SOR
SOILE, n. m. — Seigle : « Aucuns, quant ce vient el tans d'esté, prestent as besoigneus soile.i^ (Beaumanoir.)
Il Battre comme soile, vieux dicton: c Mais quand ce viendra an chiquanous, frappez dessus comme sur seigle verde, ne l'épargnez. » (Rab., Paw^.IV, 12.)
SOILERIE, n. m. — Champ où Ton a récolté du seigle {$oile.)
SOIR (À ce), loc. — Ce soir : « J'espère vous voir à ce soir, 9
SOLE, n. m. — > Soleil : « A sole couchant.» On a vu paré aa lien de pareil ; on dit de même sommé pour sommeil. Comp. avec la forme ancienne soleiz :
Bels fut li vespres et li soleiz fut cler.
Ch. de Rol., p. 14.
SOLIN9 n. m.— Pièce de bois qui repose sur la maçonnerie de la base du bâtiment. En fr. solin a un sens tout à fait différent. Dériv. solinage, n. m. Maçonnerie sur laquelle s'appuie le salin.
S0N6NER, V. act. — > Soigner. Cemot se trouve fréquemment dans nos vieux auteurs^ ainsi que songneux^ songneusement qui n'ont pas cessé d'être en usage chez nous :
Or sciés bien songneuse de son respassement.
Bertb, y. 1226.
Soit rojs songneus de son règne garder.
EusT. Desch., Bail.
Du bas-lat. sunnis, sunnia, sonia, soin ; soniare, soigner. (Y. Da Gange.)
Il « Etre songneus comme eu'n poule qui perd s'n œu, » s'applique proverbialement à une personne négligente.
SORCIERS (Les) de Villy-le-Bas, loc. — Sobriquet plaisant qa on applique aux habitants de cette commune^ parce qu'ils croient fortement aux sorciers^ et qu'ils ne cessent de raconter à tout venant les prodiges opérés par un de leurs curés mort il y a environ trente ans, lequel avait des accointances avec le monde superstant. Attirer ou écarter la foudre, éteindre les incendies par des paroles, faire demeurer un attelage dont le conducteur jurait par le nom de Dieu, tout cela n'était qu'un jeu pour lui. Les braves gens qui ont survécu parlent encore de lui avec une terreur mêlée d'admiration.
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SORGILiOE, n. m. — Sortilège.
SORSSSE, adj. fém. — Qui est en rut, se dit surtout en partant de la truie.
SORIR, Y. act. — Faire sécher à la fumée : « Sortr des harengs.»
SORT (Jeter un), locution très-française qui exprime une idée à laquelle n'ont pas cessé de croire la plupart de nos paysans. Rien n'est plus commun que d entendre dire à un laboureur qui perd ses bestiaux^ qui a une mauvaise récolte^ bref^ qui ne réussit point dans sa ferme : « On mai jeté un sort. » J'en connais, et des plus huppés, qui croient fermement qu'avec une parole, un attouchement, un clin d'oeil, les sorciers agissent sur le bétail, et le font languir ou mourir. Us vous affirmeront qu'une certaine poudre suffit pour tuer les hommes, les bestiaux, les grains, et faire faillir les récoltes.
Superstitions vieilles comme le monde! Voyez la Loi des XII tables. On condamne à être pendu celui qui a ensorcelé les champs : Quei frouges excantasit, etc.
Il C'est comme un sort, loc. C'est comme si l'on m'avait jeté un sort ; ex.: « C'est comme tm sort, tous les malheurs arrivent en même temps.»
Il II est bien heureux dans sin sort, loc. Se dit de quelqu'un qui mène une vie aisée.
SORTIR DEf loc. — Venir de : « Je sors de lui parler. » «On dit : Je sors rf'entendrc le sermon, je sors de dîner ; mais cette locution admise dans les cas où effectivement on quitte un lieu après avoir entendu, diné, ne doit pas être étendue au delà d'emplois analogues ; et on ne peut pas dire correctement : Je sors de le voir.^ (Littré, p. 1989.)
SOTTISIER, ère, n. m. et fém. — Homme, femme qui dit des injures.
SOUCI, n. m. — Sourcil.
SOUDRE, V. neutre. — Sourdre ; v. act. dans le sens d'éveiller, faire sortir du lit : « Je vous ferai soudre de bon matin. » Du latin surgere.
SOUÉ, n. f. — Soif.
SOUPLE^ adj. — Moite : « Ces draps sont trop souples ; il faut les étendre au soleil. »
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SOUTIN, adv. — Souvent. Loc. part. : < I n'arrive pas touvin, ■ c.-à-d. il n'arrive pas vite.
SOTER, V. acU — Scier ; « U hnisoyeria bos pour l'hiver, » Il Couper avec la faucille.
Je fois toier, je fais sarcler.
Dmitr et Brebis, daas Jubikal, II, STO.
Ou mojs d'aouat qu'ont soye les fromens.
M'en aloje Jouer par un matin.
Eusr. Desch., Bail.
■ Tant que par nuyt vinrent ioyer, à tout toyet sourdes, les esUches qui soutenoient le pont. > (Chron. df J. Le Févre, p. 330.) Ce n'est que jeu, de bled soyer.
Et de près faucher, vrayement.
VlLLOW.
Il Soyer ses paroles, loc, part. Parler avec affectation. Soi/er vient du latin lecare comme noyer de necare.
8T', Ste, adj. dém. — Ce, cette : < Dites à st' homme de venir me parier. — Ste servante n'est pas très-laborieuse.» Comp. avec le latio Ute, ista, islud.
STICHITE, Stlcite, adjectif démons. — Celni-ci, celle-ci. S'ttla, s'téla, celui-là, celle-là. Ces pronoms s'emploient ordinatremeot en ' mauvaise part.
SU, prép. — Sur : ■ Mettez les assiettes fu l'uble. ■
SUBTIL, adj. — Agile, adroit, habile dans son métier ; celui qui fait beaucoup d'ouvrage et le fait bien.
On remarquera qu'en français ce mot a nne signification moins étendue.
SUCRION, Chacrlon, n. m. — Orge d'hiver, en fr. escourgeon.
SUFFISANCE, n. f. — Appétit : « J'ai mangé Am' suffisance. >
SniRE, v. act. — Suivre. Fut., je suirai ; condition., je tuiraii ; part, passé lui ; formes usitées du XII»"» au XIV»"" siècle : Jo Vsuirai od mil de mes fedeilz-
Cu. oaRoL., p. 8.