R. DE COLLERYE
a L'enfant sucçoit le pis de la cbèvre tie plus ne moins que s'il eust tetté la mamelle de sa mère nourrice. » (Amyot, Daphn. etChlaé.)
« JV^ plus- ne moins que le bcnoist saint Paul, qui de persécuteur des chrétiens fut fait vase d'élection. » (Sat. Mén., 87.)
« Mademoiselle, ne plus ne moins que la statue de Memnon, etc. » (Mol., Malade imag., II, 6.)
NEL. — Agrégation des mots ?w le, ne la; ex. : (n Jenel ferai poiat,» je ne le ferai pas. a Si elle vient, je nel recevrai pas, » je ne la recevrai pas.
II nel connureut, si ont à lui parlé !
Saint Alessin, réd. du XII«"« siècle, v. 500.
« Je iiel vous di mie pour voir, mais ensi le disent aucunes gens,
qu'ensi l'avoit dit li empereres par orguel. » {Chronique d'Ernoul,
Dune à sci-meismes avait dit Que nul beste neV valait.
Majiie, fabl. 32.
Pour le roi Pépin prie, nel met pas en oubli.
Berte, V. 1433.
NENTILLE, n. f. — Lentille : « Il faut dire aussi de la poirëe et des nentilles avec les Parisiens, et non pas des bettes ni des lentUUs avec les Angevins. » Tel était le précepte donné au XV1I«™« siècle par Mesnage, l'oracle des précieuses. Aussi M"® de Bregy, nièce du savant Saumaise, une des précieuses les plus qualifiées, qui avait beaucoup d'esprit, mais une orthographe de cuisinière, écrivait-elle nantille, (Voir une de ses lettres citée par Sainte-Beuve, Caus. du Lundi,
t. XI.;
NÉSIME, n. propre. — Onésime.
NEU, adj. — Neuf : a Avoir un chapeau neu , un habit neu, » On prononce de même œuf, bœuf : « Donner un œu pour avoir un bœu. •
NOEU 241
NEUGHE, n. f. — Noce : « Une belle neuche. — Iras-tu al neucke de Jeanne? »
NIANT, n. masc. — Un niais, un homme de rien; de néant.
NICHÂRD, n. m. — Paresseux, celui qui reste au nid ou au lit. du fr. nichây d'où anicher; v. act. mettre dans un nid, et, par extension, attirer, retenir quelqu'un chez soi par des caresses. « I ne faut pas anicher les kiens dans Tmaison. »
NICHOUÉ, n. m. — (£uf naturel ou taillé dans un morceau de marne qu'on laisse dans le nid des poules pour les engager à pondre.
NIFLER> V. n. — Flairer avec bruit, en parlant d'un chien. Niffle était un mot d'argot signiGant nez. Le français a gardé les dérivés mornifk et renifler.
Enfant, en quelque compaignie Que tu soyes, garde de ni fier Ton nés hault, ne faire siffler :
C'est déshonneur et mocquerie.
Ane. Poés.., liv. I**", p. 191.
NIVELET, n. m. — Jeune homme prétentieux et maniéré, faquin. Littré donne nivèlerie, vieux mot qui signifie badauderie. La Fontaine a employé l'adjectif nivelier , badaud. (Lettre à sa femme, 1663.)
NO, adj. poss. — Notre, devant une consonne : « No terre, no fille.»
Or repairons à no maison.
Chast. deCoucy, V. 3113.
Qui est chilz qui huche k no huis ?
Chast. de Coucy, v. 3477.
NOCER, quelquefois Neucher, v. n. — Célébrer, fêter la neuche de quelqu'un : « O'z avons noce pendant trois jours. »
Il Faire bombance, jouer, passer ses journées dans les cafés : « Je ne donnerai pas ma fille à un homme qui ne fait que nocer. »
Dériv. iioceux, les gens de la noce ; mot formé comme foireux, fêteux : Celui qui aime trop à s'amuser, paresseux, débauché.
NŒDD-GABRIET, n. masc. — Nœud de la gorge : « S'en donner jusqu'au nœud-gabriet, » manger jusqu'à s'en faire crever, comme disent les paysans; d'après une légende qui raconte qu'Adam, voulant