COQ
cieusement les liquides / et r. Il a trouvé eolidor plus euphonique que corridor. (Génin.)
COLLER (Se), v. réfl. — S'accoupler, en parlant des chiens :
« C'est, comme parle Montaigne, se tenir accouez Fun à l'autre
d'une manière chiennine. (Ess,, III, IX.)
COMBLE, n. m. — Longue et grosse corde qui sert à maintenir les gerbes quand le chariot est œmble, c'est-à-dire chargé par dessus les bers,
COMME-GHI, Gomme-Cha, loc. — Assez-bien : « Comment allezvous ? — Comme-chi, $omme-cha, »
COMMIS, n. m. — Employé des contributions indirectes.
COMPÈRE-LORIOT, n. m. ~ Bouton sur la paupière ; en fr. orgelet.
CONSÉQUENT, adj. — ImporUnt, considérable : «Il a une ferme conséquente. » On commet ce solécisme autant à la ville qu'à la campagne.
< Saint Paul était un génie conséquent et lumineux. » (Dict. Néologique.)
CONSOMMER, v. act. ~ Consumer. — Consommer dans la signification de consumer a continué de se dire jusqu'au temps même de Balzac.
CONTRAIRE (Bien du), loc. — Au contraire.
CONTRE-VITRE, n. f.— Contrevent, volet. Anciennement, espèce de treillis en fil d'archal pour garantir les vitres d'une fenêtre : « Une contre-vitre en treillis de fil d'archal. » (La Curne, p. 97.)
COPIN, Copaine, n. m. et f. — Dindon, dinde. On a dit que ce nom venait de Copin, jésuite qui aurait importé le premier dindon d'Amérique en France.
Il Copin, imbécile : « Grand copin I »
COPINIER, n. m. — Gardeur de copins.
COQUE-SOURIS, n. m. — Chauve-souris.
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GOQUBR, y. act.— Cocher, qui exprime l'acte da coq sar la ponle : < C'estoit nn diable de coq, il mourut enragé, qui fut dommage; car il cbantoit bien, il cauquoit bien les gélines. » (N. Fabrique )
En patois, coquer s'applique aussi à l'espèce bumaine.
Cauchemar est formé de coquer, cauquer] (lat. calcare) et d'un mot germanique niar, démon, incube. Y. fr. quauquemare : « J'ay autres fois oy dire que qui moust ses vaches le vendredy par entre deux jambes par derrière, la quauquemare le traveille tost, et son mary en a l'aventure. » (Ev. des Quenouilles, p. 183.)
COQUÊNE, n. m. — Erable des baies. Quequesne^ dans le Gloss. latin-français de la Bibl. de Lille, E, 36.
GOQUERON, n. m. — Villotte de foin, de trèfle, de vesce, etc.: a Le temps menace, il faut mettre le sainfoin en coquerons ; » on dit aussi mettre en coqs. Dans C. Gauchet, cocheter a cette acceptiom. (Les Moissons, p. 131.)
COQUILLE, n. f. — Plante que l'on mange en salade ; c'est la mâcbe, dite aussi salade de poule ou de chanoine.
GORBATTRE (Se), v. réfl. — Se débattre, lutter contre : « J'ai eu beau me corbattre, il a fallu céder. — La truite retirée de l'eau se corbat quelque temps avant de mourir, d
GORDL&U, n. m. — Cordeau.
GORE, adv. — Aphérèse de encore : « Mentiras-tu core polisson. » Cor, en v. fr., ex. :
M Dius », dist lî père, cor eusse un sergant Qui le gardast trestout à son talant.
Li Roumans de Saint'Alessin,
CORNAILLE, n. f. — Corneille.
En tam comme il se dementoit Lieve sa teste et venir voit Une comaille à la volée.
Rbn.,v. 22841.
Ensi avint k^une comaille S?a8sit sur le dos d'une oaille.
Marib, J^abl. ;9.
CORNER, y. act. — Donner des coups de corne : « Prenec garde, cette vache corne. i»
Il Se corner, se dit des taureaux et des vaches qui se battent à coups de cornes : a Ces expressions, qui sont de la campagne, devraient être reçues, car elles ont été faites là ou seulement elles pouvaient se faire. » (Littré.)
GORNILLER, v. n. — Jouer avec les cornes : < De sorte qu'en comillant, et poussant Tun contre Tautre, leur bois se môla si bien Tun dans l'autre, qu'ils demeurèrent pris.» (N, Fabrit/ue.)
