‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 52 sur 278 · GRA · texte numérisé non relu

GRA

COUTURE, n. f. — Enclos planté d'arbres fruitiers, attenant à ane ferme : « La couture de la baronnerie. » On rencontre ce mot en bas-latin sons les formes cotura, costura, coutura, que Du Gange traduit par couture. Coulturer s*est dit pour cultiver : a Le champart de trois cent arpenz ou environ de terre^ partie en fâche, et partie coulturée, « (Du Gange, au mot faiscia.)

Encontre Gajdes, parmi une couture.

Le yavasBor, qui ot moult laide hure.

Gatdon, ▼. 2611.

COUVERT, n. m. — Gouvercle.

COUVERTE, n. f. — Gouverture de lit, par apocope.

Quand le malade amasse et couverte et linceux Et tire tout à soi, c^est un signe piteux.

D^AuBiONÉ, Tragiç^s.

COUVION, n. f. — Poule qui veut toujours couver. Dériv. couvionner, v. n. — Couvion est aussi un terme injurieux dont se servent les malins qui ont lu le Curé Meslier ou le Siècle pour désigner une religieuse, parce qu elle a été au couvent. Il y a là, comme on voit, un pauvre jeu de mots.

GOUVOIRE, adj. — Gouveuse : « Poule coutoire. » On a dit couf>e' resse : « La martre a mangé trois de mes mères gélines couveresses. > (Les XV Joies.)

CRAC (À), loc. adv. — Abondamment, à foison : u II y aura cette année des pommes à crac, » à faire craquer les branches.

CRACHINER, v. n. ~ Se dit d'une petite pluie fine qui tombe. Dériv. crachinage.

CRAMEILLIE, Crinmaillle, n. f. — Grémaillère : • Qui veut son chat ou sa géline tenir a l'ostel sans les perdre, si prengne ou le chat ou la géline et la tourne par trois fois entour la crameillie.i^ {Ev. des Quenouilles.) — c Item i petite caudière, i trépié, i landier, i cramillie.i> {Invent, du mobilier des Templiers, 1307.)

CRAN, n. m. — Dette : « G'est un mauvais payeur, quand il a fait un cran, il ne revient plus. — Il a un bon cran chez le boulanger. » On se sert aussi de croc dans le même sens, mot plus expressif.

n GRE

CRANQUS, n. f. — Crampe ; dériv. encrtmqui, adj., qui a des crampes, fatigué, barrasse. Comp. avec Tallemand krank, malade.

CRANQUELET, n. m. — Grappe de noix.

GRAPAIID, n. m. — On dit en quelques endroits crapou. Le crapaud passe poar être l'ami de l'homme ; aussi quiconque porte un crapaud dans sa manche ou dans sa poche est sûr de gagner aux jeux de hasard. Il ne manque pas de gens qui croient à cette merveilleuse recette qu'ils ont lue dans les Admirables Secrets du grand Albert ^ livre très répandu dans nos villages. On sait le rôle du crapaud dans la sorcellerie ; on le nourrissait d*herbe, on recueillait soigneusement son écume sur un linge blanc pour en faire usage dans les maléfices.

CRAPAUD-VOLANT, n. m. — Engoulevent.

GRAQUEROLE, n. f. ~ Fleur de la digitale. Les enfants la gonflent d'air pour la faire péter ou craquer dans la paume de la main.

CRAQUEUX, adj. — Hâbleur. Craqueuse, femme qui porte une toilette tapageuse.

GRASSE, n. f. — Vaurien, homme ou femme ignoble. Il Faire une crasse à quelqu'un, lui faire une vilenie.

GRËATURE, n. f. — Ce mot s'emploie toujours avec une acception de mépris pour désigner une femme de peu de caractère, de peu d'intelligence.

Il Femme de mauvaise vie : « C'est xinQ pauvre créature,» « Mailly prit par le bois de Meudon pour n'être point vu, et pour arriver dans le quartier des incurables où logeait une créature qu'il entretenait. » (Saint-Simon.)

GREDO, n. m. — Crédit : « Credo est mort, » diton, à celui auquel on refuse crédit. Faire un credoy faire des dettes. Ce mot appartient à la vieille langue :

Li chiers tenz m*a totostei,

Qu'il m'a si vuidié mon hostei

Que li credo m'est dévôiez.

Rut., iaPew.

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