‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 3 sur 278 · V-A.X-.Li:É3B ID'YÊÏI^BS · texte numérisé non relu

V-A.X-.Li:É3B ID'YÊÏI^BS

À, prép. — À exprime souvent le rapport de i objet possédé au possessear : < La ferme à Martin ; le cheval à Pierre. »

Cette' location a été conservée dans : « la barque à Carop ; la part à Dieu ; le denier à Dieu ; la vache à Colas. » Elle est très fréqaente dans nos vieux auteurs : < Fils à putain, que est-ce que tu dis. » (Garin, v. 2690.) c Lors espousa selon la loi paiienne Coustans li biaus variés la belle fille à Tempereour. » (Nouv., XIII* siècle.)

De^à le point du jour peu à peu s^avançoit Et la femme à Tithon son chemin commençoit.

Desportes, Elégies.

Dans ses romans rustiques, G. S^nd a tenté de remettre cette tournure en honneur : « Voici comment le grand-père à Brulette et la mère à Joseph demeuraient sous même chaume. » (Les Maîtres Sonmemn.)

Les auteurs latins, surtout les poêles, employaient fréquemment le datif au lieu du génitif :

Pas tores, hedera nascentem orna te poetam.

Arcades invidia rumpantur ut ilia Codro,

ViRQ.

Mos erat Romanis,

T. Liv.

De même Au s'emploie pour du : a La fille au père Langlois. »

Li boens rois estoit cuens d'Anjou et de Provance, Et c'estoit filz de roi, frères au roi de France.

RuT.,I, p. 169.

La peste de ta chute, empoisonneur au diable.

Molière, Misanthrope. .

Il il est mis pour aux dans cette locution : a Aller à vrêpes (vêpres), » et dans certains noms de localités : a La Fosse-à-Cats ; TArbre-à-Mouques. »

Il il. Au, dans certaines phrases elliptiques signifient chez, dans la maison de, dans la boutique de, à la fête, au pèlerinage de. — Aller à l'épicier, au médecin, à Saint-Onuphre.

Signalons encore ces locutions remarquables : « Aller à dorures, aller à la ville pour acheter des bijoux; -*- aller à cailloux, aller ramasser des cailloux; — aller à pommes de terre, aller arracher des pommes de terre.

Il À pour de et en : a Venir à bonne heure. — Je vous donne vingt francs à compte. »

A, Al, pron. pers., 3« personne du fera, singulier : — « il m'a dit de m'en aller.» Plus souvent al, surlout devant une voyelle : nAl a dit je ne sais quoi. »

« Vous voyez qu'a/ la soutient. — Vous êtes témoins comme al l'assure. » (Molière, Don Juan.)

Selon Burguy, cette forme A / ou Aie est bourguignonne, et se trouve quelquefois dans les sermons de Saint Bernard, ex. : «Car coment feroient-eles à altrui ceu k'eles ne welent mies c'un facet à ales'l »

Dans notre patois al est toujours sujet. On dira : cili a commandé qu'on s'adressât à elle. »

Al fait au pluriel elles, comme en français, devant une voyelle ; é, devant une consonne : « É disent qu'elles viendront nous voir. »

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