‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 28 sur 278 · BON · texte numérisé non relu

BON

de vache, garnies de grosses blouques de fer » (Compte de TArg.

du roi ; Douet-d'Areq.)

Mervilleus copa se donnent es escua d^or liâtes, Desous les blouques d'or les ont frains et troés.

Fierabras^ v. 2409.

BLOnOUER, V. act. — Boucler, a II n'est besoing que tu regardes bi hauit, je veux que tu saiches que je ne daigne pas que tu bloucquasses mon soulier. » (Palsgrave.)

BOGHEy n. f. — Bosse. <c S'en donner une bochey » boire et manger avec excès.

BOGHU, adj. — Bossu. «On m'appelle bochu, mais je ne le suis mie », disait au XIII^^^ siècle le poète Adam de la Halle, surnommé le Bossu d'Arras,

BOIRE, V. act. — Fut. je buverai ; cond. je buverais. Comp. ces formes avec bevrai, beverai,bevere%e de l'ancienne langue : « Od tei ne ireie, ne pain mangereie, de ewe ne bevereie.i» (Les Rois.)

BOIS-BLANG, n. m — Terme générique qui désigne certains arbres, comme l'aune, le saule, le peuplier, le tremble. « Faire un plancher de bois'blanc, bâtir avec du bois-blanc, etc.

BOISSTTES, n. f. plur. — Menues branches que les pauvres gens, boquillons et boquillonnes vont ramasser dans la forêt ; c'est ce que La Fontaine appelle poétiquement de la ramée.

BOIT-SANS-SOUÉ, n. m. et fém. — Ivrogne, ivrognesse. Soué = soif.

BOISSON, n. f. — Petit cidre, cidre bien baptisé. On dit du cidre et de la boisson pour distinguer la force de l'un de la faiblesse de l'autre.

BOLÉE, n. f. — Ce qu'il y a dans un bol ; une bolée de lait, de crème, etc.

BONNEMENT, adv. — Vraiment, touUde bon. « Mais bonnement, croyez- vous que je voudrais me ruiner? » On use et abuse de ce mot qu'on place à tout propos dans la conversation. « Il vous a dit cela, bonnement "i -^ Est-il vrai, bonnement, que vous allez vous marier? »

BONNET DE CURÉ, n. m. — Baie du fusain, avec laquelle les enfants s'amusent k faire des chapelets ; ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec les bonnets carrés des prêtres.

BOQUET, n. m. — Bosquet. Les noms de famille Boquet, Duboquet sont communs en Normandie.

BOQUETIER, n. m. — Pommier, poirier sauvage, qui n'a pas été greffé. Do hosc, bois.

BORDILLER, v. n. — Etre près de ; ex. : a Vous devez bien bordiller la cinquantaine ? »

Il Bot diller, v. act. Se dit des animaux qui en passant attrapent une goulée dans le champ du voisin. Admirable matière à chicane.

BORGNIBUS, n. m. — Borgne ; terme de mépris. A la campagne, on n'est pas tendre pour les infirmes.

BORNE, n. m. — « Il faut mettre à votre champ àagros homes. » D'où « être honié comme une acre de terre; être borné par les quatre coins, » c.-à-d. être un parfait imbécile.

BOS, n. m. — Bois . « Aller au bos, » aller ramasser du bois dans

la forêt :

Le bas est cntour moult biax.

HoM. DE Rou.

a Une pucele vint ci, li plus bêle riens du monde, si que nous quidames que ce fust une fée, et que tos cis bos en esclarci. (Auc. et Nicol.)

BOSCO, n. m. — Bossu; homme de petite taille.

BOSSETER, Bocheter, v. act. — Bosseler.

BOUCANE, n. f. — Maison qui tombe en ruine.

Il Maison, ferme mal tenue : « Je ne veux pas rester dans cette boucane ; on y est mal nourri et mal payé. » De boucan, qui anciennement signifiait bordel.

BOUCHIE, n. f. — Bouchée : «Manger une bouchie, » prendre un léger repas.

