‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 132 sur 278 · LI · texte numérisé non relu

LI

LEUR, adj. poss. — Leus, au plur., devant une voyelle ou un h muet : « Les femmes viendront avec leus hommes. » Leu, au sing. et au plur. devant une consonne : « Je connais leu maison. — Leu domestiques sont partis. » Leut, au sing. féminin, devant une voyelle : « Je crois que leut afîaire va mal.»

LEDVE, n. f. — Louve : « Une pauvre leuve, une pauvre femme; quelquefois une femme de mauvaise vie, comme le latin lupa, qui avait le sens de courtisane, ainsi qu'on peut le voir dans Plaute et dans ce passage du Liber de Spectaculis attribué à saint Cyprien : « Quod si rursum prœrogem quo ad illud spectaculum itinere pervenerit, confUebitur per luparura, per prostiiutarum nuda corpora,,,,n

On te connaît dans le bordéau ; C^est là que tu tiens ton bureau.

Vilaine louve diffamée, Reste des goujats de Tarmée.

Paris burl. par le sieur Berthoo.

De même, dans la vieille langue, le nom de lisse (chienne) était

souvent appliqué aux prostituées :

Pute mauvese, vil lisse abandonée.

Aliscans, V. 3041.

LED-WAROD, n. m. — Loup-garou. J'ai entendu dire aussi par quelques paysans warder, eswarer, au lieu de garder et égarer, mais cette prononciation appartient proprement au picard et aux dialectes de la Flandre française. Les trouvères et chroniqueurs originaires de cette région écrivent want, waitier, rewarder, werredoner, wimple, warir, werpir, wise^ au lieu de gant, gaitier, regarder, guerredoner, guimpe, guérir, guerpir, guise. Ces vieilles formes et d'autres semblables se rencontrent surtout dans la Vie Saint-Alessin, rédaction du XIII«™« siècle.

LEVÉ (Être Men OU mal), loc.-* Etre bien ou mal disposé, de bonne ou de mauvaise humeur.

LI, pron. — Lui, du latin illi : « Voilà un pauvre, doine-{i un sou. » Notre patois a gardé ce pronom usité depuis l'origine de la langue jusqu'au XIV«°*® siècle :

En piez se drescet, si li vient contredire.

Ch. de Rol, p. 18.

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