ,
Qu'importe I Dieu nous prend tous sans illusion.
Laissez venir le temps des justices sereines ,
Où les filles du pauvre au ciel seront des reines ;
Pourvu que le travail, diligent et penché ,
Ait, abritant leur âme, écarté le péché !
Laissez venir le jour des pieux équilibres,
Où tous les enchaînés d'ici-bas seront libres ;