‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 177 sur 278 · POI · texte numérisé non relu

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Il Aubaine^ héritage inattendu : «Son oncle lui a laissé une bonne pluqut, »

Il Faire sa pluque, faire des épargnes, amasser^ thésauriser.

PLURE^ n. fém. — Pelure; dériv. plurer, peler : a Plurer des oignons. »

PLU VOIR, V. n. — Pleuvoir : « E il pluveit tant fort qu'il ne voleit cesser, n (Th. le mart.^ dans Littré.) •

PLUVOTBR, V. n. — Se dit d'une pluie fine.

POAIL, n. m. — Poil. Comp. avec le v. fr. peil et le bourguignon poi, Dériv. poailluy poilu.

Il Avoir un biau poail, se dit ironiquement d'une personne mal habillée.

P0CA6E, n. m. — Il est d'usage qu'à la fête de Pâques les garçons meuniers, bourreliers et autres, se présentent chez leurs pratiques pour cueillir leur pocage, c'est-à-dire pour demander, et non pour apporter, comme disent les paysans dans leur langage expressif? On leur donne ordinairement quelques sous qu'ils empochent : C'est ce qu'on appelle le pocage, mot qui signifie argent de poche.

Comme les garçons meuniers, les instituteurs cueillent leur pocage. Jadis on leur donnait des œufs, mais il paraît qu'aujourd'hui ils rougissent de cette cueillette, et qu'ils aiment mieux les pièces blanches. (V. Dergny, le Pays de Bray,)

n y a quelques années, avant qu*nne sage décision archiépiscopale eût interdit cet .espèce de colportage, les maîtres d'école, en cueillant leurs œufs de Pâques, allaient de maison en maison offrir des pains azymes, et aspergeaient d'eau bénite le Ut du chef de famille.

POCHIE, n. f. — Le contenu d'une poche : « Avoir une bonne pochie de gros sous. »

P06NE, n f. — Poigne; d'où pognie, poignée : a Et donnoit à poignies aussi bien les siens deniers comme il fesoit cens que il avoit gaingniés. » (Joinville, p. 148.)

J'auray une belle poignie d'argent...

Le Nouveau Pathelin.

POINTER, V. acl. — Clouer avec des pointes.

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POINTU, adj. — S'emploie toujours ironiquement : «Un paiMt^,^

un imbécile.

POIRBTTE, n. f. — Variété de poireau qui ne grossit pas beaa-

coup.

« Puis après porète menue. » (Les Crieries de Paris, XII* siècle).

Aulx et oignons y eut à grandes bottes^ Et molz frommages en grande quantité, Herbes, cyvos, poirette et eschalottes.

Ane» Poés,, t, X, p. 214.

POIRIAU, n. masc. — Perreau : « Oingnons^ pairiauz, navians^ civos qui viennent par eau ne parterre. » (Liv, des Met. , cité par Littré.)

POIRION, n. m. — Verrue: « Quiconque frotte un porion la veiDe de sainct Jehan de la feuille d'un sehus^ et puis la boute parfont en terre, à mesure que cette fueille pourrira, le porion seichera. » (Ev. des Qtienouilles, p. 40.)

a%lle a une noire enseigne en sa diestre cuisse, et un porion priés de son guiel. » (Nouv. Franc, y XIII«"*« siècle.)

POISON, n. f. — «J voudrais bien avoir de la /Tot'son pour détraire nos surchins. » (V. ce mot.)

Anciennement ce mot voulait dire breuvage, potion, comme le latin potio, dont il dérive, et dont il a conservé longtemps le genre :

Mes li vilains, por garison Avoit ce soir prise poison.

Rut., Lou pet au Vilain.

Et li fit avoir la toison Par son art et par sa poison.

Rose, v. 14189.

Qu^nne amère j^oi^on te soit une douceur !

D^AuBiGNÉ, trag..t p. 86.

Contrepoison était du même genre : a Mais nous savons bien la contrepoison, si cela advient. » (Ménippée, p. 91.)

Il Vieille poison ! Terme injurieux pour qualifier une femme méchante, acariâtre.

POLITIQUE, adj. — Celui qui est de Tavis de t6ut lé monde, afin

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