RAP
En vieux français, le moaton s'appelait marran, c'est-à-dire maavais ran.
RANGER, V. n. — Se dit des pommiers qui craquent sous l'effort du vent. En Basse-Normandie, rancer signifie ployer sous un fardeau. Il Avoir la respiration gênée et bruyante. Peut-être du latin rancare :
Tigrides indomitse rancant rugiunt que leones.
AucT. Phil., V. 49.
RANDIR, V. n. — Courir, rôder, errer çà-et-là dans de msuavaises intentions : a II faut se défier des gens qui raniissent toute la nuit. ■
« Car la mercy Dieu, elle avoit randy et couru païs, tant que du monde ne savoilque trop. » (C. N. N., 79^^^.)
A l'origine ce mot signifiait s'élancer vers, se précipiter sur. Comp. avec le danois rende et l'anglais to run.
RANDONNER, v. n.— Rôder çà et là ; fréquentatif de randir. Du V. fr. randon, fuite, course rapide, usité jusqu'au 16®™« siècle :
Une nymphe fuyoit
Par bois cspez, tant que de grand randon Vint jusque au bord du sablonneux Ladon.
Marot, liv. I*"" de la Métamorphose.
Le substantif randonnée, élan, course impétueuse.
Ils brochent les destriers tout une randonnée.
Gui de Nantkuil, v. 1028,
a été conservé comme terme de chasse.
RANDOUILLÉE, n. f. — Volée de coups.
RANDOniLLER, Redouiller, v. act. — Battre, rouei^ de coups. (V. Douille.)
RANKEUME, n. f. — Rancune.
RANQUILLIE, n. f. — Ce mot désigne particulièrement la yiome des haies.
RAPASSER, V. n. — Repasser, passer de nouveau : « Si tu ra-passes par ici, entre al maison. »
a Et fisent tant qu'il ramassèrent la rivière en grant malaise. » (Froissart, I, 61.)
RÂQ 283
t Ils r apaisèrent Teaa de Somme pour retourner au pays, t (J. Le Fèvre, p. 297.)
&iPSNSEB (Se), v. réfl. ^Réfléchir, se souvenir.
Et la dame se rapanssa Qu^ele ayoit si grant tort eu.
Crestien dans Bartsch.
KAPIAT, n. des deux genres. — Celui, celle qui rapine. Du latin rapax.
RAPINERIE, n. f. — Vol : « Ses rapineries ont fini par le mener en prison. »
Tuit (li baron) vivent de rapinerie Ghascuns tout honor relanquist.
Rois DE Cambrât, XIII«"»« siècle.
RiPINIER, ère, adj. — Celui, celle qui vit de rapine.
RAPOUSSER, V. act.^— Pousser de nouveau quelque chose vers quelqu'un.
RAPPORT À, loc. — Par considération, par égard pour^ à cause de : t Je l'obligerai rapport à vous. >
RAPRÉHAIIT, n. m. — Caprice, idée subite qui traverse Tesprit : « Je ne sais quel rapréhaut lui a passé par la tète ; il est parti sans rien dire. »
Il Enfant que Ton a longtemps après les premiers. (V. Ravisé,)
RAPTI, n. m. — Tiges de colza battu : a Donnez-moi quelques bottes de rapti pour chaufler le four. »
RAQUE, n. f . — Boue.
RAQUER, V. n. — Cracher, anciennement radier, rachir, raquier : « Ainsi que la dite Jehanne passoit par devant le suppliant, il commença à escopir ou rachir contre terre. » (Glossaire de Carpenlier, art. rascare.)
Comp. avec Fanglo-saxon hraekan, cracher. Notre verbe cracher vient évidemment de ce mot avec c préposé pour renforcer la syllabe initiale.
Dériv. raquillonner, fréquentatif de raquer ; raquerie, raquillonnerie, crachats.