QUA
QUANT ET, À quant et, conj. — Avec, en môme temps : « Veuxtu venir au marché à quant et moi ? » Locution très-fréquente dans nos vieux auteurs.
Uune pour ung millourt saisir, De roueil gettera mainte larme; Et Tautre prend bien le loisir De partir, quant et le gendarme.
COQUILLAJIT, II, p. 281.
« Quant et luy estoit son plus jeune fils Tytire. » (Amyot, Daphnù et Chloé,)
Qui diroit le regret que mon cœur supporta, Quand ce prince à la fin de ses yeux s^absenta, Emportant quand et soy sou âme et sa puissance.
Desportbs, Elégies.
Au XYI^"*» siècle, les hommes et les femmes, se rendant en procession au tombeau de saint Laurent d'Eu, chantaient :
Amendons-nous, amendons-nous.
Portons nos suaires quanté nous ; Pensons quUl nous faut tous mourir Pour aller avec Jésus-Christ.
Cité par Dergny, Essai sur Incheville.
Au XVII«™® siècle, cette locution n'était pas encore tombée en désuétude : « Souveaez-vous de quelle horloge son heure a été sonnée. N'a-ce pas été de celle qui, faite quant et les siècles mêmes, gouverne le soleil. » (Balzac, Lettre à la princesse de Conti,)
Chateaubriand est le dernier de nos écrivains qui Ta employée.
QUART D'HEURE, n. m. — Employé dans cette phrase particulière : « Je n'ai pas d'emploi pour le quart d'heure, » c.-à-d« en C9 moment.
OUARTBON, n. m. — Quarteron.
ODASIMIN, adv. — Presque.
QITATE, n. ordinal. — Quatre : o Faire les }tta(^- vingt- dix-neuf coups, » mener une vie déréglée.
QUE ? interrogation. — Qu'est-ce ? quelle chose ? « Quéq}ïoi\\esJ — Que que t*as vu ? »
Il Adj. interrogalifj^Me/, quelle : 9. Que drôle d'homme qu'o'z avez amené aveuc vous ? »
Ck)mp. avec lancien français :
Quiex gens puet ice estre que jo voi là venir?
Aye d'Avignon, v. 3510.
OUÊNOT, n. m. — Petit chêne.
QUESTIONNER, v. n. — Disputer, se quereller : « J'aime mieux me taire qne questionner. »
QUETOU, n. m. — Petit cochon.
Il Quetout quetou ! Cri pour appeler les cochons.
OUÉVRON, n. m. — Chevron.
OU'I, mis pour qu'il, qu'ils : « J'crois qu*i fera bien, qu'i feront bien de s'arranger. »
QUILLER, V. neut. — Usité seulement à l'infinitif et dans cette phrase : t Je l'ai envoyé quiller, » c.-a-d. je l'ai envoyé promener, jouer des jambes ou des quilles, comme on dit t)opulairement.
QUINZE-GÔTES, n. m. — « Grand quinze-côtes, » homme grand et maigre; grand dadais, «vT.p Tpiaxai^exa«axu;. (Théocrite, Syrac. V. 18.)
QUITTER, V. act. — Permettre^ laisser : « Me quitterez-vous parler? — Quittez-le dÀTQ, et écoutez. — Quel enfant! il ne nous quittera pas tranquilles I »
QU'O, contraction des mots que et vous. — « A quelle heure qu'o viendrez nous voir ?» On renconlro fréquemment cette contraction dans la vieille langue. (V. Burguy, 1»^, page 136.)
QUOI. — S'emploie pour que intcrrogatif : « Quoi quo faiteslà?B
Il Avoir de quoi. Cotte locution est française dans le sens d'avoir ce qui suffit, d'être dans une certaine aisance. Cho2 nous, de quoi signifie une grande fortune soit en terres^ soit en argent^ comme dans les citations qui suivent :
« Hessire Raous,,. s'atira molt richement comme cil ki ot bien de coi. (Le roi Flore et la belle Jehanne,)
La vertu de ce inonde est quand Ton a de quoi/.
Var., HisU et Litt., t. IV,
« Les courtisans voyent que rien ne rend les hommes sujets à la cruauté du tyran que les biens ; qu'il n'y a aucun crime envers luy digne de mort que le de quoy> » (Et. de la Boetie.)
En Picardie, au lieu de dire d'un homme qu'il a de quoi, on dit qu'il a du saquoi ou des saquois.
Comp. avoir de quoi avec la locution latine : Et habetunde, qui se trouve dans Pétrone, chap. XXXXV.