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UN RAYON

Le réséda fleuri que la carafe arrose,

Ombrage le grand verre où s'étale une rose ;

Et la cage où l'oiseau babille en se baignant ,

Et le chat qui se roule en vous égratignant,

Reprennent, bons amis, leur place à la croisée ;

Et la dame du lieu, de sa bouche rosée,

Rend sans trop de façons un baiser au voisin,

Qui lui fait sur le mur son portrait au fusain.

Tout s'éveille et tout chante au quartier des gouttières.

Les longs volubilis qui gardent les frontières,

Laissent, en s'écartant, de ces petits étais*

Sortir bien des refrains qui ne s'accordent pas.

C'est le sentimental couplet de la grisette,

Qui se plaint de l'amour sur un air de musette ;

Ce sont les ut vibrants d'anonymes ténors,

Dont les poumons hardis ajoutent aux accords;

C'est la petite voix de la fille modeste,

Qui chante à son vieux père en recousant sa veste ;

C'est le vieux père aussi, fort sur son Béranger,

Qui chante l'empereur et maudit l'étranger !

C'est partout un concert plein de notes mêlées,

Qui monte vers le ciel par joyeuse volées ;

C'est le salut de l'homme et celui du pinson !

C'est fête à la mansarde et fête à la maison !

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