L. DE LiNCY, Prot?., XV«"« siècle
Glot d'œufy celai ou celle qui est avare d'an œuf. Lorsque quelqu'un porte des œufs dans un panier, il arrive souvent qu'on le défie, en criant : « Glot d'œuf 1 s Alors pour montrer qu'on ne tient pas à un œuf, qu'on n'en est pas gîout, on le jette sur celui qui vous provoque.
6L01JTIR (Se), v. réfl.— Se blottir; prendre la fuite en s'eflTaçant le plus possible : « Un lapin s'est glouti dans cette pièce de trèOe. •
OLUIACHE, n. f. — Paille de seigle qui ne peut servir à fsûre des liens,^ et qu'on donne à manger aux bestiaux ; autrefois gluyons :
Item, à Perrenet Marchant, Luy laisse trois gluyons de feurre.
Pour étendre dessus la terre Et faire Tamoureux mestier.
Villon.
Le bibliophile Jacob semble n'avoir pas compris ce mot. Villon, ditil, appelle gluyons de vieilles nattes gluantes d'ordure et de malpropreté. — Il n'y a aucun rapport entre glu et glui. Une botte de paille n'est pas une natte.
GLUIER, V. act. — Trier dans une gerbe de seigle battu les plus belles tiges pour faire des liens ; du fr. glui,
GLUYANT, adj. — Gluant.
Adventuriers qui gluyantes les mains
Ont comme colle
J. Marot.
6N06N0TE, n. f. — Un rien, une bagatelle.: « Tout ce que vous me dites-là, c'est de la gnognote ou des gnognotes, »
GOBE, n. f. — Grosse bouchée : « Il avale des gobes de viande à s'étoulTcr. » L'anglais goby bouchée, est un mot normand.
GOBIER, n. m. — Niais, imbécile ; espèce de gobe-mouches ; est toujours accompagné de l'adjectif grand : « Quel grand gobier 1 »
GODARD, n. propre. — « Servez Godard, sa femme est en couches. » Proverbe très-usilé et dont on donne différentes explications.
Selon Oadin {Cur. fr,, p. 142 et 251), c'est une façon de j^rler vulgaire poor refoser quelque chose à un impertinent qui se veut faire servir en maistre, ou bien à un impatient.
Selon d'autres (Corblet, Decorde), ce dicton vient de ce que, dans plusieurs provinces, le mari d'une femme en couches se mettait au Ht pour recevoir les visites de ses parents, et prenait ainsi ses aises pendant plusieurs jours.
Cette explication est la plus vraisemblable. Notre proverbe rappelle une vieille coutume mentionnée par le géographe Strabon qui dit que chez les Ibériens du Nord de l'Espagne, les femmes, après la naissance d'un enfant, soignent leurs maris, les faisant mettre au lit au lieu de s'y mettre elles-mêmes. Coutume absurbe^ « qu'on a pu suivre pendant plus de dix-huit cents ans et retrouver dans les parties du monde les plus éloignées des unes des autres, dans la Chine occidentale, sur les bords de la Mer Noire, en Corse, en Espagne, etc. » (Voir Max MuUer, Essais sur la Myth, comparée.)
Dans le conte i'Aucassin et Nicolette, il est fait allusion à cet usage : • Il (Aucassin) demande ù li Rois estoit, et on li dist qu'il gissoit d'enfant. — E ii est dont se femme ? — Et on li dist qu'ele est en lost, et si i avoit mené tox cias du pais. » (p. 290.)
GODICHE, adj. — Nigaud, sot ; selon Scheler et Littré, c'est une forme populaire de claude^ niais, imbécile. Lorsque quelqu'un ne comprend pas une question et répond tout de travers, on manque rarement de lui citer ce bout de conversation : « Bonjour, Claude- Monsieur , je fauque. — - Comment te portes-tu ? — Je gagne un écu. t
606NBR, V. act. — Epier, regarder du coin de l'œil, limis oculis, et par extension, loucher : « Retire-toi, je n'aime pas qu'on gogne tout ce que je fais.»
Gogneux, euse, adj. Celui, celle qui a les yeux louches.
£rOMME, n. m. — « Du gomme arabique. »
60R6ETTE, n. f . — Gorgeretle , de même chauffette pour chaufferette.
60SILL0T, n. m. — Gosier. On dit aussi gosillon. Ces deux mots se rapprochent de la forme ancienne gosillier.