TÊT
TEMPS, n. m. — Mot qui exprime la durée : c Un bout de temps, un bon bout de temps, » espace de temps plus ou moins long.
Il Sur le, sur ce coup de temps. — Sur ces entrefaites, au môme instant, a Pierre abattait un arbre dans mon bois, je suis arrivé sur U eoup de temps. »
Il Temps.— Etat de l'atmosphère : « Un temps fort, » un mauvais temps. — a La saison du doux temps est enfin arrivée. »
Il Du temps que, par le temps que. « Je ne sortirai pas du temps qu'il fait.»
Il L'atmosphère elle-même, le ciel. — « U y a de l'orage dans le temps, — Le temps est, ce soir, tout brillant d'étoiles.»
TENIR, V. act. — Pour la conjugaison de ce verbe, voyez Venir,
TERQUE, n. m. — Espèce de brai avec lequel on marque les moutons. On fait aussi avec le terque des croix sur les portes des étables pour préserver les bestiaux des maladies contagieuses et surtout des maléfices.
Il Nez-au-terque, épithèle injurieuse qu'on adresse à celui qui prise avec excès.
Il Etre sale comme un terque, œmme un pot au terque ; locution facile à comprendre.
TERTOUS, Tertontes, adj. — Tous en général, sans exception. On disait autrefois trestous, tretous :
Les pouldz.
Les loups, Les doux Te puissent ronger sous la cotte Trestous.
Marot, épigr.
L'ancienne langue faisait un grand usage de la particule très dans la composition des verbes et des noms ; elle y parait sous les formes trans, tra, très, tre, ex. :
Puisque je vois Franchois fuïr et trestoumer.
Fl£RABRAS,V. 219.
Li amiraus en fu durement trespensés.
Gui DE Nanteuil, V. 2448
TÊTARD, n. m. — Homme entêté, qui aime à contredire.
SI
Tl 322
TÊTE, Toile d'orlller, n. f. — Taie d'oreiller. Ce solécisme vient de ce que les paysans sont toujours portés à confondre un mot moins connu avec un mot plus connu. Nous avons cité comme exemple Veau d*ânon pour laudanum,
TÊTÉE, n. f. — Caprice, coup de tête : « Faire à stêtée, » agir suivant ses caprices.
C^estoit un bon bas ton bien fait à me testée.
HUO. CA.PET, p. 114.
Ane. ce mot signifiait encore coup appliqué sur la tête :
Baudus en donc sor Pelme tel testée La perce brise ; fendue est et quassée.
Aliscans, V. 7122.
TETTE, n. f. — Bout de la mamelle, en parlant des femmes ; en français ce mol ne s*applique qu'aux animaux. Nos vieux auteurs ne connaissaient pas cette distinction :
Elle pressa sa tette
Feignant de la donner au poupard, et soudain Une ondée de lait luy échape du sein.
Baïp, p. 15.
Bien, bien, fais le bers de l'enfant.
Et luy donne un peu la tette.
Ane. Poés., VI, 204,
TEURGO, n. des deux genres. — Celui, celle qui a le cou de travers ; de teurdre et de œ (cou) .
TEURGUL, n. des deux genres. — Mot rabelaisien qu'il est plus facile do comprendre que d'expliquer.
TEURDRE, V. acl. — Tordre ; part, passé, t^urs, teurse et ieurt,
teurte.
Ses poins teurdoit de raige et dessiroit son vis.
\ie St Alexis, st. 176, réd. du XIV*»* siècle.
« Jamays no vis hart mmw teurse. » (Palsgrave.)
TI. — Particule qu'on emploie dans les phrases interrogatives, et qu'on place toujours après le verbe, ex. : « C'est-ii comme cha que vous vous y prenez ? — Voyons, j'irai-(t au marché ? »