GORPORANGE, n. f. — Prestance, embonpoint, corpulence : « Un homme de belle corporance.t
Ci-giflt le jeune Jean le Veau, Qui on sa grandeur et puissance
Fut devenu bœuf ou toreau
Car on dit (veu sa corporance) Que ce eust été un maistre bœuf.
Marot.
GORPS, n. m. — Loc. particulières : « Un pauvre corps, un pauvre diable, un idiot. — Un drôle de corps; un original.»
GOSSA, n. m. — Colza. *
GOSSn, adj. — Celui qui est riche, qui réussit dans ses affaires : c N'être pas cossu, être pauvre, et au fig. avoir une santé délicate, être malade.»
GOTERIE, n. f. — Amitié : a Ils sont toujours ensemble, c'est une coterie terrible.i»
GOTRON, n. m. — Jupon, diminutif de cotte. Le v. fr. avait cotteron.
GOUAILLOT, n. m. — Lait caillé ; autrement mattes.
GOUGOU, n. m. — Jeu d'enfants. On dit jouer au coucou, conune jouer à cache-cache. Ce jeu est ainsi appelé parce que l'enfant bien caché crie : Coucou.
Il Bran de coucou, espèce de gomme que distillent certains arbres, et surtout le cerisier. (V. Brand'agache.y
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COUDRE, y. act. — On conjagae ainsi ce verbe : Ind. nous omdoMf vous coudez, ils coudent ; imp., je coudois ; fat., je coudrai ; cond., je coudrais ; subj, qae je coude ; part., coudu
« Avoir le bec coudu, se dit de quelqu'un qui ne parle pas ou ne veut pas parler.»
COUDRE, n. f. ~ Ce mot a gardé chez nous le genre qu'il avait ordinairement dans Tancienne langue.
Desor une coudre menue.
Ren. y. 23912.
Gentil roBsignol passager Qui t*es encor venu loger Dedans ceste coudre rainée.
Ronsard.
De là les noms de famille Lacoudre, Delacoudre.
GOUDRILLONNER, v. act. et n. — Coudre souvent, passer son temps à raccommoder de vieilles loques ; se prend toujours en mauvaise part.
GOUDROIE, Goudraie, n. m. — Nom de localité; du latin corylus, coudrier, d où coryletum. On sait combien de localités ont tiré leurs noms des arbrisseaux les plus ordinaires, des plantes les plus simples. (V.'Cocheris, Origine et formation des noms de lieux.)
COUENNE, n. f. — Lâche, poltron : c Ne me parle pas de L...., c'est une couenne, »
COUÉSIR, Colsir, v. act. ~ Choisir : « Einsinc que denssent roi coisir. (Mane, fabl. 37.) Dans l'ancienne langue, ce mot est synonyme de voir, apercevoir; par extension, trier, distinguer, démêler.
GOUILLE, n. f. — Testicule. Lat. coleus, grec xoXti;.
Fu la couille à Pierre (Abélard) tolue, A Paris, en son lit, de nuis.
Dont moult ot travail et anuis.
La Rose, v. 9546.
COUILLON, adj. pris subsl. — Poltron. Couenne et couillon sont à peu près synonymes. Dériv. couillonnade,couillonnerie, mots rabe-
lùsiens : « Et les personnes qui osent de telle cotonneriê sont Yohmtiers ces muguets et veaux de ville.... » (Tahureau, Dial., p. 1K6.)
COULANT-D'EAU, n. m. — Petit fossé qui sert à récoulement des eaux.
COULEUR, n. f. ~ Mensonge. Racine Ta employé dans ce sens : JUnventai des couleurs ^ j^armai la calomnie.
Esther,
Il En faire voir à quelqu'un de toutes les cauleurs, ennuyer» toormenter de toutes les façons.
GOULOTTE, n. f.— Coulée, petit chemin que trace le lapin dans les bois.
COUP, n. m. ~ S'emploie dans beaucoup de loc. particulières : « La nouvelle de sa mort m'a donné un œup, » c.-à-d. m'a causé une surprise pénible, une grande douleur.
Avoir un œup de soleil, être légèrement gris.
Un coup de chien, manœuvre perfide, déloyale, comme on dit en fr. coup de jarnac.
Le coup-d'à-chevcU, le coup de Tétrier.
Le coup d'adieu, le coup que l'on boit en se disant adieu.
Coup de malheur, accident, crime.
Apaise, ma Chimène, apaise ta douleur.
Fais agir ta constance en ce coup de malheur.
Corneille.
Faire les cent coups, faire le diable à quatre, mener une vie déréglée.
