‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 247 sur 278 · BAI · texte numérisé non relu

BAI

BABAUDE, n. f. — Maillet de bois fait tout d'une pièce. Les oayriers qui fabriquent des lattes et des douvelles dans la forêt d'Ea s'en servent pour fendre leur bois.

BAISER. — Ajoutez : « Dans l'acception de tromper, duper, baiser est la prononciation normande de Tancien verbe boisier^ boisery qui signifiait frauder, frustrer : « Boiser son serment », fausser son serment, dans La Cume.

Afié II aveit (sa fille), si ne Ten vout hoisier,

Rou, y. 4308.

Tuit furent si parent et moult Tavoient chier. Ni a cheli des. m. qui le voeille hoisier,

Loon, V. 6710.

De boiser dérivaient boiséor, boisdeux, trompeur et boisdie, boisie^ tromperie, trahison, malice. Ex. :

Maix li signour, plain de bodie Avoient jai ouvertement Préparé lor chevalerie.

Chuerre de Mets^ st. 51 .

La forme boisard (nom propre fort commun en Normandie) se trouve dans La Curne, mais il ne donne pas d'exemple de l'emploi de ce mot. Je ne l'ai rencontré qu'une fois dans un ancien texte, dans Gérard de Rossillon, poème écrit sur les confins entre la langue d'oc et la langue d'oil :

Que nus ne deit le rei clamer boisart,

Gérard de Ross^ p. 328.

n a paru naturel à La Cume de faire venir les mots boiser, boiseur et autres pareils de celui de bois où les trahisons et les autres crimes

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se commettent plas communément. Les mots embugquery embaiser et antres semblables paraissent s'en être pareillement formés. — Scheler n'est pas loin de se ranger à cette opinion. Littré les tire dn provençal bauzia, trahison ; bas-latin bausia, bausiare dans Dn Gange ; termes qu'il faudrait rapporter, d'après Burgay^ à l'ancien haat-all. bôsif pôii, sans force, sans prix ; dans les compositions, mauvais, nuisible, sot, imbécile.

BEDELÉ, part, passé. — Couvert de boue.

BEDIÉRE, n. f. — Mauvais lit. Comp. avec l'anglais bed, lit.

BELETTE, n. f. — Petite charrue ; ainsi nommée parce que Vais, la pièce principale, est recourbé et fait pour ainsi dire le gros dos comme la belette dans sa marche.

BELLE-VOISINE, n. f. — Fenêtre percée dans le grenier d'une maison : c Dem' belle-voisine, j'vois tout ce qui se passe dans chés camps. »

BERDELET. — Ajoutez : Comparez avec berdolai, bavarder, bredouiller dans le patois de Hontbéliard.

Le V. fr. bredaler exprimait le mouvement du rouet.

BERNAFLE, n. f. — Morceau déchiré à une robe, à un habit : « J'ai une grande bemafle à mes culottes. »

BESAGHE, n. f. — Ajoutez : A Dancourt, qui est le village de notre vallée le plus riche en mendiants, on dit « qu'une besache bien menée vaut cent écus de rente. »

BEUGLÉE, n. f. ~ Beuglement.

BIBEU, n. m. — Cerfeuil sauvage, dit aussi persil d'âne.

BISTOQUER, V. act. — Môme sens que biscoter. (Y. le Glossaire.)

El c^est fait tant histoquêr.

Tant janculer Dessus llierbette nouvelle. . .

Ane. Thêdt., III, p. 341.

BLÉRI, Blérie. — Ajoutez : Les formes Blarie^ Blayerie se trouvent dans fes dictionnaires d'Oudin et de La Cume.

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