‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 159 sur 278 · R. DE COLLERYE · texte numérisé non relu

R. DE COLLERYE

a L'enfant sucçoit le pis de la cbèvre tie plus ne moins que s'il eust tetté la mamelle de sa mère nourrice. » (Amyot, Daphn. etChlaé.)

« JV^ plus- ne moins que le bcnoist saint Paul, qui de persécuteur des chrétiens fut fait vase d'élection. » (Sat. Mén., 87.)

« Mademoiselle, ne plus ne moins que la statue de Memnon, etc. » (Mol., Malade imag., II, 6.)

NEL. — Agrégation des mots ?w le, ne la; ex. : (n Jenel ferai poiat,» je ne le ferai pas. a Si elle vient, je nel recevrai pas, » je ne la recevrai pas.

II nel connureut, si ont à lui parlé !

Saint Alessin, réd. du XII«"« siècle, v. 500.

« Je iiel vous di mie pour voir, mais ensi le disent aucunes gens,

qu'ensi l'avoit dit li empereres par orguel. » {Chronique d'Ernoul,

Dune à sci-meismes avait dit Que nul beste neV valait.

Majiie, fabl. 32.

Pour le roi Pépin prie, nel met pas en oubli.

Berte, V. 1433.

NENTILLE, n. f. — Lentille : « Il faut dire aussi de la poirëe et des nentilles avec les Parisiens, et non pas des bettes ni des lentUUs avec les Angevins. » Tel était le précepte donné au XV1I«™« siècle par Mesnage, l'oracle des précieuses. Aussi M"® de Bregy, nièce du savant Saumaise, une des précieuses les plus qualifiées, qui avait beaucoup d'esprit, mais une orthographe de cuisinière, écrivait-elle nantille, (Voir une de ses lettres citée par Sainte-Beuve, Caus. du Lundi,

t. XI.;

NÉSIME, n. propre. — Onésime.

NEU, adj. — Neuf : a Avoir un chapeau neu , un habit neu, » On prononce de même œuf, bœuf : « Donner un œu pour avoir un bœu. •

NOEU 241

NEUGHE, n. f. — Noce : « Une belle neuche. — Iras-tu al neucke de Jeanne? »

NIANT, n. masc. — Un niais, un homme de rien; de néant.

NICHÂRD, n. m. — Paresseux, celui qui reste au nid ou au lit. du fr. nichây d'où anicher; v. act. mettre dans un nid, et, par extension, attirer, retenir quelqu'un chez soi par des caresses. « I ne faut pas anicher les kiens dans Tmaison. »

NICHOUÉ, n. m. — (£uf naturel ou taillé dans un morceau de marne qu'on laisse dans le nid des poules pour les engager à pondre.

NIFLER> V. n. — Flairer avec bruit, en parlant d'un chien. Niffle était un mot d'argot signiGant nez. Le français a gardé les dérivés mornifk et renifler.

Enfant, en quelque compaignie Que tu soyes, garde de ni fier Ton nés hault, ne faire siffler :

C'est déshonneur et mocquerie.

Ane. Poés.., liv. I**", p. 191.

NIVELET, n. m. — Jeune homme prétentieux et maniéré, faquin. Littré donne nivèlerie, vieux mot qui signifie badauderie. La Fontaine a employé l'adjectif nivelier , badaud. (Lettre à sa femme, 1663.)

NO, adj. poss. — Notre, devant une consonne : « No terre, no fille.»

Or repairons à no maison.

Chast. deCoucy, V. 3113.

Qui est chilz qui huche k no huis ?

Chast. de Coucy, v. 3477.

NOCER, quelquefois Neucher, v. n. — Célébrer, fêter la neuche de quelqu'un : « O'z avons noce pendant trois jours. »

Il Faire bombance, jouer, passer ses journées dans les cafés : « Je ne donnerai pas ma fille à un homme qui ne fait que nocer. »

Dériv. iioceux, les gens de la noce ; mot formé comme foireux, fêteux : Celui qui aime trop à s'amuser, paresseux, débauché.

NŒDD-GABRIET, n. masc. — Nœud de la gorge : « S'en donner jusqu'au nœud-gabriet, » manger jusqu'à s'en faire crever, comme disent les paysans; d'après une légende qui raconte qu'Adam, voulant

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