Noveicment est accouchie, A chascun donoit sa bouchie^ Mais n^avoit pas son chief couvert.

Renart, cité par LvmÉ,

a Duas bucc&as mandacavi. » (Aug. apud Saét. 76.)

BOUDIN (Faire du), loc. — Bouder.

BOUSN, Bouenne, adj. — Bon : « Compeignie de boens crestiens.» (Rutebeaf.)

De boin mangier ont a fuison Et Yollilles et venison.

Floire et Blanceplor.

BOUFFARD^adj. — Gourmand. On dit aussi beuff'euXy ^U5^. Comme étym.. Du Méril propose le grec ^ou^yoç, glouton; boufa, en patois languedocien.

BOUFFER, V. act. et neut. — Bâfrer, manger comme uu glouton.

Mais Rome tandis bouffera

Des chevreaulx à la chardonnette.

M>R0T, Epit.

BOUFFI (hareng), adj. — Hareng qui reste quelque temps dans la saumure.

BOUGrON, n. m. — Bout de bois mort. « Aller à bougons, » aller dans la forêt ramasser des bouts de bois.

BOUGrONNIER, adj. — Celui qui ne fait que bougonner, gronder entre ses dents.

BOUILLET, n.m. — Espèce de bouleau avec les petites branches duquel on fait des balais. Diminutif du v. fr. bouL

BOUILLON, n. m.— Averse : « J*ai reçu un rude bouillon en chemin. »

Il Réprimande, reproches : « On m'a donné mon bouillon, ê

BOUIS, n. m. — Buis. Cette prononciation est très-ancienne, et au XYII*) siècle. Ménage la signalait comme étant toujours en usage à la cour, et la seule correcte.

Ainsi nos vieux François usoient de leur rebec,

De la flûte de bouis et du bedon avec.

Quand ils représentoient leurs moralités belles.

Y. DE LA VrBSNATE.

Il Dimanche du bouis, le dimanche des Rameaux, ainsi nommé

parce qa'on y porte à la main des branches de bais. Ce joor-ià, les campagnards, suivant ane pieuse et poétique coutume, se répandent après la messe à travers champs, et plantent, chacun dans sa terre, on rameau du buis bénit.

BOUJARON, n. m. — Blouse de toile courte. Littré donne bourge-ron. On peut rapprocher boujaron du gaulois higera, bigerra cpîi se trouve dans le Gloss. dlsid.; espèce de manteau grossier que portent encore les pâtres de Bigorre.

BOUJOU, n. m. — Bonjour.

Il Visière de casquette.

BOULAGER, v. act. — Tourmenter, malmener : « C*est un maître qui boulage trop ses ouvriers.»

BOULE (Perdre la), loc. — Perdre la tôte, la raison.

BOULER, V. act. — Très employé dans cette locution : a Envoyer bouler quelqu'un, > se débarrasser lestement d'une personne ; ne pas vouloir l'écouter.

BOULOCHE, n. f. — Pâte qui renferme des pommes ou des poires cuites au four. En certains endroits, cela s'appelle douillon. Il Petite femme replette, ronde comme une bouloche,

BOULOIR, n. m. — Aire où Ton joue à la boule. Mot excellent qui ne se trouve ni dans le Dictionnaire de TAcadémie, ni dans Littré.

BOUQUE, n. f. — Bouche ; du latin bucca. La langue mantime a conservé ce mot ainsi que les verbes embouquer et débouquer.

BOUQUET-D*HIVER, n. m. — Bouquet de fausses fleurs.

BOURE, n. f. — Femelle du canard : a Se pensant moucher elle s'arracha le nez tout net du visage sans y penser, et le jeta à terre, avec la roupie qui (>endoit au bout. Une boure qui là estoit le print et l'avala tout de gob.» (iV. Fabrique,)

BOURLIER, n. m. — Bourrelier.

BOUROTEBf (Se), v. réf.— Ne pas se presser, marcher comme une boure, en se dandinant.

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