‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 227 sur 278 · TOR · texte numérisé non relu

TOR

c Lorsqae les vaches sont en sanlt, les convient mener devant le taur, et les laissier le taur flairier. » (Ev, des Quenouilles,)

TORCHÉE, n. f. — Volée de coup5 : a I se sont donné une boine torchée, »

TORCHER, v. act. — Battre, jeter quelqu'un par terre en luttant avec lui. C'est une signification voisine du latin torquere. On trouve au XVI«"« siècle les mots torche, lorgne, employés pour exprimer le bruit de coups distribués à tort et à travers :

Doncz des horions, pati, patac...

Chipe, chope, torche^ lorgne.

Bat. de Marignan^ dans L. de Lincy.

Dans Rabelais, maître Janotus de Bragmardo dit à la fin de sa harangue : « Mais nac petetin peletac, ticque, torche lorgne. » (Liv. K ch. XIX.)

Etym. tortiare, par l'intermédiaire tortus,

TORCHETTE (Net comme), loc— Franchement, ni plus ni moins; ex. : « Je lui ai répondu net comme torchette que je voulais être maître chez moi. — Je vous louerai cette maison cent francs net comme torchette, » c.-a-d. ni plus ni moins. En Normandie, selon Littré, clair et net comme torchette, se dit aussi d'une chose sale ou d'une explication obscure.

TORCHON, n. m. — Femme, servante malpropre.

TORQUE, n. f. — Selle ou torche.

Il Au fig. torque-à'tout le monde, femme de mauvaise vie, qui se livre à tout le monde.

Par une métaphore aussi juste, aux environs de Rouen, on appelle grande escamel une femme da cette espèce. En v. fr. escame et escamel signiRaLiX escabeau ; ex. :

La dame s^asist au mengier, Et 11 variés vint au mercier, Et dist : aies laver, amis, Véés-là votre escamel mis.

Chast. de Coucy, v. 6757.

Uns compains estoit assommez Qui ronâoit dessus une escame.

EusT. Desch., Le Dit du jeu des dés.

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