‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 147 sur 278 · MEU · texte numérisé non relu

MEU

qui est tout en eau, et le faictes un petit frotter. — Dieu, dit le barbier, il en a bon métier, » (Bon. Des Périers.)

La France avoit mestier

Que ce potier fust roy, que ce roy fust potier.

D'AuBm trag,

METTRE, V. act — Subj., que jew^cA^, que tu mèches, etc., forme usitée jusqu'au XrV«™« siècle :

A paines prent-ele onques pain, Que li dus ul mèche sa main.

Rom. du Comte de Poitiers, p. 8.

Je lo qu'ils mechent en cstui Lor lanchc et lor escus nues.

Rom. de'^a Violette, v. 5979.

Faitez que vous trouvez le bon roy men mary.

Et ly ditez, biau sire, ne me mâche en oubly.

Huo. Capet, p* 199.

MEUR, adj. — Mûr. Le grammairien Ramus (1562) enseigne que l'on doit prononcer meur ; vingt ans après; H. Estienne assure au contraire que l'on dit mûr. En 1606, Nicot donne heurter et hurler, meusnier et munier, beurre et burre, etc. ; d'où l'on peut conclure que la prononciation de la diphthongue eu a beaucoup varié. (V. le mot abruver.)

Si je ne puis au printemps arriver,

Je suis taillé de mourir en yver,

Et en danger, si en yver je meurs,

De ne veoir pas les premiers raisins meurs,

Marot.

Que je vous croyois bien d'un jugement plus meur ! Ne pouviez-vous souffrir de ma mauvaise humeur.

Corneille, Gai. du PaL, y. 4.

De même Racan fait rimer ensemble meurs (mûrs) et mœurs. (Traité de Versif., p. 358.)

Dériv. meurir, mûrir; meurison, murison, maturité, temps où mûrissent les fruits.

MEnRDRIR,v. act.— Meurtrir. V. fr. mordrir, murdrir ; dériv. murdrissur^ meurtrier ; de l'ancien haut-allemand murdrjan.

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