‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 118 sur 278 · BON · texte numérisé non relu

BON

Par Dieu ! se je les empoigne, Puisque j'en jure une fois, Je leur monstrerai sans hoigne De quel pesant sont mes doigts.

Ol. Basselin.

HOIGNÉE, Hoignerle, n. f. — Pleurs, lamentations, en maayaise part. Au figuré grincement. Une porte fait des hoignées lorsque les gonds ne sont pas huilés.

HOIGNEMENT, n. m. — Çri de douleur d'un chien, d'un chat, quand on lui marche sur la queue ou sur les pattes.

HOIGNER, V. n.— Pleurnicher, grincer; dans Marot, grogner.

Il faut dire, puis qu'ainsi hoingne^ Qne je lui ai gratté sa roingne En quelque mot qu'il trouva layd.

HOIGNON, n. m. — Enfant qui pleurniche sans cesse. C'est le v. fr. waignon, chien (animal qui hoigne, aboie continuellement). Çomp. hoignard, hoigner,c\c., avec l'anglais to whine, se plaindre.

HOMME, n. m. — Mari : « Not' homme, nos iwmmes^ » c'est ainsi que nos campagnardes désignent leurs maris.

Clocz vos huis, taverniers, à nos hommes.

Ane, Poés., VI, 176.

Il Homme d'âge. (V. Age.)

HONESTÉ, n. f. — Honnôtclé, probité : « C'est un homme de grande honesté, » Primitivement ce mot eut le sens du latin hanestas, exemple :

Por s'furct morte a grand honestet,

EuLAilE.

Nobles hom ert, e netée Ama toz dis et honesté,

GuiLL. DE Saint-Pair, v. 3030.

Il Honestés, au plur. Actes, paroles de politesse. « Le Procureur de Tyr leur list de grandes honestez, » {Chron. d'Emaul, 139.)

HONTABLE, adjectif. — Honteux, infâme ; ne s'applique qu'aux choses : « Maltraiter ainsi son père, c'est hontable. »

Page 1