Etre K[rficeni coups, ne savoir plus où donner de la tète.
A coup, bien à propos : « Cet héritage lui est venu bien à coup. »
Du coup, pour du coup, à ce coup, celte fois, pour cette fois : • Il faut confesser que nous sommes pris à ce coup, plus serfs et plus esclaves, que les chresliens de Turquie » (Ménippée, 125.) t C'est à ce coup qu'il faut que tout le monde marche. » (Henri lY.)
Dict. : « Un bon coup paiera tout, » vous serez pris une bonne fois et vous expierez vos méfaits.
« Ses plus grands coups sont rués, » se dit d'un homme qui est sur l'âge.
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GOIJPLIT» n. m. — Cime d'un arbre, foite fune maison, le haut d nne colline :
Là jusques au couplet de sa teste chenue, D^une robe fourré (sus une autre vestue)
Cache son col ridé
Gauchet.
Coypeau dans Palsgrave ; coupeau dans la plupart de nos yieox
auteurs.
Et TOUS, diTin troupeau.
Qui les eaux ùe Pégase
Tenez, et le coupeau
Du chevelu Parnasse.
Ronsard.
Vient à Vanves à pied, pour grimper au coupeau
Du pâmasse françois
Régnier, Sat. 1 1 .
GOURAILLER, v. n. — Courir de côté et d'autre ; se prend tonjours en mauvaise part.
COURBATURÉ, adj. — Courbatu.
GOUREUX, adj. — Celui qui court les filles ; même sens que dans ce vers de Villon :
Coureuoo, allans, francs de faulx or, d^aloy. Coureuse, prostituée.
GOURIAS, Gouriaclie, adj. — Coriace ; au fig. dur à la fatigue.
COURIE, n. f . — Cœur, foie et poumons d'un animal : « Avoir la courte bien placée, se dit de quelqu'un qui ne s'émeut pas aisément, qui a le cœur dur. » Anciennement, coréey cœur.
Cascuns si tient el poig destre Tespée,
As paiens coupent mfdnt poing, mainte corée.
Alisgans, ▼. 271.
Parmi ces champs les véissiez gésir.
Et ces boiax et cordes saillir.
Garin, ▼. 145.
L^oudor des roses savourées M^entra ens jusques es corées.
La Rose, v. 1636.
Le V. fr. avait aussi écorer, arracher le cœur.
GOURIETTE, n. f. — Petite lanière de cuir pour lacer les souliers ou pour mettre à la poignée d'un bâton de voyage. Lat. corium,
COURS DE VENTRE, n. m. — Diarrhée.
GOUTEUME, n. f. ~ Coutume. Cette prononciation est aussi celld du Berry.
GOÛTER, y. act. — Loc. part : « Cela me coûte les yeux de \sl tôte, » c.-à-d. fort cher.
GOUTIAU, n. m. — Couteau : « tenoit trois cotistiaus en son poing, dont l'un entroit ou manche de l'autre. » (Joinville, cité par Littré.)
c Celui qui estrine sa dame par amoursje jour de l'an, de cousteauXy sachiez que leur amour refroidira. » (Ev. des Qtienouilles.)
Chez nous, cette croyance superstitieuse existe toujours, et Ton dit communément que « les coutiaux coupent l'amitié. »
Le œuteau joue un grand rôle dans les superstitions populaires : « Joannes de Piano Carpini, décrivant, en 1246, les mœurs et coutumes des Tartares, dit qu'une de leurs superstitions, c'est qu'il ne faut pas enfoncer un couteau dans le feu, ni d'aucune autre manière toucher le feu avec un couteau, ni môme tirer de la viande hors d'une marmite avec un couteau, — Chez les habitants de Kamschatcka^ chez les Indiens Sioux de l'Amérique du Nord, on retrouve ces mêmes superstitions qui semblent tirer leur origine de cette maxime pythagoricienne : IIûp [uocioLi^dt [l^ oxaXeueiv, ne pas remuer le feu avec un couteau. » (M. Huiler, Essais sur la Mythologie,)
GOÛTIMENT, n. m. — Coût, dépense.
Je vol aucun riehe home faire maisonnement ; Quand il a assouvi trestout entièrement.
Si li fait-on .i. autre de petit coutement.
Rut., Li Biz de la Voie de Tunes.
J'ai entendu dire aussi coûtage, mot qu'à employé J. Le Houx :
M En donnant un vuide tonneau,
Un aultre de sidre nouveau^
On vous emplira, sans coustage. »
Vous souciez-vous du coustage ?
Le Nouv, Pathelin.