‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 142 sur 278 · MAT · texte numérisé non relu

MAT

comme drapeau, chapeau, râteau, rouleau qui font : Drapet, capet, râtetj roulet.

MARTYR, n. m. -^ Un pauvre diable, un homme qui gagne difficilement sa vie : « Travailler comme un martyr, » travailler beaucoup.

HASIËRE, n. f. — Bord d'une rivière : « Les truites s'enfoncent sous la masière. » Anciennement ce mot signifiait mur, clôture, du latin maceria, d'où les noms de localités : Mazère, Mazière, Mezières, Mezeraij, etc.

Un sarkeu fist apareillier Lez la maisiere del mustier.

Rou, V. 5879.

Il avoit en .ui. lius en Jherusalem .m. cuves de marbre enseellées en maisières. » (Chron. d'Ernoul.)

D'où maiserer, maçonner : «Si le puch fist vuidicr et inaiserer tout neuf. » (Chron. d'Ernoul, p. 122.)

MASTOQUE, n. m. — Lourdaud : « Un gros nuistwiue. »

MASURE, n. f. — Basse-cour, herbage qui entoure une habitalion ; ce mot a gardé dans notre patois le sens qu'il avait à l'origine. Etym. bas-lat. mansura, demeure.

MATÉRADX, n. m. — Matériaux.

MATIN, n. m. — Loc. particulière : « Etre du matin, » aimer, être habitué à se lever matin

Il Du matin j de bonne heure : « Il est venu du matin me trouver. » On trouve cette locution dans Corneille et Molière.

Il A ce matin, ce matin.

L'archer qui tire aux Dieux et aux hommes

A ce matin vous voj^aut à l'église

Saiuct Gelays, II, p. 264.

a Icy est l'isle farouche dont je vous parloys à ce matin. » (Rab., Garg., IV, 35.)

MATTES, n. f. plur. — Lait caillé ; au. lieu de mnttes, on emploie couaillot : a Une bonne, belle et grande platelée de mattes sures. » (N, Fabrique.)

222 MÉK

HAUREPAS, n. m. — Nom de localité ; hameaa voisin de Grandcourt. Etym mau = mal, et repas.

MAUVAIS, adj. — Enragé, en parlant d'uA chien : « Un chien mauvais, » l'adjectif, en ce sens, se place toujours après le nom : « Quant on crient que son chien ne soit mors de chien Tnauvais,'{sAites le mengier parmy un trépié et boire, et il sera pour cette fois asseuré de mal avoir. » (Ev. des Quenouilles, p. 122.)

MADVAISETÉ, n. f. — Méchanceté.

Celc nuit fist li rois toute sa voleuté

De la très fausse serve, plaine de mauvaisté.

Berte, V. 403.

« Or vois-je bien que la mauvaiseté des femmes surpassera celle des hommes. » (Bon. des Périers, Cymbalum mundi,)

« Cette mauvaiseté d'enfant chagrina beaucoup Landry. » (G. Sand, Fadette.)

Mauvaistié était un de ces vieux mots que regrettait La Bruyère.

HAUVIARD, Monviard, n. m. — EsiHîce de grive selon les uns, d'alouette selon les autres. D'après Littré, c'est le merle mauvis, fléau de la vigne, malum vitis ?

HËGANIQUE, n. f. — Machine qui, au moyen d'une vis, ralentît dans les descentes la marche des voitures.

MÉCHANT, adj. — Pauvre, misérable : « Un méchant fermier, un méchant porte-balle. »

Il Mauvais, sale, boueux : a Voilà un chemin bien méchant. »

MÈCHE (Il n'y a pas), loc. — « Cette locution pourrait venir de l'italien : non c'è mezzo, il n'y a pas moyen » (Jaubert).

MÉD'ÇAINE, n. fém. — Médecine; remède : « Quelle drôle ed méd'çaine que cha? » *

MËEAINE, quelquefois Meklne, n. f. — Meschine, mot qui dans l'ancienne langue voulait dire d'abord jeune fille, plus tard servante; ^xxmmiûi mescinete. (Auc. et Nicol, p. 260.)

Ilucc se hebcrga une franche meschine^ Fille Yon de Gascoigne, de devers la marine.

Gui DE Nanteuil, V. 421.

MÉN - 223

Berte se fait amer corne celé qui ne fine De servir plus à gré c'une povre meschine.

Berte, v. 371.

En Picardie, dans le canton de Gamaches, on appelle encore méhaine, une servante. Dans notre vallée on désigne sous ce nom un instrument de cuisine^ cercle en fer qu'on suspend à la crémaillère pour supporter une poêle ou une chaudière.

MEL. — Agrégation des mots me, et U^ la; comp. avec del, jel, nel, tel, etc. : c Tu m'as promis uncoutiau, il faut que tum^I donnes. — Ej veux bien louer vo ferme, mais il faut mel fair vir, (voir.) »

HÉLAN> n. m. — Merlan.

MÉLI'HÉLO. n. m. — Mélange confus.

MELON, n. m. — Niais, nigaud, propre à rien. De tout temps on a pris le mot melon dans cette acception burlesque. Thersite, par raillerie, appelle les grecs mirûvi;, melons (Iliade .11. 235) et TertuUien reproche à Marcion d'avoir un melon à la place du cœur : Puponem loco œrdis habere.

MÊME CHOSE (La), loc. adv. — Tout de même, pareillement : « J'ai intention d'aller chez vous dimanche. — Je n'y serai peut-être pas. — Eh bien, j'irai la même chose, »

MËHÉRE, n. f. — Grand'mère, terme enfantin. Femme qui a de l'embonpoint : « Une bonne grosse mémère, » On dit de même avec redoublement de la première syllabe : Tantante, pépère, fiftls, seusœur, béhête. (V. Enyuiquiner.)

No premerain pepère Adam. (Sermon de Maurice de Sully, cité par Le Héricher.)

« Pas vrai, fifille ? plus de pain sec, tu mangeras tout ce que tu voudras. »

« Ah ! elle ouvre les yeux : Eh bien ! la mère, mémère , timère, allons donc. » (Balzac, E. Grandet.)

HÈNACrER, n. m. — Fermier, petit cultivateur. C'est le sens que le poète Racan a donné à ce mot dans ces vers :

Oubliez, oubliez Tamour de ce berger.

Et prenez en son lieu quelque bon ménager.

Berq., I.

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